mercredi, décembre 28, 2016

Ciel pur sur notre chère vieille planète

Couleur sereine du ciel où passaient des solides rafales de vent, en début de matinée, quand suis partie en quête de brimborions assez séduisants pour répondre à un gentil envoi.. un peu trop tôt malheureusement, un peu à contre temps aussi puisque un certain nombre de boutiques avaient fermé, digéraient, entre Noël et le 3 janvier.
Et puis, dans l'antre, après avoir eu une idée pour répondre à la nouvelle proposition de l'atelier d'hiver de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4377 , après avoir trouvé l'amorce d'une idée pour les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com , après avoir renâclé un moment devant des fichiers ouverts et presque aussitôt refermés et constaté que j'étais hors d'état de mettre ordre au petit tumulte de mon crâne... j'ai pris le Fukushima, récit d'un désastre de Michaël Ferrier, terminé mais non encore rangé, pour choisir un passage à enregistrer et copier pour http://brigetoun.wordpress.com, passant sur quelques pages vers le début qui m'avaient un peu agacée, consciente que j'étais en tant que lectrice, de l'énormité de ce qui devait suivre, par le plaisir un peu trop évident de l'écriture, le jeu des phrases pour évoquer les sensations de l'énorme secousse (mot faible initial), hésitant entre toutes les descriptions minutieuses où passent le désarroi et l'humanité des sinistrés et du témoin et aidant, négligeant malgré leur intérêt les précisions, explications, sur le tremblement de terre, le tsunami, les modes de détection et bien entendu sur le nucléaire, pour prendre un minuscule moment vers la fin, pendant le voyage dans les régions les plus sinistrées, dans le nord, et à de minuscules recherches de vestiges, après les grosses interventions, dans un coin relativement épargné...
J'avais aussi fait l'impasse sur ce qui est si bien dit de l'horreur immensément durable résultant de l'accident, sur la colère, que je partage oh combien (un peu une hantise) devant ce que nous avons accepté, sur les euphémismes et mensonges, sur le sort des travailleurs du nucléaire (même s'ils peuvent aimer leur métier) plus encore sur le sacrifice des intervenants après la catastrophe, sur l'imprévision et devant le tâtonnement éperdu des décideurs, et puis sur cela, qui suffirait à ce qu'on maudisse cette industrie (écris cela sur une machine qu'elle alimente pour une bonne part, avec la lumière de l'une des deux petites lampes qui restent allumées toutes la journée dans l'antre, hors le mitan du jour en été, pour lutter contre la pénombre), cela les déchets pour lesquels aucune solution n'a été réellement recherchée (et comment croire que même dans la court délai de deux siècles on saura encore qu'ils sont là), ces chiffres - qui m'ahurissent chaque fois que je retombe sur eux - donnés pour la demi-vie ou la période au terme de laquelle un de ces produits aura perdu la moitié de son efficacité ou de son danger...
La demi-vie du cesium 135 par exemple est de trois millions d'années (ce qui signifie que la moitié de la masse de cet élément se désintègre en trois millions d'années). Le plutonium produit dans les réacteurs a quant à lui une demi-vie de plus de vingt-quatre mille ans, temps nécessaire pour qu'il perde la moitié de sa radioactivité seulement. Si vous avez quatre vingts kilos de plutonium (le pourcentage que la compagnie française Areva a fourni en 2010 à Fukushima), il en restera encore quarante kilos dans vingt-quatre mille ans...
Le champion toutes catégories est le zirconium 93 pour sa durée de demi-vie record de … 1 530 000 ans (mais on me murmure que le zirconium 96 fait encore mieux : au point où on en est !)...
Et puis, ceci dit, la truffe en chocolat qui finit de fondre dans ma bouche me remplit de délice, et le ciel, la lumière dans les branches de pins étaient bien beaux ce matin.
désolée pour les liens qui tiennent à figurer en tout petits caractères..

4 commentaires:

Claudine a dit…

On y pense tous les 11 mars

Dominique Hasselmann a dit…

C'est bien là le paradoxe de l'écologie : en attendant - jusqu'à quand ? - les énergies alternatives (une éolienne sur le toit de chaque voiture...), on fonce vers l''électrique comme s'il ne polluait pas à très long terme.

Enfin, il suffirait de supprimer tous les véhicules à moteur, les micro-ordinateurs, les trains, les avions, les métros, l'éclairage domestique et urbain... et les 58 centrales nucléaires françaises qui assurent actuellement environ 70 % de la production énergétique, et tout le monde vivrait heureux avec des bougies : la marche à pied est bonne pour la santé !

Ces Verts ne sont vraiment pas du tout radicaux !

(vVus n'arrêtez jamais d'écrire ici et là ? Vous consommez vraiment trop d'électricité !!!)

Marie-christine Grimard a dit…

Ciel de Provence et chocolat truffé, savourons avec vous !

brigitte celerier a dit…

oui, suis une catastrophe (sourire)