mercredi, août 23, 2017

entêtement


Temps clair, température bienveillante et Brigetoun creusant mentalement le sol, le monde, pour trouver abri à la hauteur de son moral (décisions que ne veux pas prendre, attente déçue dont je me défends – hors internet).
Les yeux dans l'éclat et le bleu pour noyer le vague à l'âme, s'intéresser avec distance à ce qui n'est pas mon petit moi - shame on me - et en rester, navrée si je décourage les passants et les raréfie, aux deux dernières expositions, chercher comment nourrir mes impressions pour m'en nourrir moi-même un poco, mais ne garder pour paumée, à part les images malheureusement assez indignes de ce que croyais voir, que quelques mots, avec tout d'abord les salles consacrées à la vie secrète des plantes.
Dans le cadre ou à propos des 40ans du Centre Pompidou, exposition à Avignon des dix grands tableaux (toile, branchage, gesso, fil de fer, plomb sur châssis) ainsi dénommés d'Anselm Kiefer offerts en 2003 par Yvon Lambert, auxquels ont été associés, dans les premières salles, par les conservateurs avignonnais des oeuvres de Kiefer issues du fond, grands panneaux presque monochromes qui ne peuvent être reproduits correctement leur vie sous la lumière ne pouvant être captée et le résultat étant sombre, uni, mort, ou détails décapés tout aussi morts,
quelques petits tableaux, dessins et esquisses,
les reines de France, la grande robe blanche sur lit de fleurs qui était associée dans l'exposition sur Chereau à la section Reine Margot
deux grands panneaux verticaux avec végétaux,
ainsi que des oeuvres de proches :
de Josef Beuys, qui fut à Dusseldorf le professeur de Kiefer, notamment un tableau d'école portant une leçon abandonnée "écologie and socialism"
et des petites sérigraphies
de Lothar Baumgarten, élève lui aussi de Beuys, http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=LotharBaumgarten
Shaiprabowe héliogravure et sérigraphie sur papier où se superposent à l'image d'un pagayeur des noms de tribus, d'autres de panneaux unis ou parquetés semblablement marquées dont j'ai surtout retenu le plaisir sensuel du contraste entre le fond marron et les lettres, et leur disposition
et une série de photos,
et de Wolfgang Laib, que Kiefer aime et admire particulièrement, qui a déclaré la nature et la beauté sont une même chose. Je ne peux rien créer d’aussi beau que la nature, entre autres, deux maisons de riz (toutes petites, métal, avec bois, et du riz en bordure répandu) entre reliquaires ou tombes lilliputiennes
et un grand escalier abrupt en bois et laque de Birmanie
Et puis, après avoir traversé ces salles, jeté un coup d'oeil par une fenêtre dont n'avais pas compris tout de suite que les vitres étaient teintées et cru à une nuit précoce posée sur la cour de l'ancienne école d'art, suis arrivée à la très haute salle intérieure qui a été réservée
à la vie secrète des plantes
plaisir d'une pause prolongée en contemplation solitaire
avant de déboucher dans la clarté de la grande salle en L et dans les couleurs joyeuses, les formes de Keith Haring, et d'y circuler en souriant pendant une petite demi-heure.
- ma foi pour que le billet soit un rien moins long et dissuasif et parce que face à lui je reste entre interrogation souriante, avec ou sans ironie et plaisir immédiat des formes et couleurs, en joie mordante, avec un peu de tendresse, j'ai réuni les quelques photos prises en un très court diaporama
- et puis, suis descendue par l'escalier enclos dans la verrue blanche, 
ai aperçu par la fenêtre la sculpture que je rencontre depuis un peu plus d'un mois en longeant le boulevard, traversé vertueusement la librairie et les tables de la cafétéria/restaurant et m'en suis allée

C'EST FINI (enfin jusqu'à ce que je retourne, mais plus tard, visiter le sous-sol)

10 commentaires:

jeandler a dit…

L'image du grand escalier me subjugue....

Dominique Hasselmann a dit…

Le tableau d'école est un "ready-made" tout à fait intéressant. L'art est un long apprentissage...

brigitte celerier a dit…

l'escalier on le prend dans l'oeil en entrant

Dominique, le côté frustrant c'est que je n'étais pas en mesure de déchiffrer la leçon - sauf Kapital

Godart a dit…

Oui à votre entêtement, déplore seulement le vitrage systématique des peintures.

brigitte celerier a dit…

le fait est que... avec en outre les rangées de tubes en plafond
gênant pas uniquement pour les photos

Arlette A a dit…

Jadore aimerais y aller avec emballement de ses oeuvres à Paris au Grand Palais en 2007 et Pompidou Merci cela me comble surtout avec un retour difficile

Marie-christine Grimard a dit…

Gardez bien ce entêtement pour nous !

brigitte celerier a dit…

Arlette moi je serais bien allée à Paris
il y en a toujours un ou deux quelle que soit l'exposition ici, Yvon Lambert a été un des principaux soutiens en France au départ

Claudine a dit…

Que c'est beau les Anselme Kieffer ! Comme les Soulage. J'espère avoir le bonheur un jour d'en voir.

brigitte celerier a dit…

Je crois que, de plus en plus, on en trouve dans la plupart des musées de villes importantes