samedi, avril 08, 2017

des musiques pour moi, et des retrouvailles

A l'heure où le ciel se décolore, suis montée vers l'opéra dans le plaisir de renouer avec une musique qui me manque, avec une musicienne que j'ai beaucoup écoutée et aimée autrefois, Jeanne-Marie Conquer, violoniste de l'Intercontemporain (souvenirs de petites ou grandes oeuvres, de rencontres presque confidentielles et de grandes machines, et de son petit air volontaire quand elle attaquait une musique) l'était de onze ou douze ans plus jeune,
croisant des musiciens retardataires (l'orchestre pour la première partie, pour le premier morceau surtout étant extrêmement réduit) j'étais très heureuse de la retrouver.
Petite recherche dans l'après-midi sur YouTube pour proposer, si avez le temps, entre autres, de la voir et l'entendre, dans un extrait de d'une seule voix de Bruno Mantovani
et de l'entendre dans Anthèmes I de Boulez
mais là n'était pas le programme de ce soir
qui comprenait pour mon plaisir grand (quelques musiciens pour presque quelques auditeurs) Tree line de Takemitsu (1988) (joué ici par le New Music Ensemble Kilbourn Hall, Eastman Scholl of Music)
plaisir de voir que notre orchestre se risque de plus en plus vers le contemporain
que j'ai beaucoup aimé, me ravissant de me retrouver en ce terrain, avec juste le regret que la salle soit bien trop grande (d'autant que retraite oblige pour les symphoniques suis au deuxième balcon) et bien trop vide pour cette musique qui aurait plutôt besoin de l'intimité recueillie d'un auditorium.
Diptyque écho concerto pour violon et orchestre de Tabachnik que je découvrais, que j'ai aimé et pas seulement pour la musicalité, le calme, la concentration gracieuse et l'autorité de la violoniste, deux mouvements enchaînés, sur le même schéma de base : violon et orchestre jouant chacun de son côté, harmonisation progressive et fusion, cette fusion, cet unisson s'achevant dans la seconde partie en force et gloire (comme la vie qui naît du chaos)
et puis, après l'entracte, de nouveau Jeanne-Marie Conquer avec un orchestre réduit, mais un peu moins, Tzigane rhapsodie pour violon et orchestre de Ravel , oeuvre qu'une fois encore je ne connaissais pas, qui m'a ravie, une fantaisie qui évoque plus la musique tzigane qu'elle ne la copie, un premier tiers environ pour le seul violon, et toutes ses facettes, virtuosité, danse, tendresse, que j'écoutais sans n'avoir conscience que, vaguement, des muscles qui tenaient ma bouche légèrement ouverte dans un sourire attentif, avant que l'orchestre ne rejoigne alternant les moments où il vient simplement, avec quelques instruments, soutenir le chant du violon, et les moments où il prend toute la place...
et pour finir, en beauté, la symphonie n°4 de Schumann – toujours préféré dans son oeuvre ses symphonies.


6 commentaires:

Claudine a dit…

Admirative de votre ouverture d'écoute (hem c'est pas du bon français). J'ai toujours besoin de tant de temps pour que la musique m'hypnotise (pas bon non plus). Ignare profonde suis

brigitte celerier a dit…

mais Claudine je suis ignare, simplement curieuse et parfois conquise
et je m'applique moins pour aimer Takemitsu que Chopin...

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour cette soiree !

brigitte celerier a dit…

enfin c'est surtout moi qui en ai profité (sourire) merci d'en avoir supporté le récit

Dominique Hasselmann a dit…

L'IIC a fêté récemment ses quarante ans et j'étais allé à la Philharmonie (grande salle rebaptisée Pierre Boulez), et j'ai toujours quelques photos de cette soirée que je n'ai pas mises en ligne ou en portée...

Ils avaient joué l'incontournable "Sur Incises" de Boulez, le faisant ainsi revenir.

La musique dite "contemporaine" n'a toujours pas sa place réelle dans les concerts.

Merci pour votre acharnement artistique !

brigitte celerier a dit…

pour une fois que cette musique venait jusqu'à moi (et en ce qu'elle a de plus proche de mon goût) je n'allais pas bouder mon plaisir... et puis Ravel et Schumann bien beaux aussi
Et ce fut vraiment un bonheur (on en a un tantinet besoin, non ?)