mardi, novembre 08, 2016

Dans la ville froide avec toubib et l'éternité par les astres

Ville gelée, moins que plus au nord, mais gelée, trop pour moi
cheminer en sentant le froid attaquer mes yeux, les pénétrer, m'emplir de flou et de vertige (ridicule mais le sentais ainsi, même si le froid bien sûr était très relatif en réalité, mais bien brusque ma chère, bien brusque)
place de l'horloge on démontait les parasols
et mon appareil se bloquait... le tapoter, lui parler, en tentant de continuer chemin avec mon sac de draps, 
ce qui bien entendu était, contrairement à mon sentiment, réalisable sans exploit (autre que la lutte avec un peu de panique... va vraiment falloir me reprendre avant que l'hiver nous investisse)
rentrer dans l'antre, portant vestons d'été, à temps pour recevoir du postier un petit paquet contenant ma dernière commande chez Amazon, petit échantillon de la collection les grands singuliers chez Tiers livre éditeur http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4014 juste deux parce que pouvais pas plus pour l'instant, et que, compte tenu de ma faible capacité de lecture actuelle n'en aurais pas lu davantage (petite pile en attente).
Un peu avant 18 heures, me gendarmer, enfouir crâne dans bonnet, endosser doudoune et partir, accompagnant la descente du crépuscule, dans le froid que cette fois carcasse tolérait, vers petit toubib, prête à découvrir, dans la longue attente prévisible, l'éternité par les astres de Blanqui ainsi présenté sur http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4368
le grand texte de 1872, écrit lors de sa détention au fort du Taureau, et qui a si fort impressionné Walter Benjamin
après avoir fait petite recherche (parce que rien ne connaissais sauf l'attrait du nom et ma curiosité grande) pour trouver en effet, Walter Benjamin et
« Le dernier texte que Blanqui ait écrit dans sa dernière prison est resté, autant que je puis le voir, totalement négligé jusqu’à aujourd’hui. C’est une spéculation cosmologique qui, il est vrai, s’annonce à la première lecture banale et inepte. Les réflexions maladroites d’un autodidacte ne sont toutefois que le prélude à une spéculation qu’on ne pensait pas trouver chez ce révolutionnaire. On peut dire en fait, dans la mesure où l’enfer est un thème théologique, que cette spéculation est de nature théologique. La vision cosmique du monde que Blanqui expose en empruntant ses données à la physique mécaniste de la société bourgeoise, est une vision d’enfer. C’est en même temps un complément à la société dont Blanqui au soir de sa vie avait dû reconnaître la victoire. L’aspect bouleversant de cette ébauche est qu’elle est totalement dépourvue d’ironie. C’est une soumission sans réserve et, en même temps, c’est le réquisitoire le plus terrible qui puisse être prononcé à l’encontre d’une société qui projette dans le ciel cette image cosmique d’elle-même. Le texte, qui est, quant à la langue, d’un relief très marqué, entretient les relations les plus remarquables autant avec Baudelaire qu’avec Nietzsche (Walter Benjamin – Paris capitale du XIXe siècle). »
Et ma foi, entre autres qualités (quelques tunnels, une très jolie façon de dire, et des moments de poésie) c'était fort bien calibré... je l'ai remis dans le sac pour entrer en entretien avec petit toubib (faire le point, se tranquilliser, rajuster traitement et soigner sacré fichu tenace gros rhume) au bout de 91 pages, et il ne m'en reste que 18.

Retour dans la fraicheur et des rues sagement parcimonieuses en éclairage.



8 commentaires:

Claudine a dit…

Vilain froid de canard, démocratiquement distribué

brigitte celerier a dit…

ces moments où je découvre en moi un très honteux désir de privilège (sourire)

jeandler a dit…

Marcher dans la nuit par économie
les villes avec parcimonie
pour les deniers publics.

jeandler a dit…

La météorologie fait-elle bon ménage avec la démocratie ?

Dominique Hasselmann a dit…

Très beau bâtiment (dernière photo) : on aime imaginer ce que Blanqui aurait pu en dire.

brigitte celerier a dit…

Pierre au départ c'était pour lutter contre la pollution
Dominique l'hôtel annexé par la Collection Lambert (un peu l'épure d'un élève architecte du 18ème , le voisin qui a quelques années de plus je crois a plus de personnalité, un peu)

Arlette A a dit…

Attente moins longue avec petit livre nouveau

brigitte celerier a dit…

je prévoie...