lundi, novembre 07, 2016

Une humble grâce usée

creusée dans le mur séculaire, l'ouverture
creux à l'emporte, embrasure dégradée, cadre effrité dans la solidité simple de la bâtisse
le châssis neuf, ou repeint avec soin, blotti au fond de ce trou, percé sans respect pour la modénature de la façade, modénature tracée par les bandes verticales en légère saillie,
trou ne tenant compte que de la nécessité intérieure, salut qu'une chambre a ouvert sur la rue
les vieux enduits, le mélange du caramel sombre et de la crème grumeleuse
et à droite cet enlèvement qui laisse apparaître la maçonnerie et ses raccords, avec un faux papillon brun posé sur le grain
les tuyaux et câbles en leur apparente anarchie avignonnaise
une humilité, une simplicité non sans grâce, rehaussée par la sage rambarde
et le sourire avec laquelle elle écrase une prétentieuse couronne
Brigetoun en roue libre pendant que ses cheveux sèchent, que son rhume hésite à y reprendre force, que le jour se dessine.

8 commentaires:

Claudine a dit…

Beauté solide

brigitte celerier a dit…

juste un peu ébréchée

Dominique Hasselmann a dit…

J'ignorais ce mot de "modénature" : effectivement la façade apparaît quelque peu dénaturée...

brigitte celerier a dit…

Dominique des mots qui surnagent venus de mon très ancien et constant amour pour le bâti

Hue Lanlan a dit…

modénature, je ne connaissais pas non plus

brigitte celerier a dit…

à la base de ce que vous voyez devant un immeuble, un bâtiment quel qu'il soit, même quand c'est par l'indigence de ladite modénature

chri a dit…

Elle vous va bien la roue libre.

jeandler a dit…

La modénature, ici, a grand besoin de se refaire une beauté pour mériter ce nom.