jeudi, juillet 20, 2017

Avignon - Festival – jour 14 – Mendelssonh, Britten et Paulus – jeunes comédiens et des histoires et puis Beckett

Une grimace à la lumière morte sur la rue Saint Etienne et aux moutons se pressant dans le bleu... mais en tournant le coin le grand trou clair au dessus de Saint Agricol où j'allais
écouter un concert, sans lecture cette fois,
avec Olivier Vernet et Cédric Meckler à l'orgue interprétant à quatre mains le songe d'une nuit d'été de Mendelssohn
et par l'ensemble Campana des airs que ne connaissais pas dans mon ignorance sans fond
le motet Hear my prayer de Mendelssohn
la belle cantate Rejoice in the lamb de Britten
et le choeur Pilgrim Jésus de Stephen Paulus
glisser première hors de l'église pour aller jusqu'à Carrefour (pâtes, produit douche et sirop, nécessité quoi..)
une heure de sieste, un peu (très peu de repassage... pas de quoi amoindrir vraiment le tas), préparer dîner 
et partir vers cinq heures, puisant force auprès du guerrier de Calvet et dans un petit souffle d'air, dans les rues qui me semblent tout de même moins terrifiquement peuplées que les autres années (j'en suis bien contente pour moi, nettement moins pour la ville) ce que me confirmera vers huit heures la marche presque aisée rue des teinturiers
vers laquelle j'allais donc, pour assister au gymnase du Lycée Saint Joseph, 
après un moment de détente, toujours agréable dans le jardin, pendant que la queue se formait – j'avance dans Théophile de Viau à petits pas - à l'un des spectacles donnés par des professeurs de théâtre et leurs élèves (désolée de n'en avoir qu'un à mon programme cette année, c'est toujours au moins extrêmement sympathique)
Il s'agissait de Claire, Anton et Eux spectacle de François Cervantes avec le Conservatoire national supérieur d'art dramatique
Pas très facile d'en parler, parce qu'en fait c'est plutôt le résultat d'un travail-laboratoire... alors reprendre ceci sur le site (comme les photos de Christophe Raynaud de Lage)
Grâce à un travail spécifique sur la mémoire corporelle, chacun a convoqué les êtres qui ont fait leur vie : familles de sang, familles poétiques... Tous reviennent d'un XVIe, Xxe siècles... et le plateau est leur multitude. «Le travail de l'acteur est d'offrir l'hospitalité», aime à dire le metteur en scène qui défend la nécessité et la responsabilité de sa corporation : toujours donner une juste place aux histoires pour répondre à l'urgent besoin de se parler. Claire, Anton et eux est le titre malicieux que François Cervantes a souhaité donner à une pièce d'initiation mais aussi d'hommage à une école dont le rôle est d'apprendre, de comprendre, d'accueillir et peut-être même de prendre soin. Un clin d'oeil à Tchekhov qui fut aussi médecin...
Alors juste : cela commence très bien. Ils sont jeunes, beaux et sérieux... ils savent rejouer les malices qu'ils sont en train de perdre. Ils sont différents mais peu à peu chacun révèle ses côtés attachants... on est bien avec eux
mais.. est-ce parce que malgré la discrétion du pompier il était impossible de ne pas réaliser que quelqu'un faisait un grave malaise (renseignement pris à la fin rien de tragique), l'un des jeunes acteurs a d'ailleurs eu le réflexe, sentant l'attention du public leur échapper et sans doute aussi en grande partie par souci de l'autre, de s'interrompre et d'aller aider à l'évacuation) et que cela a coupé un peu le fil sans grande consistance qu'ils tiraient, mais j'ai trouvé la durée – 1 heure 45 seulement – un tout petit peu trop longue...
injuste sans doute. Applaudissements-remerciements
et retour, pour un court passage dans l'antre, le temps d'enregistrer photos, d'inscrire les cinq premières lignes de ce bidule, de mettre dans mon sac un mini parapluie parce que le ciel a lâché quelques gouttes au moment où j'allais arroser (ce dont, du coup, me suis abstenue, à tort semble-t-il)
avant de repartir vers le théâtre des Halles, par la rue Joseph Vernet revenue à son quasi désert et annonçant l'hiver,
pour, une demie heure avant le début du spectacle, trouver une file impressionnante (mais j'ai eu une bonne place) attente franchie entre Théophile et un grand trentenaire intelligent mais transbahuté... avant d'assister à Cap au pire de Beckett dit de magistrale façon, détaillé, épelé presque, et rendu sensible en ses moindres volutes, reprises, approfondissements par Denis Lavant, dans une mise en scène d'une sobriété intégrale de Jacques Osinski
portrait de Denis Lavant par Nathalie Sternalski figurant sur le site du Théâtre des Halles, comme ceci (pour ceux qui comme moi ne connaissaient pas le texte)
Le roman de Charles Kingsley célébrait les victoires de l’Angleterre. L’œuvre de Samuel Beckett avance dans le noir… Mais peut-être avec Beckett est-ce finalement aussi d’une aventure qu’il s’agit. Une aventure dans un cerveau. Le voyage d’un homme dans l’univers des mots. Cap au pire est une déclaration d’amour à l’écriture, une déclaration d’amour aux mots, même s’ils « assombrissent et enténèbrent » comme le dit Thomas Bernhard. Les mots restent.
Et pour avoir l'ombre d'une idée de ce que j'ai vu et entendu, une toute petite vidéo (commandé le livre que n'avais pas lu...)
que dire ? S'incliner et repartir un peu nourrie, après avoir vu dans le miroir des toilettes que j'avais (vieilles douleurs s'étaient réveillées) une tête furieusement becketienne

retour dans les rues qui vivaient paisiblement leur xième nuit de festival.

3 commentaires:

Claudine a dit…

l'approche prudente de la dame de l'admirable guerrier de Calvet

Arlette A a dit…

Autant en emporte ...les notes les mots et les intermèdes Demain est un autre jour Merci pour tes périples courageux et gare aux gentils pompiers secourables

brigitte celerier a dit…

Claudine , je crois qu'elle hésitait surtout à visiter
Arlette en ai rabroué un dans le jardin de Saint Joseph hier et nous avons ri