samedi, juillet 09, 2016

Avignon – festival – jour 3 – 2666 à La FabricA (ébauche)

pluie au petit matin, remettre lentement carcasse en route, mais comme elle accuse vraiment son année de trop, tremblote un chouya, se prétend faible (alors qu'ai bonne mine et un poids très correct pour moi) après avoir déjeuné très très tôt appeler un taxi, pour éviter la trotte jusqu'à un bus ou – cela finit toujours ainsi – la grosse demie-heure de marche hors rempart dans une rue sans un brin d'ombre (à vrai dire j'avais pensé ça au réveil mais le soleil n'a percé que pour saluer mon arrivée sur place) à cette heure là.. pour aller à La FabricA au devant des onze heures trente, entractes compris (le programme a gommé depuis hier une demie-heure dans son estimation, c'était douze heures) de 2666 de Bolaño adapté et mis en scène par Julien Gosselin (avec son collectif au beau nom : si vous pouviez lécher mon coeur, en attente calme, parce que j'aime le livre, parce que je me demande comment on peut envisager, même en faisant un choix, de s'attaquer à cette masse, parce que je n'ai jamais rien vu de Gosselin, mais qu'on en dit beaucoup de bien, que cela peut-être avec raison, et que j'ai aimé son ton sur cette vidéo de présentation
qui, à vrai dire, ne dit pas grand chose sur le traitement qu'il a décidé de faire subir au livre quand on l'a lu (sauf le qualificatif de extrêmement puissante pour la partie meurtres des femmes, avec lequel on ne saurait être que d'accord)
vidéo parue sur le site du festival, avec des photos (en ai prélevées deux) et ce texte
Comme une malédiction, le titre du roman de Roberto Bolaño associe la promesse du troisième millénaire à celle d'une apocalypse prochaine. Prochaine ou peut-être déjà en marche, si l'on en croit le tableau que l'auteur dresse d'une Europe fatiguée et d'une Amérique corrompue. Crimes monstrueux qui ont ravagé le monde au XXe siècle, atrocités qui naissent dans le nouveau, force de l'art mais aussi constat de sa défaite perpétuelle contre le mal... Attiré par les thèmes historiques mais aussi esthétiques qu'aborde cette oeuvre monumentale, Julien Gosselin en saisit la structure et les récits qui la composent et leur donne un décor commun. Apparemment distinctes mais reliées par des crimes, un désert, des enquêtes et la ville de Ciudad Juarez – ici nommée Santa Teresa –, les pistes s'accumulent et permettent au collectif Si vous pouviez lécher mon coeur de jouer des registres et d'alterner les rythmes. A l'avant-scène, quatre critiques européens s'enferrent dans la recherche d'un mystérieux auteur et d'une histoire d'amour puis le monde de Bolaño s'ouvre en même temps que la scène. Voici le Mexique, un professeur chilien au bord de la folie, un journaliste américain désorienté, des trafics, des policiers perdus et des meurtres par centaines...
suis arrivée du coup très en avance, ai lu le programme de salle à côté des lavandes et j'ai beaucoup aimé ce que Julien Gosselin disait sde l'écriture de Bolaño et du livre (mais je suis là, à cette heure, de retour, affamée et remet à demain de parler du spectacle – sais pas trop comment, sans doute juste en reprenant des passages de cet entretien, avec quelques petites notes personnelles), avant de m'installer sur un banc et d'entamer la lecture d'une Ville au loin publication de l'AirNu http://lairnu.net/une-ville-au-loin/ que j'avais téléchargée sur mon kobo en prévision et dont les deux premiers textes ont rempli les trois longs entractes (pour le quatrième en parlerai)
Sur ce les pâtes doivent être cuites, suite comme pourrai à dans quelques heures, après réveil, lectures, lavage de cheveux.. reste tranquille avant le soir.

9 commentaires:

Claudine a dit…

Bon appétit et bonne nuit

Caroline Gérard a dit…

Courageuse Brigitte qui trouve la force d'amorcer (voire plus) un compte rendu de 2666 en sortant du spectacle !
J'ai hâte d'y être : pour moi, c'est le 14 juillet

Domnique Hasselmann a dit…

Un champ de lavande comme une scène de théâtre apaisée...

brigitte celerier a dit…

Caroline peux te dire tout de site - une réussite.. par contre pour en parler euh

brigitte celerier a dit…

Dominique, plusieurs heures plus tard j'ai été apaisée tant que c'était un exploit (une des rares choses que vais pouvoir dire quand j'aurais émergée, c'est à dore pour demain matin)

Godart a dit…

Subtile dosage vie privée, vie publique qui agrémente le récit de votre journée.

Arlette A a dit…

Brin de lavande en plus

Monalisa a dit…

Bonjour à toutes et à tous.

J'ai vécu le spectacle d'hier soir 2666: en effet, à ce niveau de création on ne peut être que transfiguré par la fulgurance bouleversante de l'oeuvre de Julien Gosselin (+ la magie de la scénographie + l'énergie sans faille et incroyable des acteurs !!). J'ai ressenti qu'il avait mis tout son coeur, sa passion, son audace, sa totale sincérité pour se jeter corps et âme dans le fleuve de Bolano.

alors, nous spectateurs, il faut jouer le jeu et pour celles et ceux qui ont prochainement à accomplir ce "marathon", je me permets quelques conseils (à prendre ou à laisser, bien évidemment) :

- bien se reposer la nuit d'avant et ne rien faire avant ce spectacle. Pourquoi ? parce que , devant le cadeau que cet homme nous fait, nous nous devons d'être totalement ouverts, réceptifs pour recevoir, recevoir et encore recevoir.

- Y aller dans des dispositions relatives au lâchez-prise et se laisser faire, se laissez faire, se laisser faire ... surtout pas de rationalité, l'oeuvre est suffisamment réaliste... en apparence, car, en fait, elle distille une palette d'émotions plus intenses les unes que les autres que je ne décrirai pas tellement elles sont intimes à chacun...

voilà, mon commentaire est un peu long mais je tenais à vous faire part de l'imprégnation de cette oeuvre dans tout mon être et encore ... le jour d'après et j'espère encore pendant longtemps.

Je vous souhaite cette splendide expérience

Monalisa

brigitte celerier a dit…

ma tentative de compte rendu est publiée dans trois minutes