dimanche, mars 11, 2018

Croyais n'avoir rien à dire

ciel morne, carcasse entre flou et gribouillis, la décision d'aller voir, parce que le cloître Saint Louis, parce que le titre, parce que des photos de petites créatures blanches sur la page Facebook de Caroline Gérard, devient moins pressante (j'irai certainement avant le 30 mars, alors imitant en moins pertinent le billet de Dominique Hasselmann https://hadominique75.wordpress.com/2018/03/10/miettes-agrandies-dun-jour-1-2/ une cueillette vraiment au hasard au fil de ma boucle remparts/poubelles, cigares, retour
au fil du chemin
des détails de la ville
ciel gris sur blanc-gris
et pour le reste du jour, déjeuner, saluer le bleu semé de blanc au dessus de la cour, sieston, tilleul et puis lire plusieurs articles du Monde Diplomatique, un peu d'Alternatives Economiques et m'installer avec mon kindle pour déguster Lieux de Daniel Bourrion https://www.publie.net/livre/lieux-daniel-bourrion/, aller, en train, en auto, non sans détours dans les saisons, les ans, les morts etc... vers la cuvette dans le plateau, la maison... Il est tard déjà. Dehors, c'est un visage et son propre visage qu'on voit se refléter dans la vitre parce qu'on a fini par arriver, prendre le dernier virage qui juste au niveau du cimetière fait une bascule surprenant chaque hiver le pressé qui finira sa course au fossé, rarement avec plus de dégâts que quelques tôles mâchées sur les bords de la boue, la courbe traîtresse se faisant aider de plus par le verglas quand elle le peut pour déclencher quelque accident, rien de méchant le plus souvent, donc, juste de quoi maintenir une tradition permettant de sortir le tracteur dont il est à se demander s'il sert encore pour d'autres tâches, d'autres labeurs, afin d'aller remorquer l'imprudent, lui faire la leçon, le laisser repartir mais doucement cette fois, chat échaudé etc., ralentir devant la maison toujours connue, s'extirper de l'habitacle, tirer du coffre les sacs qui sont ce qu'on emporte de soi lorsque l'on craint un peu de se perdre soi-même, remercier le conducteur, sonner... et Brigetoun, se demandant pourquoi diable c'est ce passage ci, mais pourquoi pas, qui l'a arrêtée, même pas au quart du texte, pour le recopier, continue, suit, en freinant parfois, revenant le long des lignes, le mouvement des phrases, en écoutant, pas trop fort pour se marier sans s'imposer aux mots, en décalage mais bon accompagnement, passages de Ravi Shankar et Philip Glass (long et lent)
(et puis Ravi Shankar avec Menuhin etc...) continue en suivant le mouvement des phrases, dans ce lieu, la maison, le village de maintenant et les maisons d'avant, d'avant l'écrasement de la guerre, les gens et les gens d'avant, la vie matérielle de ce-là vers lequel on est venu, le présent et toujours le passé qui revient avec, et le basculement dans le futur, les bois, la toponymie, etc... (à vous de découvrir le etc.. qui est, saveur douce ou rude, les formes que prend le temps) jusqu'à, dans la nuit tombée, fermer le kindle parce que c'est la fin, qu'il est temps d'éplucher les patates, de faire un tour sur internet, sans les oublier les patates sur la plaque, comme hier (mas pas grave).


11 commentaires:

casabotha a dit…

Vous avez un bon oeil pour les photos. Ravi je l'ai vu (entendu plutôt), mais il était avec sa fille et la laissait jouer (grrr). Vous avez retrouvé la patate :)

Claudine a dit…

Je ne voudrais pas finir patate chez un fin lecteur

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour tout ce que vous pensiez ne pas avoir à dire :-)

brigitte celerier a dit…

Claudine, ni casserole

brigitte celerier a dit…

Marie-Christine vous conseille, si ne l'avez lu, le texte de Daniel Bourrion

Laura-Solange a dit…

Ai beaucoup apprécié le livre de Daniel Bourrion moi aussi! C'est une dégustation à faire tranquillement...

Dominique Hasselmann a dit…

Vous m'avez fait penser à mon sitar rapporté de New Delhi et qui, hélas, n'a pas supporté à la longue les pointes de froid parisien...

Je n'ai donc pas eu le temps de finir de lire le discours de la méthode !

brigitte celerier a dit…

me suis installée en m'attendant à goûter le fond et la forme (sourire), et n'ai pas été déçue

brigitte celerier a dit…

je ne savais pas que les sitars étaient aussi sensibles… le pauvre exilé

Christine Zottele a dit…

Ce sont ces patins à roulettes dorés qui me font sourire: j'imagine une Brigitte élégante ainsi chaussée roulant sur les pavés avignonnais pour gagner du temps sur les corvées et prendre du temps pour les photos expos concerts...

brigitte celerier a dit…

et discrètement chaussée…. mais j'ai un peu peur qu'en fait ce soit lentement et le derrière en arrière