dimanche, décembre 10, 2017

avec un conteur

Jour de froide et forte lumière.
Sur France Musique plusieurs émissions en hommage à Pierre Henry, pour le second des deux jours consacrés à l'anniversaire de sa naissance (le 9 décembre 1927)... avant de partir, en début d'après-midi, vers Clavet pour écouter,
en lien avec l'exposition des sculpteurs africains, et des oeuvres d'Ousmane Sow exposées provisoirement dans ce musée, un conteur Thierno Diallo, avec quelques interventions de la musique de Sébastien Béranger, interpréter, alliant tradition et monde contemporain, deux contes d'Afrique de l'ouest, une façon de découvrir le Pékâne
Le Pékâne est une poésie orale en poulâr chantée a capella par des Soubalbés, c’est-à-dire les pêcheurs du Fleuve Sénégal. Le Diârâlé est couramment défini comme de la poésie descriptive. Il s’agit d’une poésie ancrée dans un territoire local qui retrace l’itinéraire des poètes circulant au bord du fleuve Sénégal. Cette dimension géographique fondamentale a orienté le choix d’un cadre théorique particulier, celui de la géopoétique, qui n’a pas encore été mis à l’épreuve pour étudier le Pékâne et ses différentes composantes. selon https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01368959/
deux récits :
d'abord l'histoire de Sékou Balli, un beau jeune-homme, trop riche, qui décide de se marier malgré les présages, de sa femme exigeante, d'un monstre, et beaucoup, beaucoup d'autres choses avant la fin tragique, tranquillement, logiquement s'il y a une logique aux contes.
et c'est le plaisir de la mise en place, le conteur revenant de France dans son village et rencontrant un vieux sage, la voix lente avec des blancs qui commencent à créer le monde autre, et puis le conte avec parfois les phrases lancées par un bout de phrase répétée, avec l'intervention irrégulière d'un refrain, avec les passages du phrasé rythmé au chant parlé, les inflexions, et les grandes mains dont les gestes accompagnent la parole.
une courte pause assise, et puis, debout, retour au conteur venu de France dans son village près de Dakar, aux amis et au récit des départs manqués, à la réponse «que ferais-tu à ma place ?» quand il s'étonne des risques pris pour un avenir sans grande chance en Europe, aux mères qui tentent de s'organiser pour que cessent les départs, à son embarquement vers Paris en croisant ceux qui sont ramenés en avion...
avant le parcours de Balla Diéri, qui découvre, en étranger, la vie des pêcheurs peuls, ce que lui font subir les hommes, le soutien de la femme du chef et de la fille – je la voyais charmante dans ses mots – Ariane sénégalaise et la fin heureuse.
Pendant que cuisait le déjeuner, ai fait une petite recherche, et parmi d'autres vidéos, j'ai découvert (mais pas écouté tout de suite, pas le temps et puis préférais l'entendre d'abord «en vrai») un enregistrement de l'histoire de Balla Dieri (mais en un peu moins bon, du moins je trouve)
Brigetoun aime les contes-épopées, les conteurs-chanteurs, et souriait de plaisir dans notre tout petit groupe.

Et puis un retour dans le jour qui s'enfuyait déjà.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Un conte de Noël, le sénégalais se comprend facilement...

Arlette A a dit…

Aime sourire seule quand suis touchée aussi

brigitte celerier a dit…

dans mon ignorance grande, je ne sais si c'est du wholof ou une autre langue, mais il y en avait très peu (sourire)
à part cela on était en francophonie

brigitte celerier a dit…

Arlette, surtout quand on est au milieu, au premier rang, mêle si on sait que le conteur ne vous voit pas

Claudine a dit…

magnifique

brigitte celerier a dit…

merciiii

jeandler a dit…

Rien de plus beau que sourire.