lundi, mars 12, 2018

Un jour qui passe

Les belles fesses
rebondies de mon amie
et la poussière
pas mon amie, ne sais si elle en serait d'accord, mais mon totem, enfin le voudrais, me manquent jeunesse, dos droit, rousseur et peau blanche, et ces fesses... même si, depuis que vis assise, j'en ai maintenant des fesses, mais pas tant, amis, pas tant, s'en faut de beaucoup... enfin c'est plus facile, prennent moins la poussière – un sourire en passant, en promenant chiffon sur fond de France Musique, sans grand intérêt à ce moment mais tant pis, pour mettre fin aux ratiocinations, à la brusque remontée de sens des responsabilités qui me faisait penser à mon avenir, tournant des idées, décisions dont je ne voulais pas, qui se heurtent, même désagréables, à des obstacles difficilement surmontables – et suis privilégiée, enfin un peu - décidant finalement, puisque, excuse, ne pouvais rien dans l'immédiat, d'autant que ne savais m'y résoudre, de remettre ma tête d'autruche dans le sable, et pour cela passant faubert en me passionnant pour les irrégularités des teintes des carreaux, chiffon pour le relief saillant et attrape-poussière des fesses de la petite bonne femme de Titou http://www.titouvergier.com (rêver une seconde aux deux petites oeuvres très différentes de peintres très différents, pas chères mais non, pas sage ce serait, dont j'ai envie en ce moment chez Ducastel... pas grave aurai d'autres envies, mais ce petit regret futile gomme le reste, qu'est pas si grave mais me tarabuste) ou sur les panses du service à thé, en m'appliquant pour l'organisation des bidules sur le séchoir, en me monopolisant sur mes mains et le shampoing sur mes cheveux, et en triant le repassage à faire plus tard, avant de passer le jour, dans l'antre, pendant que le ciel sur la cour soulevait un peu son molleton blanc et se creusait de grands lacs bleus qui se sont élargis en mer légèrement moutonneuse, que les branches de mes pauvres plantes me faisaient par moment, quand passais devant porte fenêtre, des gestes désordonnés, faire un cocktail d'Ovide traduit par Marie Cosnay et de poèmes chinois traduits par André Markowicz sous les quatuors de Mozart ou de feuilletage de vieux numéros de la revue du Louvre (les survivants... ai donné des années à ma voisine de palier à Paris, qu'elle a accepté avec l'émerveillement d'une poule trouvant un couteau) en écoutant un vieux DVD de l'Orfeo de Monteverdi dirigé par Harnoncourt.

Enfin en gros et le jour est passé tout rondement. Passionnant n'est-il pas ?

7 commentaires:

casabotha a dit…

Le jour où je redeviens poussière, je viens chez vous.
L'Orfeo de Monteverdi, ya bien pire.
Jour fessu, jour repu...en somme.

Dominique Hasselmann a dit…

Si Gustave s'était appelé Faubert, le monde littéraire lui aurait sans doute dit : "Du balai !"... :-)

brigitte celerier a dit…

Dominique là c'est un une qui le lui a dit (enfin presque)

Claudine a dit…

La belle de Titou ainsi proprette endimanchée

Arlette A a dit…

Faubert.. .connaissais pas ce balai là

brigitte celerier a dit…

ben justement non pas tellement le rebond des fesses je n'y pense pas toujours et puis vais doucement pour pas qu'elle tombe et comme la surface est grenue j'ai m'impression qu'elle est moins nette que le reste

brigitte celerier a dit…

Arlette, disons : un lave-pont