samedi, octobre 22, 2016

point final ou non (et gros)

Matin nez dans papiers, dans comptes, dons, projet de petit voyage en fin de semaine prochaine.

Et départ dans la lumière du début d'après-midi à la recherche de gros-grain et ruban parce qu'avec une arrogance inconsciente je me juge capable d'un peu de couture (très très peu et en masquant, c'est déjà follement ambitieux)
et comme la mercerie trouvée (m'étais cassé le nez hier sur une boutique qui avait vécu) était à côté, décidé de passer le nez ou un peu plus à l'hôtel de Forbin La Barben où sont exposés quelques oeuvres dans le cadre du Parcours de l'art, en liaison ou non avec les activités des ateliers pour enfants dans ce qui est cette année pour la première fois désigné comme la maison du petit parcours.
Entrée dans un bruit (calme, pas un tumulte) de voix enfantines et féminine, tourner tout de suite sur la gauche, souriant de la retrouvaille avec ce décor jusqu'à la grande salle sur rue
où sont exposées, disposées pour tenter de redonner une ambiance de maison, un ensemble de photos de Camille Olivier, la Martelette
Par le biais d'une série d'images réalisées à la chambre photographique et d'un livre, La Martelette explore les projections et tentatives de construction d'un idéal de bonheur familial. Déambulant à travers les pièces d'une maison de famille construite dans la période de l'après-guerre à Avignon, les images s'attardent sur l'agencement intérieur de ce foyer. Il en émane un fort potentiel dramatique, assimilable à un geste scénographique, dont nous sommes libres d'interprétation. (n'ai pas vu le livre, mais une feuille posée sur la cheminée, indiquant que la maison en question était celle que ses grands parents avaient fait construire pour y abriter leur bonheur familial.
Dans la petite pièce voisine, retrouver Juli About avec, après l'installation au rez de chaussée du cloître Saint Louis, quelques porcelaines lumineuses déposées au sol, suspendues au bas des murs (et d'autant plus séduisantes d'être ainsi débarrassées de l'entassement, des valises, objets)
revenir dans le hall, avancer vers le vestibule sous la lanterne, en longeant, sur le mur de droite trois photos de jeunes filles, trois nouveaux tirages jet d'encre contrecollés sur acier de Laure Ledoux en réponse à la série de jeunes jeunes sportifs posant frontalement, gênés par cette immobilité et l'appareil scrutateur, exposée dans la nef des Célestins
Sous la lanterne, des enfants dessinant accroupis sous la suspension oeuvre des participants à un atelier.
Dans la première des salles de droite, grande salle sans fenêtre, des fils multicolores pendus au mur de Charuwan Noprumpha, comme un brouillon de son installation au premier étage du cloître et les petites chapelles de Sébastien Grau http://sebgrau.ch (ai loupé son exposition au petit palais et n'ai pas trouvé celles qu'il a disposées sur un parcours dans les petites rues) 
Les chapelles du patrimoine sont des constructions en papier ou en bois qui abritent chacune une image floue. Ces images sont des détails interprétés d'oeuvres conservées au Musée du Petit Palais.
L'aspect vaporeux de ces oeuvres, associé à la structure des chapelles proche de celles des cercueils, soulève la question de la préservation du patrimoine artistique.
Retrouver Martin Lewden, en miniature, après la grande tour rouge trônant dans la chapelle Saint Michel, le bouquet de mains piquées sur des bâtons et l'immense tobogan de bois face auquel un homme prenait son élan avant de tenter de le gravir exposés aux Célestins, installe ici trois animations, vidéos en boucle (oeil ou dents) sur smartphones,
Thibault Laget-Ro avec des petits tableaux (grands panneaux au deuxième étage du cloître sur le billet d'hier)
et Clémentine Poquin, que j'aime toujours autant, avec ses animusicaux après les fusains de chantier abandonné au deuxième étage du cloître.
Au centre de la pièce c'est Paulina Okurowska qui donne, après le grand plateau où perdre ses yeux exposé aux Célestins, des petits lieux_non_dits et toujours la beauté difficilement photographiable (mélange d'éclat et de matité) de la pâte de verre.
Dans la dernière pièce, éclairée sur la rue, on entre au royaume des enfants avec des mobiles
et le résultat, assez passionnant d'un atelier (on aimerait regarder avec les auteurs) le portrait de chaque participant sous une maquette de maison désirée ou portrait et une carte retravaillée.
Et puis, ne sais qui en est responsable, une fultitude de petites photos de cabanes devant lesquelles j'ai souri, eu envie, fait la moue…
Mais vous n'en avez pas tout à fait fini avec le parcours parce qu'en rentrant, comme vraiment le détour était minuscule, ai monté le très courte rue en pente entre la place de l'horloge et la maison de Jean Vilar, à la recherche de l'exposition de Yohan Dumas
qui en fait est dans l'hôtel, au premier étage, au fond, sur le jardin,
et j'ai dû pour y parvenir traverser les dernières salles d'une grande - visiblement passionnante, il faudra que je revienne en prenant mon temps, beaucoup de temps, cela ferme début décembre – exposition de maquettes de décors de la Comédie Française, effleurant la partie la plus récente, quand le décor est devenu scénographie.
Une grande salle donc, prenant toute la largeur de l'hôtel, aux rideaux tirés et volets fermés, et un îlot torturé de petits objets, petits personnages, petits soldats au centre, autour desquels ondule un rail, et puis deux grands panneaux pleins de notations ou croquis et un écran, l'installation de Yohan Dumas http://yohandumas.com (jetez un coup d'oeil sur les installations sous l'onglet work)
le site du Programme m'apprend que est un artiste vivant à Bruxelles, travaillant entre ici et là. En principe plus ici que là, la légende ne raconte pratiquement rien à son propos. Sinon l'improvisation et l'import/export dans de nombreux domaines, ont fait de lui l'une des bêtes noires de la sérendipité.
C'est avec des millions d'euros que l'on peut acheter des milliers de billets de banque.
Ce n'est pas ce qu'il a fait. Il y a des flux de ci, des flux migratoires, des flux financiers, des fluxus, des flux d'images, des flux de marchandises. Tu jongles, tu shake shake, tu prends l'image cinémathographique, l'enfance, la déchéance et les contrastes, et on y est.
Lignes séduisantes, et plaisir un peu perplexe (avec un bonhomme nous avons bien réalisé que l'écran présentait l'image très agrandie d'une partie de l'installation et que nous pouvions jouer à faire apparaître le bas de nos jambes quand étions proche de la petite caméra embarquée sur une machine roulante mais cela semblait assez court)
Une note affichée expliquait que la machine en se déplaçant projeté des gros plans des maisons, animaux, personnages devant lesquels elle passait, que des lumières se mouvaient etc... seulement nous ne savions ni l'un ni l'autre comment faire la faire fonctionner.
J'ai très envie de voir une exposition qui ferme dimanche, étrangère au Parcours mais qui s'y est agrégée, dans la petite chapelle du Miracle... pas certaine d'y aller.

11 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci de nous emmener dans votre parcours

brigitte celerier a dit…

merci pour votre indulgence

Dominique Hasselmann a dit…

Les "animusicaux" savent-ils se faire entendre ?

brigitte celerier a dit…

je ne sais pas, là ils étaient juste à la parade …

jeandler a dit…

Un parcours joyeusement jeune.

brigitte celerier a dit…

merci (étaient sérieux les enfants et concentrés)

Godart a dit…

Beaucoup de couleurs, beaucoup de créativité, beaucoup de légèreté, beaucoup mais pas trop.

Claudine a dit…

Les maquettes me font rêver...

brigitte celerier a dit…

moi aussi Claudine et puis il y en a une bonne cinquantaine répartie sur je ne sais combien d'année, avec les changements que le théâtre a subi entre temps - prendre le temps de voir

tanette2 a dit…

Ravie de t'avoir suivie dans ta recherche de gros grain et de ruban et de profiter de toutes les beautés rencontrées lors de ta quête..

Hue Lanlan a dit…

j'ai revisité ce soir votre expo ( virtuellement ;-)) si grand merci aux artistes de la joie qu'ils nous donnent.