samedi, mai 12, 2018

Amélioration de l'humeur

Tomber dans le jour avec une innocence de nouveau-né, une interrogation joyeuse, et peu à peu, écoutant, pensant ou plutôt réagissant sans trop de réflexion, me laisser envahir par une mauvaise humeur, un dégoût du monde et de moi...
Sortir dans la ville et s'imprégner, inconsciemment, au fil de la marche, par la pureté du ciel, l'amabilité et la modération de l'air, et puis quelques ombres dessinées, la lumière traversant des feuilles, les couronnes vertes parcourues de risées,
Céder à l'auto-indulgence, négliger corvée et chez le petit marchand de légumes et autres de la rue des Trois Faucons, remplir, en petite danse d'évitements avec deux autres vieilles courtoises, un panier de petits plaisirs
Pour achever de retrouver visage serein et souriant rencontrer un ami...
et retrouver, en arrivant sur ma place, l'évidence profonde du ciel avignonnais quand le veut bien (en profiter... parce qu'il devrait nous quitter dans les jours à venir).
Dans l'après-midi, tourner une page de mon agenda et redécouvrir qu'un concert est prévu dans la soirée, à temps pour changer de pantalon, faire un chignon, le défaire,
et monter vers Notre Dame des Doms
attendre avec une petite troupe (dont un couple de mes contemporains qui m'ont aimablement retenue au moment où piétinant un peu je trébuchais, et m'ont conseillé d'adopter comme eux une canne ce qui me tente fort, au moins pour l'allure) vêtue mi en été mi en hiver (à cause de la fraîcheur des voutes)
pour m'installer dans le premier quart de la nef, et assister à un concert réunissant deux organistes à l'orgue doré et à l'orgue de choeur, le choeur de l'opéra et cinq solistes dont Ludivine Gombert soprano, presque mezzo et de plus en plus bonne, Albane Carrère mezzo, Alfret Bironien ténor (bon je n'aime pas les voix de ténor), un baryton à la belle voix de miel sombre qui n'est pas assez intervenu pour mon plaisir Gilen Goicoecha, et Pierre Guiral basse
Ai grimacé un peu au début du concert, à l'écoute de l'allegro de la symphonie «Jupiter» de Mozart dans une transcription pour deux orgues, pas à cause du nom mais parce que (était-ce dû à mon écoute? sans doute en grande partie) je pleurais Mozart, et que cet allegro me faisait penser à la joie forcée d'une jeune femme un peu Greuze, mais qui aurait mangé trop de fraises à la crème, qui se battrait avec elles, avec la mort du petit chat, Julie qui lui a fait une crasse, la cruche cassée et le Pierre qui part à la guerre.
Et puis, j'ai oublié en écoutant la messe en C, K 259 pour orgue seul de Mozart
Suivaient deux nouvelles transcriptions pour deux orgues de
l'allegretto de la symphonie n°7 de Beethoven, nettement plus satisfaisante, même si j'aurais bien conseillé à ce Beethoven un petit cocktail de vitamines
et (fort bon) l'allegro de la symphonie en fa majeur de Brahms
avant la récompense, le très beau moment, une belle interprétation - chanteurs choeurs, soprano, baryton, en leur mieux - de la très belle (à mon avis) messe n°2 en sol majeur de Schubert (bon là ce ne sont pas eux mais c'est aussi beau)

une sortie en manque de lumière (sous le porche nous tâtonnions de la pointe du pied, en nous tenant aux murailles), 
et le retour dans la beauté de la nuit tombant sur la ville

7 commentaires:

casabotha a dit…

Le ciel est bon de bleutendre

brigitte celerier a dit…

oui, mais ce que j'ai aimé c'est le bleu violent sur ma place parce que c'est vraiment Avignon

Claudine a dit…

Oh la belle musique !

jeandler a dit…

Une innocence mozartienne : serait-cela un moment de bonheur ?

brigitte celerier a dit…

Claudine, n'est-ce-pas ?

Pierre cueillons ce que pouvons, un bleu foncé et musique, mais là surtout Schubert (comme souvent)

Arlette A a dit…

Comme un petit air de prè-ete dans le presque calme de la soiree avantla cohue

brigitte celerier a dit…

oui mais profiter d'aujourd'hui (mais moi c'est charroi d'une partie de l'hiver) avant la froidure et la pluie de demain (avec une belle musique dedans en principe)… du coup pas le courage de continuer à sortir fresques d'été et puis une envie de robe mais ne supportes plus les sandales à talon de six centimètres ni les tennis… cherche quand j'en ai le temps des bidules entre les deux et ne trouve rien - alors mes vieux croquenots près de rendre l'âme avec des jupes amples et légères, ça le fait pas (sourire, en fait m'en moque… la liberté des vieilles)