lundi, avril 16, 2018

Le joli petit caillou du jour

matinée lavage cheveux, sols, retrouver vieux pinceaux séchés et de basse qualité, leur faire un petit bain pour tenter de retrouver leur piètre pouvoir, au moins, etc... etc... écouter bruit du monde, l'engueuler depuis la cuisine, sentir l'air attiédi et penser faudrait me lancer dans changement vestiaire, comme à une idée qui passe en volant très vite avec des ailes déplumées – exploit en soi-même que je respecte tant que ne cherche pas à intervenir –
et partir, un peu ensommeillée sans raison, mais avec petit plaisir paisiblement anticipé, faire les quelques centaines de mètres qui me séparent de l'Oratoire, en découvrant que le bleu tentait une percée
et m'installer vers le fond, regarder l'harmonie en blanc sali, gris bleu et rose violacé, prendre une leçon de calepinage avec les voutes variées, attendre puis écouter un tout jeune, tout charmant, tout bon claveciniste, Justin Taylor
dans un programme Bach (tocata en mi mineur, et la fantaisie chromatique, mer frisée sous la pluie au petit jour levant avec quelques accords pour de nouveaux friselis), Rameau (quatre airs de la suite en la mineur et les deux dernières et belles de la suite en sol mineur, la mélancolie souriante de l'Enharmonique et l'Eclatante Egyptienne), Sweelinck avec la fantaisie chromatique ou comment avec quelques notes descendantes obtenir variété solidement construite, Scarlatti et une sonate, pour finir avec le virtuossime, savant et détesté de moi fandango de Soler.
en bis, pour calmer après cet éclat Couperin, en second bis un Forqueray, puis je n'ai pas compris quoi et le plaisir était là.
Comme n'avais de ces compositeurs que l'enregistrement d'autres oeuvres que celles données, proches mais différentes, et que ne savais que choisir parmi eux, surtout les deux premiers, ah et puis Scarlatti, et puis..., pour l'entendre ici ai choisi une petite vidéo où il joue la musique d'un autre compositeur aimé Jean-Henri d'Anglebert et une sarabande grave
et puis, dans l'antre, parce qu'avant de partir, j'avais découvert sur Facebook qu'il était mort samedi, pour un adieu, écouter un peu de mon cher vieux coffret de Jean-Claude Magloire et la Grande écurie... dans Platée de Rameau, en lisant le beau les encombrants de JY chez publie.net https://www.publie.net/livre/les-encombrants-jy/
Dans ce conduit dévasté
les souvenirs retournés,
défigurés,
désoeuvrés,
ont perdu leurs reflets,
leurs traces.
Assemblés en pourparlers avec leur origine
ils cherchent la raison de leur présence.
Ils doutent des lieux de leur naissance,
de leur histoire lointaine.
Le sommeil,
lui, ne résiste plus à aucune charge nocturne
et l'équilibre est pris au piège du vertige…
et re-lire le non moins beau texte du lecteur qui ouvre le livre, où on appelle Régy, Pontalis, François Perrier et d'autres, des souvenirs de ce que peut être le théâtre, des creusements du texte
Alors de la mélancolie qui origine les encombrants, nous emprunterons à François Perrier la notion de «douloir» qui autrefois tramait douleur et le désespoir comme un deuil qui n'arriverait pas à se réaliser, à se penser, à s'accomplir... Le douloir peut se décliner en «se douloir» ; on peut donc s'en pro-nominer. S'en miner la santé par un mal inépuisable.

9 commentaires:

casabotha a dit…

Vous oubliez de dire que vous avez aussi nettoyé le ciel.

brigitte celerier a dit…

comme c'était très imparfaitement fait, ça aurait pu être moi en effet, mais je n'y suis pour rien, suis pas assez grande (et de moins en moins)

casabotha a dit…

Les nuages ne sont pas la poussière de la moquette céleste. Pas besoin d'être assez grand, le ciel s'abaisse pour ceux qui lui font la joie de le laver.

Claudine a dit…

Quelle belle musique, vais me faire plaisir avec la vidéo.

brigitte celerier a dit…

casabotha heureusement je déteste les moquetted
Claudine merci

Arlette A a dit…

Sarabande au coeur triste d'un manque certain

brigitte celerier a dit…

oui mais si bellement

brigitte celerier a dit…

j'avais mal… suis à court de traitement et avec la durée du tour des spécialistes ai pas vu le temps passé, vais devoir affronter encore trois ou quatre jours sans médicaments… mais le plaisir m'a maintenue sur ma chaise

jeandler a dit…

Un grand serviteur de la Musique est parti au ciel. Hommage à lui.