jeudi, juillet 27, 2017

Avignon – Festival – jour 21 – rien que les Atrides, les jeunes

vaquer tranquillement, un rien superficiellement, le matin
déjeuner rapidement, inaugurer une robe toute simple mais qui restait pendue, auréolée de son état de neuf et de la boutique autre que Monoprix...
et m'en aller, m'arrêtant au passage devant la chapelle Saint Charles où a lieu (en liaison avec deux expositions chez Vouland et Angladon organisées par EDIS sous le nom de Hortus 2.0) en liaison avec Seconde Nature et Hesalab 'aucune idée de ce qui se cache derrière ces noms, Pleasants Places, consistant en vidéos de jardins calmes, qu'il faudra que j'aille revoir un jour de stress mais de temps à perdre, passe que là me suis arrachée de peur de rester en contemplation béate,
parce que c'était avec une motivation en légère baisse que me dirigeais les quatre derniers fragments (si gros fragments que sont plutôt de courtes pièces) des Atridi, Otto ritratti di famiglia...en espérant que le traitement par les jeunes auteurs, en voulant renouveler le regard sur les mythes anciens ne tombera pas trop (pas toujours évité dans les trois que j'ai vus pour la première partie, sauf sans doute, grâce au lyrisme, par Roccardo Bonino dans Agamemnon) dans la toile cirée, le trash et le comique de cabaret de médiocre niveau... une familiarité avec le mythe a toujours existé mais en gommer tout à fait les traces de sacré les tue et fait sombrer ce qu'ils contiennent de sens sur la vie humaine, et qui est éternel...
Tout le début d'Oreste (deux photos de Christophe Raynaud de Lage , c'est le seul des huit fragments qu'il ait photographié) que je suppose être d'Antonio Latuada puisqu'aucun nom n'est spécifié, la plus longue des quatre pièces (1 heure 50) est pris en charge par Oreste qui joue à la fois le metteur en scène survolté, brisant le jeu d'Electre assise face à lui de chaque côté d'une table, tout en jouant Oreste bien entendu survolté et anéanti, révolté par le sort qui a fait de lui l'assassin de sa mère, ressassant les faits et chaque fois qu'il cite l'un des autres personnages, ce dernier, installé au fond du décor se dirige vers et ouvre une porte au milieu de nulle part (enfin sans murs la prolongeant) entre cette réserve de personnage et la table d'Oreste, dit un mot ou non et se voit prestement renvoyé par Oreste-meneur-de-jeu.. et j'avoue qu'au bout d'un moment c'est extrêmement lassant (enfin ce l'était pour moi)
recherche d'une solution avec Pylade, Electre et Hermione (qui joue les jolies gourdes avec virtuosité... d'une façon générale mes fortes réserves sur ce spectacle n'ont rien à voir avec la qualité de jeu, le travail, le talent des interprètes)
et puis le dernier quart d'heure pendant lequel, sous l'oeil d'Appolon juché sur le haut de la porte et me cachant ainsi les sous-titres juste au moment où je n'étais plus en état de m'en passer avec plus ou moins de facilité, il semble qu'entre Oreste et Pylade le tragique s'installe, la bouffonnerie est oubliée et que ce soit le meilleur moment (malheureusement carcasse exigeait une sortie rapide et comme j'étais au milieu du premier rang, mes genoux quasi en contact avec la tête d'Oreste je n'avais d'autre choix que de me crisper sur mon attente (navrée, les spectacles sont reçus avec toute la trivialité du corps)
pendant le premier entracte d'une demie-heure une envie d'abandonner, freinée par le sentiment que la fin aurait dû me plaire davantage et par un désir de leur rendre justice.
Pendant une grande partie des Euménides (une heure) qui suivaient (auteur Martina Folena) une langue pleine de tâtonnements, répétitions, avancées par petits blocs qui me séduisait, une petite baisse de tension et puis un beau final avec les acteurs au sol, chantant en choeur (vous assure c'était bien) et je décide, bon je reste
un entracte pendant lequel je papote avec une charmante femme mon ainée de quelques années (je vois mon âge, j'attire les jeunes pompiers, et les plus de soixante dix ans)
Heureuse de l'avoir fait, et surprise du changement de tonalité avec l'Iphigénie en Tauride (une heure quarante) de Silvia Rigon, plateau nu à l'exception d'un télescope, et une grande partie de l'action consistant en un dialogue philosophique entre Iphigénie (excellente) et son roi et professeur Thoas, sur la science, et le poison qu'elle représente amenant responsabilité, pouvoir, injustice, violence etc... mort ou inutilité des dieux. L'arrivée de Pylade et Oreste est traitée avec des moments d'humour léger, le jeu reste relativement sobre et chorégraphié.
Nettement plus en accord, et reconsidérant ce que j'avais moins aimé à l'aune de cette petite réussite, ai décidé d'affronter l'entracte d'une heure grâce à une infâme barre chocolatée, au ciel et aux deux premières pages du canard enchaîné (pas mal bavardé en outre)
et d'assister à la dernière heure et à la Chrysothémis de Linda Dalisi, le dernier enfant d'Agamemnon et Clytemnestre, la petite, celle qui regarde et écoute (et qui là, seule avec le spectre de son père devant une table mise pour tous les personnages, se souvient, sourit, décrit ce qu'ils sont en train de faire – et que bien entendu ils ne font pas, et finalement se révolte doucement contre ce monde qui ne voit pas et ne fait pas place aux jeunes) avant que peu à peu tous viennent s'asseoir, réconciliés, pendant que son père la berce...
suis partie au quatrième salut, parce que tout de même non pas de grand enthousiasme, et rentrée doucement.
Mis morue à cuire pendant qu'enregistrais photos, patates pendant que notais ceci tant bien que mal.
Restent amas à repasser, teinturier, halles et off, on verra.

4 commentaires:

Claudine a dit…

J'admire tous les spectateurs athlétiques de ce double spectacle

brigitte celerier a dit…

c'&tait qiadruple et moi et mon amie éphémère de 80 ans nous étions assez peu athlétiques... (sourire)

jeandler a dit…

Tout est dit et c'est fini
tirons le rideau.

brigitte celerier a dit…

ben non... ménage (attendra- repassage (pile croule mais attendra- et encore quelque 800 spectacles dans le off