dimanche, mai 20, 2018

Une traversée du palais

Avec quatre pansements sur mon pied gauche qui me fait des misères, et rouspète en plus, parce que tournais un peu en rond, parce que l'envie de roses, parce que passer avant foule, parce que soleil radieux et tendresse de l'air qui s'éveillait, ai décidé de m'en aller matin (enfin il était tout de même plus de dix heures) vers le palais
saluant au passage des traces de la marche d'hier
réalisant que je devrais faire attention et tenter (perdu d'avance) d'être toujours digne et réservée dans la rue parce que la jeune femme derrière le guichet m'a annoncé tout de suite le tarif fort réduit réservé aux avignonnais en ajoutant, vous ai reconnue (j'ai rangé ma carte d'électeur)
traversant, avec une petite larme hésitante à être, le chantier de construction des gradins de la grande cour parce que je me demande si vais être capable d'assumer et si ne devrais pas plutôt, rage, déserter Avignon et ses rues pleines de foule pendant le festival... veux pas, on verra
un peu surprise d'être accueillie, dans le passage vers le cloître du palais vieux, par des roses en papier entourées de petites fleurs naturelles
et puis j'ai débouché dans le cloître et dans l'univers des roses, se pressant sous les galeries et sur des treillis en osier (fort beaux eux-mêmes) au centre, et j'ai perdu la tête, ai souri et échangé quelques mots pressés avec des visiteurs de rencontre, armés d'appareil ou non, ai photographié, un peu trop ou beaucoup trop, et sans faire vraiment attention à ce que je prenais parce que mes yeux étaient déjà partis plus loin,
cherchant les roses que je préfère, celles qui ont calice enroulé, comme un cornet entouré de pétales aux délicats ourlets, si délicats qu'ils se fripent, se fanent en premier,
et constatant qu'elles sont passées de mode, mais bien obligé de les aimer les opulentes, frisées, serrées sur leur coeur... en arrêt parfois aussi parce que le soleil exaltait leur odeur. Bref en ai trop pris, et même si elles me déçoivent parce que n'ai pas veillé à ce que la mise au point ne laisse pas l'entourage dans un flou excessif, j'ai aimé les retrouver mes pas-réussies, et j'en ai fait une petite vidéo,
en y apposant des bribes d'une des chansons de Pétrarque (bon il ne parle pas de rose, mais cet après-midi quand le soleil était franc sur la cour, j'avais sorti... influence du cloître ou non le Canzoniere – en ramassant les pages qui en tombaient – et puisque l'était là à côté de l'ordinateur, j'ai enregistré des bribes d'une canzone, en bafouillant bien entendu) qu'il est fort possible d'éviter en coupant le son.
Je suis montée dans la galerie haute, un peu déçue de constater que cette année les embrasures n'abritaient aucun rosier, mais seulement des humains penchés sur ce jardin provisoire
ai vérifié que le grand tinel n'abritait pas non plus cette année de savants bouquets
et, en râlant rituellement que le palais oblige la vieille avignonnaise qui n'est pas venue pour visiter à faire tout le circuit, à monter, descendre, traverser salles avec ses vieilles jambes pour le plaisir de passer par la boutique (rite rouspéteur qui m'est cher comme tous les rites – c'est beaucoup plus long et tortueux que ne le montrent mes photos-colères) j'ai gagné la sortie face à la Mirande
et me suis tordu les pieds avec l'assurance de l'habituée rue Peyrolerie, en écoutant avec délice des voix italiennes.

11 commentaires:

casabotha a dit…

Rustines sur Carcasse et hop déplacement sur monture ossaturée

brigitte celerier a dit…

plus ou moins… j'avais une démarche disons aléatoire

Claudine a dit…

On les sent jusqu'ici --<<--<@

brigitte celerier a dit…

Claudine, y a que vous pour avoir le nez aussi fin (sourire)

Arlette A a dit…

Me retrouve aussi dans ton parcours et rage aussi de certain circuit "perilleux"sagesse alors de composer en rire ...sardoniqueeeee
Re le sourire tendre des roses -thé disait ma grand-mere ne sais si on les nomme encore ainsi

brigitte celerier a dit…

je crois que le nom est réservé à certaines roses anciennes

jeandler a dit…

Les rosiers Thé sont anciens. Le premier a été obtenu par Adam, hybrideur anglais, en 1835. Ils ont joué un rôle essentiel dans l'obtention des nombreux cultivars modernes. Peu rustiques, ils préfèrent les climats doux.

brigitte celerier a dit…

merci Pierre

casabotha a dit…

Moi aussi, je suis ancien, je joue un rôle essentiel et j'aime les climats doux.

brigitte celerier a dit…

mon semblable (enfin peut être pas pour le rôle essentiel)

Arlette A a dit…

Merci Pierre ...en grande Sagesse pour vos précisions