jeudi, janvier 26, 2017

se garder en paix

Le mur de ma cour et moi attendons, sans encore compter les jours, le temps où la lumière descendra peu à peu pour le baigner – lui ai dit, ou ai pensé, ce matin que, patience, ce temps s'approche, mais que de toute façon aujourd'hui lumière n'y avait point, et que le ciel au dessus de lui était assorti à ses pierres.
Et comme avec cette couverture blanc sale sur nous l'air me semblait plus doux, et surtout immobile, ai ramassé quelques feuilles, redressé le fusain et le laurier qui se vautraient une fois encore, et suis allée aux remparts jeter bocaux, bouteilles d'huile, de porto et de sirop et des papiers, journaux, cartons..
Mais faisait bien frais, ou froid, les amis, tout de même et vers treize heures, la neige fondue nous a rendu brièvement visite.
Ai mis un point final à ce que je ne saurais appeler qu'un bidule pour les cosaques des frontières (désolée, pas en veine, ce que je n'ai réalisé qu'en cours de fichier) http://lescosaquesdesfrontieres.com et je recopie ceci qu'ils avaient publié (et qui n'est d'actualité que pour la quiétude ou l'inaction)
Paisible
une douceur, et une petite brise – à demi allongée, les pieds levés appuyés à la rambarde, les yeux dans le ciel pâle ou sur la large, longue, coulée du fleuve, verte ou d'un beige bruni par la terre
l'immensité, le goût de l'éternité
en dehors du temps, en un lieu autre, comme un dehors de la vie ordinaire,
s'installe la permanence, malgré les légères, ou parfois brusques, variations de la végétation des rives, un groupe de maisons soudain et un ponton, et puis le rideau vert qui revient, et l'oeil qui se fait indifférent, qui glisse au même rythme que la coque
s'installe peu à peu, dans la fuite de l'eau, un peu d'ennui, abandon délicieux
abandon délicieux qui s'approfondit, devient gêne, risque l'insupportable
poser les pieds sur le plancher, les masser, se redresser dans une brusque envie de mouvement
brusque désir qui s'effiloche instantanément, se fait velléité, vague élan sans but, sottise
en sourire, se renverser, reposer les pieds contre la rambarde
regarder ou fermer les yeux par moments, dériver, se faire petit noyau d'absence, s'installer dans ce rien sans fin.
Et quand la fin vient pourtant, quand les corps remuent, débarquent, ne pouvoir se décider à reprendre le pied dans la vie, rester là un long moment, dans le désir de prolonger indéfiniment cette vacance.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Il n'y a plus de frontières pour vous vers les Cosaques...

Arlette A a dit…

Il est bien de relire tes billets c'est même indispensable dans le flux incessant des informations merci à toi

brigitte celerier a dit…

merci Dominique
merci Arlette
sont surtout bien pratiques les cosaques quand on n'a pas d'idées ou pas des à mettre en mots

jeandler a dit…

Les idées se feraient-elles rares en ces temps falots ?

brigitte celerier a dit…

je lutte pour éviter que mon crâne gêle

Schulthess Eric a dit…

Crâne et cœur chauds, Brigitte 😉

brigitte celerier a dit…

vous aussi Eric

DUSZKA a dit…

PASSER SES NEURONES à la machine sans essorage brutal... tout un art