mercredi, avril 11, 2018

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Devant mon café, sous la douche, en faisant lessive, en donnant un coup de fer à un vieux chandail et un pantalon de velours légèrement fripés par le rangement anarchique de ma penderie, m'adressais à notre président, le sermonnais du haut de ma sagesse, tentais de lui faire comprendre les bases de la vie et de la République, et puis, avant que la rage m'affaiblisse, ai empoigné mon couffin vide et m'en suis allée dans les rues, qui avaient gagné lumière et perdu un peu tendresse, joues fraîches dans la brise, nuque roucoulant dans l'air adouci par un tournant de rue,
ai salué les petites fleurs issues des serres municipales pour nous faire coin de campagne printanier, heureuse de l'amélioration de carcasse, des pieds et jambes qui n'étaient plus que légèrement douloureux et consentaient à me faire démarche droite et presque ferme...
ai rencontré des jeunes femmes nues qui hésitaient entre vêtures, pensé qu'il faudrait que je m'en occupe, plus modestement bien entendu, mais ma foi le chandail et le manteau léger m'étaient toujours agréables et ma flemme de belle taille...
le printemps s'étalait joyeusement sur les stands, les clients étaient rares et aimables, me suis autorisé quelques petits plaisirs, et comme il n'y avait plus de bidon d'huile que de trois litres, trop lourds pour moi, me suis contenté d'un litre
ce qui me laissait place et force pour un petit hortensia soldé qui durera ce qu'il pourra mais me fait fête
mais suis passée sagement entre les étals des brocanteurs de la place...
Les petites feuilles délicieusement jeunes contre le bleu du ciel me faisaient rêver d'avoir même candeur
et le vent léger jouait avec les masses blanches, les effilochait, les modelait, les fronçait, en faisant écharpes transparentes (les a aussi laissé se réunir un peu plus tard pour une petite averse)

Me suis replongée dans les délices du fonctionnement si merveilleusement démocratique de l'assemblée et la langue si claire, directe, sincère, de nos maîtres, dans l'après-midi.

9 commentaires:

casabotha a dit…

Carcasse sait faire bouger la machinerie des os quand elle le veut cette capricieuse structure.

brigitte celerier a dit…

ele aide un peu les bonnes résolutions (tabac)

Arlette A a dit…

Nuque roucoulante !!!Et naïveté en espérance des petites feuilles Voilà un programme des plus réjouissant en ces jours d'incertitude
MERC

Arlette A a dit…

Désolée Merci pour le ratage du matin

brigitte celerier a dit…

en fait de ratage… on dirait du Brigitte

karim a dit…

vous avez en vous, bien sûr, cette candeur des jeunes feuilles, et la faites verdoyer, chaque fois que le printemps (la nouveauté de la vie) vous atteint (c'est-à-dire : chaque jour, comme le donne à voir ce blog) -
et il me semble que vous avez acquis, par longue science, le pouvoir de sentir et dire (ou était-ce inné ?)

Godart a dit…

Photos caressantes et air cristallin.

brigitte celerier a dit…

Karim, j'aimerais bien mais il y a aussi beaucoup d'auto-persuasion… puisque je décide de durer, faut bien que je me facilite la chose

brigitte celerier a dit…

Godart c'était occasion à saisir, aujourd'hui l'est pesant et humide (sourire)