samedi, novembre 12, 2016

Jour mou et un peu vide, souvenirs, et attente de la nuit

rues dans l'humide
seule en un monde vide
penser aux anciens
mais des trouées bleues
le souvenir de leurs joie
et amertume
une envie d'accentuer ma disparition, intériorisation de ma médiocrité ou réserve grande, sentiment de liberté, écouter des chansons et dériver d'un poète à l'autre pendant que la lumière caresse le haut de la cour, dans l'attente du soir, du départ, bien décidée à ce que carcasse ne puisse être gêne, vers le théâtre des halles, un espoir, un spectacle attendu, (production Les Déchargeurs/Le Pôle diffusion) :

Serge Merlin dans une mise en scène par André Françon du dépeupleur de Beckett.. avec la certitude qu'il y aurait de toute façon miel à tirer de l'écoute de ce texte (lu et relu), de la rigueur de Françon, de la gueule et la voix de Merlin, et dans l'espoir que retrouverai ce que Jean-Pierre Thibaudat dit de ce spectacle
Ce que fait Merlin est proprement indescriptible tant son art du verbe et son art du geste sont hauts. Non pas un acteur au faîte de son art, mais un être-acteur habité, halluciné de présence et tutoyant les gouffres. Merlin ne sert pas le texte de Beckett. Il en extirpe les moindres inflexions, en exaspère la complexion, ouvre ses vannes. Les gestes du bras, de la main, du poing, le tracé du regard ne prolongent pas les mots, ils en sont tout à la fois le contrepoint et la ponctuation, le creuset et le tombeau.
(photo iFou pour le Pôle diffusion, raptée sur le site du théâtre)

une interview de Françon sur ses deux mises en scène de ce texte..
On se marchait dessus dans l'ancienne chapelle, la salle était comble de belles gens intelligentes ou et intéressantes
On se marchait dessus dans l'ancienne chapelle, la salle était comble de belles gens intelligentes ou et intéressantes...
Merlin joue cela avec un côté professeur Tournesol, en plus lyrique et peut-être un peu plus fou. Mais à vrai dire une légère déception.. parce que tout de même il est un peu trop grand acteur sur d'être au faîte de son art et «il cabotine un peu trop», a trouvé mon voisin qui exagérait un peu, je dirais plutôt qu'il y a un peu trop de tout et que le texte, à mon avis, n'aime pas vraiment ça.
Est-ce parce que l'ai trop lu solitairement, je le sentais plus sec.
Un plaisir global tout de même, mais dans lequel la salle jouait pour une bonne part (outre le texte bien entendu). Et un retour par les rues pas si froides que ça (avec grosse doudoune, écharpe entortillée et vieux bonnet de laine enfoncé)
Un plaisir global tout de même, mais dans lequel la salle jouait pour une bonne part (outre le texte bien entendu). Et un retour par les rues pas si froides que ça (avec grosse doudoune, écharpe entortillée et vieux bonnet de laine enfoncé)

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Une salle très peuplée pour "Le Dépeupleur" : Becket aurait adoré...

brigitte celerier a dit…

oh merci ! j'ai bien fait finalement d'annuler mon blocage des commentaires (réflexe de protection contre la tendance à me navrer de ce désert)

jeandler a dit…

Nous n'existons que par les autres.

Hue Lanlan a dit…

remercier les artistes d'être là néanmoins, même avec avis nuancé, il fait si gris aujourd'hui

brigitte celerier a dit…

Oh Pierre ! j'espère bien que non, sans ça j'ai plus qu'à me foutre en l'air :-) et suis pas prête

Anne-Marie Soulier a dit…

Ah non, nous n'existons PAS que par les autres, et la boussole alors !?