vendredi, juillet 29, 2016

Avignon – festival – jour 23 – repassage (pas malin), forcer carcasse au cheminement – en rester à m'appelle Mohamed Ali,


eu la stupidité le matin, me sentant toute fiérote, de faire, assez mal d'ailleurs, mais pas tant, tout le repassage en retard - préparer déjeuner, corps appuyé à la paillasse, déjeuner, petite sieste, et puis téléphoner pour réserver, mettre chemise rouge pour la force, pantalon de lin léger, pastille vichy en bouche, attente en coeur, et m'en aller à corps refusant dans la touffeur du milieu de l'après-midi, 
dans les ombres des rues et les petits déserts lumineux, les blocs mous de touristes en travers de mes pas..
jusqu'à la place Pasteur, ses théâtres, et surtout le dédale de salles, cours, classes, terrain de foot, chapiteaux etc... du Collège de La Salle, que j'avais toujours fui, effarée par les six théâtres qu'il contient, tous dûment climatisés, dont le tout petit, tout au fond, l'Atelier, qui était mon but, et le choix entre les soixantes spectacles proposés...(mais plaisir déjà de la simplicité, de l'efficacité de l'accueil, du mélange de public, de la courtoisie générale et de la liberté grande)
mais voilà j'avais appris la veille, au théâtre de l'Isle, qu'Etienne Minongou y donnait les Cahiers d'un retour au pays natal de Césaire et, quelques représentations de j'mappelle Mohamed Ali (dernière aujourd'hui) et que le désir de voir ce que donnait l'association Mohamed Ali, Dieudonnée Niangouna (auteur du texte) et Etienne Minongou était irrésistible (en fait peut-être la première, ou une des finalement assez rares, expérience théâtrale cette année, le théâtre comme je l'aime d'où l'on ressort riche.. pour un temps plus ou moins long).
Ne connaissais pas la pièce, qui a eu 140 représentations et a beaucoup tournée, il y avait cette présentation dans le programme
Minoungou et Niangouna en appellent à Ali pour repenser une Afrique moderne, pour laquelle relever des défis est une activité quotidienne. M’appelle Mohamed Ali donne à réfléchir sur la résistance, la foi en soi, la complémentarité des êtres et le franchissement des limites. Etre Africain et en faire le choix , en porter l’identité fièrement comme on porterait un drapeau; résister sans se départir d’une grande ironie. Trois hommes noirs vont au combat.
Mohamed Ali tout le monde connaît, plus ou moins, Niangouna est pour moi (enfin pas que pour moi, sourire) un des plus grands auteurs théâtral actuel, et un militant, et Etienne Minongou, comédien, conteur, metteur en scène, dramaturge et entrepreneur culturel... a fondé une troupe théâtrale à Ouagadougou et les Récréales, premières résidences d'écriture et de création théâtrales panafricaines qui tentent d'explorer une nouvelle approche de la création dramatique en Afrique, en privilégiant un travail conjoint du texte et de la mise en scène.
Et là, ce soir, renonçant à un petit spectacle plaisir dans le coin j'ai un peu fouillé et j'avais trouvé une vidéo où il parle de la génèse de ce texte, et de Dieudonné Niangouna, vidéo dont blogger ne veut pas http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/M-appelle-Mohamed-Ali/entretiens/, puis sur YouTube une vidéo qui, plus encore peut-être, rend, mieux je ne le saurais, compte de ce à quoi j'ai assisté, qui donne l'impression d'une parole libre (avec tout de même quelques images fulgurantes de poésie de Niangouna, outre l'ironie mordante, l'inquiétude politique), une adresse, une interpellation
lire aussi, si vous en avez le temps (pas très long) l'article de Karminhaka http://attractions-visuelles.over-blog.com/2015/07/m-appelle-mohamed-ali-de-dieudonne-niangouna-boxe-de-l-esprit.html
Seulement voilà, sortant dans la poussière et les ombres longues de la cour, ai senti mes jambes commencer à flotter, ma peau se tendre de chaleur, et j'ai décidé de rentrer comme pouvais, le plus directement possible, avec arrêts contre murs pour laisser passer vertiges, et de renoncer au petit spectacle que devais aller voir, dans la foulée, à côté de chez moi.
Pondu ceci comme pouvais, et me suis enfoncée en une longue oisiveté, bercée par France Musique.
 

3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

"Le dernier coureur du marathon se retourne derrière lui."

(Abbas Kiarostami)

Vous allez enfin pouvoir vous reposer un peu !

Merci pour ces cavalcades théâtrales quotidiennes...

brigitte celerier a dit…

encore deux jour et dix envies (vais en sélectionner trois ou quatre, puis un marché et une grosse expo ensuite : nada

Claudine a dit…

Cultivez l'envie, ce talent !