mardi, mai 22, 2018

Eclaircie matinale

Optimisme en voyant le ciel clair aux nuages bienveillants, la tiédeur du jour qui se lève, puisque j'avais cru comprendre que la pluie qui nous avait visités hier serait de retour... S'en aller, comme peut (dès que possible chercher docteur pieds... chaque pas est pénible... même l'immobilité d'ailleurs) pour quelques courses faisant la liaison avec mercredi
Lumière jouant sur la place de l'horloge... n'ai plus envie d'arrêter les touristes en troupeau pour leur dire «notre ciel, c'est pas ça», tentation à laquelle j'ai résisté l'autre jour.
Mais comme la première fontaine rencontrée n'a pas trace du décor floral annoncé, et comme mon moral grimace (le visage tente de ne pas le faire) dans mes pieds douloureux, m'en reviens
en me contentant de nos humbles petites fleurs.
Sourire en regardant la niche à courrier qui avait dû se garnir samedi après-midi, un paquet, pas un des livres que j'attends
mais la grâce d'un cadeau.
Me suis donc installée dans la cour, contre le mur, sous un ciel qui se couvrait mais laissait filtrer des rayons pour que ma peau ronronne, avec Lambert Schlechter et son Monsieur Pinget saisit le râteau et traverse le potager (Le Murmure du monde – 6) ai souri à la quatrième de couverture
A entendre la nuit les oies sauvages dans le ciel crier, je me laisse euphoriquement choir dans la mélancolie. Et pense à l'amour perdu. Je suis triste, mais pas mauvaisement.
Mes pensées, presque toutes, ne sont qu'amorce de pensée. C'est plus tard & plus loin que je me mettrai pour de bon à penser. Je ne suis qu'un pensateur.
Et me suis plongée un long moment en la compagnie de celui dont Florence Trocmé, dans le Flotoir a écrit une âme plus à nu que celle de Jouet qui se cache derrière le brio et la virtuosité (citant cela, il conclue J'ai commandé «Du jour» de Jouet, cjhez P.P.L. 881 pages)
de pensées en notations, de souvenirs de la femme en allée en commentaires sur l'actualité, de chronique quotidienne en lyrisme et méditations érotiques, jusqu'à
C'est une si bonne chose, écrire,c'est presque rien, mais ce n'est pas rien. J'en ai besoin. C'est vital. Comme tout un chacun, je suis, banalement, voué à la mort. Tout ce que j'ai fait, tout ce que je suis, est voué à la disparition. Mais pas à une disparition totale, sans traces. C'est une pensée doucement parano. Quelques pages. Quelques livres. Et quelques personnes à qui il arrivera de s'y pencher. Dans vingt, dans quarante ans. C'est mon aere perennius, doucement pathétique. Et c'est assez. Je ne suis pas une blatte. (les quelques livres sont tout de même joliment nombreux me semble-t-il)

et le ciel a attendu ma sieste pour se déverser lentement en une ondée suivie de passages orageux...

7 commentaires:

casabotha a dit…

Le ciel doit déverser quotidiennement son baume bleuté sur Carcasse pour permettre la longévité de votre bel enthousiasme; c'est simple pour lui, pas amputant, j'espère qu'il a compris

brigitte celerier a dit…

moi aussi ! (et là je rajoute une tête toute jaune avec bouche grand ouverte sur un rire)

casabotha a dit…

Il m'a juste dit qu'il ne le ferait pas éternellement, d'accord, qu'il soit seulement méticuleux dans sa durée agissante

Claudine a dit…

Bonne lecture ;)

brigitte celerier a dit…

merci à vous deux

jeandler a dit…

Le ciel serait-il plus clément dans les livres ? Bonne lecture.

brigitte celerier a dit…

sont variables dans les livres aussi