dimanche, janvier 15, 2017

Il décida de renter.. musique de chambre

lumière et ciel bleu, froid qui m'a semblé grand au piteux réveil et ne l'était sans doute pas tant.
Garder l'antre. S'essayer à l'espoir en politique, sans raison, parce qu'inguérissable..
et pour nourrir paumée, reprendre un billet publié par les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrointieres.wordpress.com
Il décida de rentrer...
L'espace était vaste, quelques morceaux de nuit persistaient – la couleur, ses séductions et ses petites chansonnettes avaient déserté. Rien ne semblait vivant à première vue, mais il sut que ça bougeait. Battements du silence. Rumeurs, quelques portes s'ouvraient. Il décida de rentrer dans l'hiver...
Cela ce sont les mots qu'il devait employer plus tard pour commenter son dessin, l'expliquer, et pour qu'on ne l'interroge pas sans cesse, c'est ce qu'il inscrivit dans un phylactère baroque au bas de ce minuscule feuillet, avec le souci de parer le réel par la grâce de la phrase... mais il n'en dit pas davantage, parce qu'il n'avait pas la place, parce que le reste, le petit reste lui appartenait, l'horreur dont il se souvenait, l'horreur plus forte encore dont il n'avait été que témoin par ricochet, l'indicible qui d'ailleurs s'étalait maintenant, par bribes glacées et belles dans les journaux de ce monde où il revenait.
En fait, il avançait dans la paix de son quartier, un peu comateux, nauséeux, sonné par la détente, par le relâchement qui l'avait saisi dans l'avion qui le ramenait de Beyrouth, après les nuits d'insomnie et la tension impuissante, et il projetait sur les petits immeubles blancs de sa tranquille banlieue, endormie dans le vide du milieu de la matinée, une vague évocation de poussière ocre et blanche, de ruines, de rues tout aussi désertes que celles où il avançait, mais désertées par la crainte, le souffle retenu, il y installait des morceaux de noir comme les accalmies dans les nuits d'alors, tout ce qu'il avait connu ou qui avait été sa préoccupation constante, un peu de Homs telle qu'il l'avait vécue et photographiée en 2012, un peu de ses séjours suivants dans la région, un peu d'Alep en 2015, un peu de ce qu'il avait vu dans les villages voisins lorsqu'il s'en était échappé, un peu de ce qu'il avait vu, reçu d'amis, et les très belles photos et vidéos, esthétiques témoignages de ce qui était affreux, d'Ameer Alhabi (presque anciennes déjà https://making-of.afp.com/jour-denfer-alep et http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20160502.OBS9636/photos-l-enfer-sur-terre-est-a-alep-pilonnee-par-les-bombes.html, d'Hannah Karim, celles de Karam al Masri https://making-of.afp.com/couvrir-alep-la-peur-au-ventre-et-le-ventre-vide reçues par Rana Moussaoui qui les lui avaient montrées à Beyrouth, avant le cataclysme des derniers jours, Beyrouth où il s'attardait, cherchant le moyen de retourner en Syrie, hésitant...
Et toute cette paix ennuyeuse qui entourait ses derniers pas vers son appartement, était contaminée, pleine encore des sanglots, des cris, du sang, des yeux vides et implorant sans espoir, de la détresse de la guerre qui s'accrochait à lui, avant qu'après un sas de sourires, amitiés, tendresses, il reprenne pied dans les petites luttes politiques de son pays.

Émail sur métal – oeuvre de Copo – 26770 Rousset-les-vignes
En début de soirée, monter de nouveau la petite côte vers l'opéra, pour ce soir de la musique de chambre.
Plaisir d'un bon programme, et de deux jeunes instrumentistes, Edgar Moreau (violoncelle) et Pierre-Yves Hodique (piano), qui n'en sont déjà plus à être prometteurs ; pour juger dudit plaisir, ai trouvé un enregistrement de la sonate n°4 en ut majeur, opus 102 1, de Beethoven
le programme comportait également
la sonate en ut majeur, opus 119 ,de Prokofiev
la Fantasiestücke, opus 73, de Schumann
et la sonate n°1, en mi mineur, opus 38, de Brahms.
Et ce fut un régal, y compris les bis (musiques familières, assez pour les fredonner intérieurement, moins classiques, et sur lesquelles j'ai été incapable de mettre un nom mais qui, à un moment, ont permis d'entendre un violoncelle siffloter gaiement, ce qui est assez peu courant)
que Pierre-Yves Hodique me pardonne, ils étaient trop rapides pour moi ces très jeunes gens, et j'ai photographié trois fois le vide après leur sortie et pour la quatrième je l'ai décervelé - pourtant il avait visiblement un beau cerveau)


6 commentaires:

Arlette A a dit…

Belle soirée musicale plaisir de s'envoler
grincement pour "Bella Figura" yasmina Reza et moi. .je n'ai pas accroché vraiment

dominique.hasselmann@orange.fr a dit…

cheval et musique... vous galopez sans cesse !

brigitte celerier a dit…

je ne connais pas… mais c'est un peu de parti pris de toute façon, je n'aime pas Yasmina Reza (toutes les petites tentatives)

brigitte celerier a dit…

Dominique, j'ai oublié : cheval ?
en tout cas j'ai entendu que le froid allait s'intensifier et il faudra que lundi ou mardi j'aille faire provisions (aujourd'hui peux pas en principe mais je me demande si ne devrais pas)

jeandler a dit…

Feux follets que les jeunes !

Claudine a dit…

beau récital, j'aimerais assister à un tel concert