vendredi, mars 31, 2017

Jeunesse de la nature et origine du monde

matin dans ma ville
les façades brillaient
et le vert tendre se mariait à la profondeur bleue
aimerais ne pas clouer cette jeunesse de la nature avec les trois kilos venus en fin d'hiver, poids du corps et de l'esprit, et trouver un petit reste d'alacrité... mais le renouveau me donne faim, alors ma foi...
m'en suis allée juste avant que la nuit se creuse, à sept heures et demi, quand, maintenant le crépuscule s'en vient doucement, vers le théâtre des Halles pour une création collective des Filles de Simone mise en scène par Claire Fretel, c'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde, avec Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères (reprise du dernier festival – ne l'avais pas vue alors – après des représentations en septembre à Paris)
photo sur le site du théâtre
mon interrogation ayant comme aliment ce résumé sur le site du théâtre
«C’est la vie qui s’en vient et je ne pense qu’à ma liberté, mon temps pour moi, mon droit à l’ambition que j’ai peur de voir s’en aller. Suis-je si égoïste ? Une sorcière ? Une déjà « mauvaise mère » ?»
Chloé fait un test de grossesse. Tiphaine pique une crise de nerfs. Les deux femmes n’en sont qu’une, prise dans le tourbillon d’un changement de vie immédiat, définitif. Être mère. Et le ventre qui gonfle, le désir qui fuit, les peurs comme une invasion de saute- relles et les fantômes des modèles qui s’en mêlent, Simone de Beauvoir ou Élisabeth Badinter. L’enfant naît, c’est un miracle et une purge. L’amour et la panique. Les grands-parents font une OPA sur le môme. Le quotidien professionnel part en vrille entre les bricolages des plannings et les injonctions des spécialistes. En une succession de tableaux crus et hilarants, Chloé et Tiphaine traversent les affres de la maternité.
et cette bande annonce
avec la sympathie détachée de celle qui n'a pas connu cela et, rire, ne le connaîtra pas (mais qui comme tout le monde, et jusqu'à ces dernières années, un peu plus que tout le monde non impliqué, étant donné la productivité tout de même assez grande de la famille – pas vraiment individuellement, mais nous sommes assez nombreux, et puis il y a les amies de...)
deux actrices, deux tests de grossesse, deux constats.. et l'enfant ou le théâtre, et si l'enfant qu'est-ce qui nous attend, alors c'est la lecture de livres adéquats, un dialogue, et la mise en situation
et c'est plein de fausses vérités, de discours moralisateurs, de phrases toutes faites, de poncifs repris avec bonne humeur, c'est plein d'un humour vengeur, d'un peu de rage, c'est salubre et joyeux surtout parce que les deux actrices sont formidablement drôles.

Et rentrant dans la nuit des rues, des places, où maintenant quelques dîneurs savourent la douceur aux terrasses, je répertoriai : on a le désir d'enfant mais tombe mal dans le calendrier, choix, annonce trop tôt et inquiétude responsables, préparation accouchement naturel, le placenta que l'on mange (avait aspect et goût de tapenade) le corps de mère et sa physiologie, la rage devant Rachida traversant la cour de l'Elysée sur des talons hauts, alors que pourquoi on vous renvoie si tôt, les rapports différents etc... essayer de créer pendant les vingt minutes où le bébé dort, l'attendrissement, la grand-mère qui rapte, les photos qu'il est indispensable, nécessaire, de montrer impulsivement, les théories de psychologues, la poésie sur la mère et Simone de Beauvoir (d'où le nom du collectif) et puis la vie de super-woman et l'on rit à grands éclats, un rire qui est nourrit d'un peu de colère, de beaucoup de tendresse et de fraternel constat.

6 commentaires:

Claudine a dit…

un billet qui fait chaud au cœur

brigitte celerier a dit…

et un très grand merci à vous

Dominique Hasselmann a dit…

Simone de Beauvoir et son compagnon à lunettes nous manquent : je me demande ce qu'ils penseraient de la situation politique actuelle !

Heureusement il reste encore des traces de leurs pensées et actions...

Avignon est donc un festival permanent - j'ai vu qu'au prochain... Christiane Taubira serait présente pour présenter un "feuilleton" durant 14 jours : tout n'est pas perdu !

brigitte celerier a dit…

si la Guyane va mieux... mais pense que malheureusement comme avec Badiou je ne pourrais pas malgré l'envie la suivre (horaire : midi et dans le cagna - pour tenir et de plus en plus avec l'âge j'ai un besoin impérieux d'une pause dans l'antre au mitan du jour, sans quoi je m"effondre encore plus vite !) et j'en suis bien marrie... tant pis

jeandler a dit…

L'enfant n'est plus l'enfant-roi
Désiré un prénom bien désuet
un monde surpeuplé dans la ruelle des lits.

brigitte celerier a dit…

oh là il est souvent l'enfant roi celui à qui on parle, qu'on berce et dont on a sur soi des photos à montrer et commenter