vendredi, juillet 21, 2017

Avignon – Festival – jour 15 – musicaux sujets à vif, église avec tableaux, Nour dans la révolution )

traces de pluie récente sur les carreaux de la cour et cette sensation tant désirée des fraîcheur un peu excessive de la carcasse issue des draps non bouleversés...
prendre coton un peu moins fin, manches mi-longues et gilet léger, et s'en aller sous le ciel redevenu bleu, dans une jolie lumière mais avec froid aux jambes.
Et m'en aller une nouvelle fois, saluant au passage la discrétion des affiches du Théâtre des Halles, tubes illisibles, vers le Lycée Saint Joseph, le jardin de la vierge
pour la troisième série des sujets à vif...
assise au premier rang, pour attendre, entourée, à droite et derrière par un groupe d'amis ou familiaux, très bon chic, assez gai, péremptoire etc... comme le sommes toujours en ce cas, et en me plongeant dans Théophile en prison, en tentant de ne pas écouter, de ne pas m'énerver de certains jugements (comme je l'espère ne ce seraient pas agacés des miens) tomber avec tout de même petit sourire (ai des côtés un peu outrecuidant et une tendance à la mise en case rapide, contrairement à ma raison et bonnes résolutions, ces jours-ci ou plus souvent peut-être) Ils sont presque tous issus de familles très honorables et, mis depuis longtemps à l'abri des coups du sort... Ils sont ces maîtres tout-puissants que l'Ecriture appelle magnifiquement des dieux, puisque, à leur gré ils refusent ou accordent à tout homme la lumière et la vie....totalement à tort de toute façon, puisque Théophile entend flatter ainsi les juges dont il espère que viendra sa liberté, et ne s'intéresse pas de près ou de loin à leur ouverture d'esprit en matière de littérature ou de spectacle...
Quant au spectacle, auquel, quand ensuite il a commencé, s'est déroulé, j'ai pris spécialement goût, surtout pour la première petite forme il comprenait
(photos de Christophe Raynaud de Lage)
Accents par David Somlo (hongrois, formé à la composition interdisciplinaire à Londres et à la sociologie à Budapest – créations où action et perception se fondent etc...) et Claudia Triozzi (formation danse classique et contemporaine... travail de recherche parallèle à sa carrière d'interprète, tableaux vivants présentés sur scène ou filmés pour être projetés dans des galeries...)
Présentation sur le programme
Le terme « accent » a trois acceptions. David Somló et Claudia Triozzi en voient donc six – au moins. La preuve par l'exemple :
1. Les accents ont une place particulière / Les accents peuvent être placés n'importe où
2. Excusez-moi je ne comprends pas votre accent / Oh, votre accent est sexy
3. Mon corps inscrit ses accents / J'ai essayé de mettre l'accent là, mais il m'échappe
ce qui donne : lui derrière un pupitre (intervention et distorsion de sons, dispersion, multiplication de source surtout en seconde partie), elle micro en main, italien (merveilleusement compréhensible par Brigetoun) et onomatopées, bruits, en bouche contre micro, une lointaine parenté avec le lettrisme, un peu d'Aperghis (pour trouver de vagues éléments de comparaison) et une vraie jubilation
et en seconde partie (ai juste un peu moins aimé, elles étaient très gracieuses et talentueuses, mais n'y avait à mon sens que trois ou quatre idées, menées à bonne fin... et surtout dans les derniers moments, quand la voix est intervenue, mêlée à des bruits de sirène, des chuchotements et ricanements sont venus s'ajouter à des prises de photo fréquentes à mes côtés.... me suis levée, ai regardé la fin contre le lierre, ai trouvé la suite bien meilleure) (Untitled) Humpty Dumpty de Sir Alice (dont j'avais modérément aimé une oeuvre, la trouvant un peu limitée, cet hiver et c'est un peu le reproche que lui faisais ce matin même si l'ensemble ne manquait pas d'unité et progression) et Cristina Kristal Rizzo (passée par Martha Graham et les studios de Merce Cunningham, cofondatrice du collectif Kinkaleri, se concentre maintenant sur recherche expérimentale en danse et chorégraphie)
« La danse n'est pas un langage, c'est de la danse. Le son n'est pas un langage, c'est du son. Vulnérabilité et magie sont l'essence de la création. » Un mouvement peut produire un son ; une vibration peut entraîner un geste. L'impulsion aurait-elle toujours une conséquence ? Sir Alice et Cristina Kristal Rizzo ouvrent un espace poétique pour jouer avec les sens en délaissant un temps la signification.
Et ma foi leur jeu gracieux avec leurs-comment-appelle-t-on-ces-cônes-évoquant-des-porte-voix-mais-émetteurs-de-sons-je-ne-sais... correspondait assez bien à cet énoncé
Retour dans l'antre, déjeuner, sieste, lecture, etc...

Comme chaque fois que j'avais décidé d'aller au Verbe incarné, cela tombait sur un de leur trois ou quztre jours de relâche, choisir autre programme m'ennuyait ou ça se combinait mal, suis donc partie un peu après dix sept heures, dans l'air lourd sous ciel nuageux, choisissant rues désertes ou quasi, vers la place des Corps Saints, où j'ai retrouvé peuple
et l'église des Célestins... j'avoue que j'ignorais tout de Ronan Barrot https://fr.wikipedia.org/wiki/Ronan_Barrot, que j'aime assez modérément l'affiche du festival de cette année qui est son oeuvre, mais la curiosité me poussait...
et j'ai été heureuse d'y avoir cédé, même si certains tableaux, comme les deux premiers rencontrés
le nautonnier (2010)
HOSTS (2017) me séduisaient assez peu.
et puis il y a eu, dans la même chapelle, vanity case et le petit carré en bas à droite, en léger relief
et ces grands panneaux dont j'ai aimé la plupart, comme celui, dont ne connais pas le titre dont vient ce détail...  alors n'ai pas tout photographié, mais un peu trop, et de ce que je ramenais j'ai fait un petit diaporama ou une vidéo
En sortant, dans la lumière revenue, vive et bleue, j'ai regardé la petite liste des possibilités de spectacles que j'avais retenues, et parce que le spectacle commençait dix minutes plus tard, parce que c'était le plus proche, que je ne le connais pas, suis allée au Gigalmesh-Belleville, n'ayant plus aucune idée de ce qui m'avait poussé à noter GB 18 heures 35 dans les yeux du ciel sauf, me semble-t-il, un avis favorable lu ou entendu quelque part 
(ceci dit je trouvais l'endroit juste assez décrépit, austère, fonctionnel et l'accueil assez discret et aimable pour m'y trouver bien)
Et dès les premières minutes, à cette impression de bruit favorable, s'est ajouté le souvenir d'avoir vu cette vidéo
Il s'agit d'une pièce de Rachid Benzine, joué assez formidablement par Marie-Sohna Condé, le monologue de Nour, prostituée, témoin du printemps arabe (avec quelques adjonctions de sons, radio donnant des informations, prises de parole de l'ami très cher, homosexuel et blogueur engagé dans la révolution puis heurté par la main mise des islamistes) – pour un bon résumé du spectacle http://www.avignonleoff.com/programme/2017/dans-les-yeux-du-ciel-s19137/

Plutôt contente de ce choix, j'ai allumé un cigare en sortant, yeux dans la belle lumière sur la collection Lambert, de l'autre côté du boulevard, me demandant si, comme j'en avais le temps, j'allais poursuivre par un spectacle désiré au Théâtre du Roi René... mais le cigare était une erreur, me suis retrouvée brusquement très floue, et n'ai eu d'autre ressource que d'avaler un peu de magnésium, de me réfugier dans le café qui fait le coin de la rue Joseph Vernet, devant un bitter San Pelegrino (brusque remontée de ma jeunesse, une envie qui ne m'étais plus venue depuis longtemps) avant de rentrer bien sagement dans l'antre.

3 commentaires:

Claudine a dit…

Les Barrot me plaisent bien

brigitte celerier a dit…

à moi aussi, heureuse surprise (et la photo les abîme un peu, gomme de la spontanéité du trait)

Arlette A a dit…

Silhouette juvénile entrevue