mardi, juillet 05, 2016

Matin


Il y a eu, pour rompre l'unité bleue, des flammèches blanches filant à l'horizon de ma rue, et me suis mise en chemin (bon, l'aurais fait de toute façon, j'avais à bout de bras un sac avec des draps, j'avais aussi un achat urgent à faire, sur le chemin du retour)
Les traces de l'approche du festival se multiplient, une allée s'est mise en place entre les tables des restaurants de ma place pour permettre l'accès, et à la file d'attente auparavant, au restaurant devenu en partie théâtre pour un mois (n'y irai sans doute pas cette année)
et les taïwanais semblent arrivés, du moins certains, ai croisé un souriant et souple personnage de noir vêtu faisant danser la grande plume mouvante (l'année dernière c'étaient des rubans) accrochée à son bonnet
suis passée à Carrefour pour faire provision de Sopalin et de coulis (pour les jours où pas le temps de rêver en faisant fondre des tomates)
et j'ai continué, saluant avec la crainte que j'ai pour leur avenir – me semble avoir lu qu'ils ou que certains étaient menacés, nous vivons à une époque où arbres et humains sont tenus de mourir en bonne santé – le pin, le micocoulier, les platanes de la place Saint Didier,
saluant avec un souvenir amical les Pénitents blancs (précédés du tau qui abrite la fin de la file d'attente quand les futurs spectateurs ont fini de cuire contre le mur, juste à temps pour les préparer à la fraîcheur de la chapelle – bon je me moque mais en fait je regrette qu'ils soient dévolus maintenant aux très bons spectacles pour enfants, ce qui me met hors jeu, parce que j'y ai de très bons souvenirs, récents, et puis d'une époque où étaient fort peu aménagés, sans gradin, et où Lucien Attoun y inventait le théâtre ouvert, une époque que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître...)
et sur le chemin du retour, avec sopalin etc... et draps propres, me suis arrêtée chez ma pharmacienne pour y voir plus commodément (samedi perdu une branche de mes lunettes quasi-rouges et dimanche un verre de vieilles lunettes vertes déglinguées) grâce à des loupes jaunes, pas trop difficiles à retrouver – plus le cadeau d'une paire vieille dame classique pour me dépanner quand perdrai celles du sac...
Passionnant ? Et là pendant que je pars en vrille sur Paumée deux architectes ou un et un commis sont dans la cour faisant des relevés cotés du mur qui la borne, dans l'intention (je frémis... mais mon propriétaire semble décidé à ne pas accepter sans réflexion) de créer des jours de souffrance – un peu plus grands semble-t-il que l'indique ce nom donnant sur mon petit domaine. On verra bien. 

10 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Le festival approche, tout va donc bien...
Et remplacez les lunettes par des jumelles !

brigitte celerier a dit…

n'en ai pas (je sais pourrais en chercher) et ça me donnerait l'impression d'avoir ma grand-mère un oeil sur la scène un oeil sur moi (souvenir de sortie d'enfance)

Marie-christine Grimard a dit…

Oh on espère que rien de fâcheux ne se prépare dans votre cour...

brigitte celerier a dit…

moi aussi, mais mon propriétaire avait l'air décidé à être ferme

Claudine a dit…

je sors de 9 mois de travaux de façade, répartis sur un an....... bon courage

brigitte celerier a dit…

zut, fausse manoeuvre, ai supprimé un commentaire de Godart
"Beaucoup de souvenirs de participations au festival off d'Avignon. J'ai un ami : Paul Silve propriétaire de plusieurs lieux de théâtres. Peut-être connaissez-vous ? Mais ne suis plus en relation avec lui. Une autre amie aussi, une stakhanoviste en tant qu'artiste des représentations du off, Pierrette Dupoyet, qui oh surprise, habite à Paris rue de la Clef, là où je réside."
et j'y réponds : ne connais pas les propriétaires de murs de théâtres (surtout plusieurs) seulement, de loin, trois directeurs de théâtres permanents

brigitte celerier a dit…

Claudine, ma compassion rétrospective

Arlette A a dit…

Tout ça en prémisses piétinants

brigitte celerier a dit…

ps très piétinant.. avec sa malice carcasse réveille ses crispations et mes craintes sordides, et alterne avec de brusques besoins de sommeil… a plus qu'un jour pour se mettre au pas, je la cageole, la nourris ennuyeux et sage, l'engueule… la prépare

les Caphys a dit…

Avignon ui s'ébroue et sort de sa torpeur