jeudi, octobre 12, 2017

Parcourir le rez-de-chaussée du cloître

Comme la radio annonçait que la France était ensoleillée et bleue, pour nous distinguer, des nuages sont venus coloniser notre bleu adouci ce mercredi matin et, quand je suis sortie dans l'après-midi, j'avançais le long de la rue Joseph Vernet entre des grands mouchoirs bleu doux entre de grands champignons blancs et des accumulations en dégradé de gris souris au blanc, face à une zone blanche fracturée de zones bleutées...
en direction du Cloître Saint Louis.
J'en ai ramené, bien entendu trop de photos, plus ou moins réussies, plus ou moins loupées (oeuvres délicates ou photos à l'équilibre fragile et sous verre).. et j'en resterai aujourd'hui au premier espace, le plus petit, au rez-de-chaussée.
Avec, sur le mur côté cloître, une série de grands panneaux de Cluca auxquels, malgré leur appel, j'ai tourné le dos,
pour regarder, grand goût avais pour elles, les trouvait fascinantes, les photos de Michel Augé (Malaucennes) et j'ai découvert avec un peu d'effroi que je les massacrais littéralement (suivez le lien vers son blog http://michelauge.canalblog.com/ pour en avoir une idée plus exacte), devant le photographe qui assurait l'accueil.
Sur le programme du Parcours
Ces prises sont des reflets fugitifs de la mémoire.
Je crois même sincèrement que ces photos n'existent pas, puisque l'instant n'est pas vraiment fixé.
Il ne reste qu'un moment de réalité fugitive mêlé à un bout de rêve, à des souvenirs d'enfance...
Le flou, le bougé, la mise au point approximative, le grain, me conviennent bien...
Photographies suivies, au fond de la salle, après avoir dépassé et salué, au centre de la salle, une oeuvre de India Leire déjà rencontrée aux Célestins,
par celles, plus faciles à photographier, et presque autant malmenées d'Aline Isoard (Perrigny)... quelques unes, elle a une autre exposition dans une librairie galerie où n'irai sans doute pas, avec l'âge suis devenue pour ces endroits... mais on peut les voir plus correctement sur http://alineisoard.com/
Nous sommes tous de grands consommateurs d'images sur route.
De l'intérieur d'un véhicule, j'attrape au vol les images que nous croisons, pointillés dans la bande passante d'un parcours.
Grâce à la dépigmentation photographique, je souhaite montrer que dans le banal quotidien se trouvent poésie et discours sur nous-mêmes..
Et puis suis revenue vers la porte de contemplation en contemplation, remontant l'histoire qu'elles semblaient esquisser devant les oeuvres de Cluca (Lauris) https://www.cluca.org/
Il y a peu, je lisais un article sur les quêteurs de photographies, abandonnées sur les étals des brocantes, nommés «anthropologues de l’ordinaire». Ironie, je savais le lien ténu entre mes études en socioanthropologie passées et ma pratique artistique. La photographie comme source atemporelle se réinvente à travers mes peintures empreintes de l’imaginaire et des faits que je leur prête. Marqueurs sociaux, les poses et postures des corps content une histoire mêlant identité individuelle et mémoire collective – un entrelacs suscitant autant de questions inspirant la peinture en cours.

Et je n'ai pensé qu'une fois à lire le cartouche, découvrant ainsi la saveur des titres, au moins pour le petit tondo rond intitulé En découdre avec la poudre aux yeux.

8 commentaires:

Claudine a dit…

Le fer à repasser de Cluca, c'est trop bon ! et ce jaune ! Excellent
Les photos souvenirs fugitifs sont aussi magnifiques

brigitte celerier a dit…

pas faciles à rendre... mais surtout aimé ce qui emplissait le premier étage, en espérant ne pas avoir trop massacré..

Dominique Hasselmann a dit…

Les photos sous verre se défendent des autres photographes... qui leur ajoutent des reflets personnels : manière de partage !

Arlette A a dit…

Bien souvent la photo et ses reflets ajoutent une autre dimension à notre regard
Merci pour cette visite

brigitte celerier a dit…

et puis les photos qui jouent sur le flou rendent encore plus difficile cette capture

Godart a dit…

Sentiment en voyant vos reportages, qu'il se passe toujours quelque chose à Avignon en dehors de son festival. Face à la multitude des propositions culturelles à Paris où parfois l'on se perd, le choix plus restreint permet peut-être une moins grande dispersion et une meilleure appréciation qualitative. Du moins votre quotidien nous en donne-t-il l'impression..

jeandler a dit…

" des reflets fugitifs de la mémoire " : j'aime !

brigitte celerier a dit…

Godart cela me semble évident, même si je sortais très souvent à Paris et la dernière année j'ai jeté un peu moins de cinquante billets, n'étant plus en état, sans compter les galeries et expositions (mais en fait je n'assiste pas à tout ici loinde là-