lundi, juillet 02, 2018

Atelier d'été du tiers.livre – 14 – silhouettes

premier juillet, un dimanche calme, avec la lumière, la température que voudrais garder jusqu'au 30... à charge pour moi d'assurer le côté calme, ce que je me suis chargée de faire avec un succès presque coupable en ce premier jour.
Et puisque cela convient à ma paresse, en ce qui concerne Paumée du moins, ma réponse à la proposition 14 de François Bon pour l'atelier d'été du tiers livre https://youtu.be/TeuCgpREPDE silhouettes
dans le lieu défini au 1er cycle, faire exister 5 silhouettes juste ébauchées, faire en sorte que la brièveté d’évocation les rende le plus concrètes possible (bon j'ai triché suis resté là où était arrivé mon il puisqu'il s'était éloigné du «lieu défini au premier cycle»)
La terrasse du café s'était vidée de ceux qui s'y étaient réfugiés pendant l'averse, mais cinq ou six tables étaient occupées à l'intérieur. Il en a choisi une près de la grande vitre qui faisait de la salle une annexe de la rue, pour se sentir à l'écart de la vie, de l'animation, virtuellement dissimulé, mais témoin distrait ; il a tourné la tête vers le patron, jeune gars noiraud au torse moulé dans un tee-shirt blanc – peut-être plutôt un garçon en fait, ou le fils du patron - qui discutait mollement avec un dos en veste de toile bleue, sans doute un habitué, a demandé un café et c'est la veste bleue qui s'est retournée, l'a regardé, toisé rapidement, a demandé «stretto ?», a répercuté son hochement de tête affirmatif vers le patron qui attendait devant sa machine, et puis est venu lui apporter la tasse, les jambes louvoyant sur une musique inaudible, les yeux sur la rue. Il a retenu la main qui voulait enlever le journal abandonné sur la table, avec un «vous permettez ?» auquel l'autre a répondu en lui tournant le dos, repartant vers le comptoir, le patron accoudé qui attendait de renouer leur dialogue. Il a lu trois lignes sans que leur sens lui parvienne, a levé les yeux, en quête de distraction, attendant que lui revienne l'envie de renouer avec cette journée ; la rue, maintenant, était vide, à l'exception d'un homme beige et usé, sans âge, en pantalon et chemise beiges, qui passait en tirant derrière lui un diable, son visage illuminé par un sourire intérieur. Un moment de vide. A débouché, derrière le chevet de l'église, la haute et fine silhouette d'une très jeune femme brune, s'arrêtant au bord du trottoir, pour attendre que la rejoigne son troupeau de touristes aux cheveux blancs, tenues barriolées et petits chapeaux – apparition saluée par un «regarde, qu'elle est belle !» d'un adolescent à la table voisine. Un gamin démesurément et maladroitement grand, un peu avachi comme s'il ne savait toujours pas que faire de ses longues jambes, de sa voix aussi qui avait fait trompetter son souffle admiratif, regardé avec une ironie amicale par son compagnon, père, frère aîné ou plutôt maître à penser puisque, tournant les yeux vers la jeune femme qui maintenant traversait vers la sinagogue en parlant dans sa petite boite, suivie par son troupeau plus ou moins docile, il a constaté, voix plate et presque déçue, «ah ! Claudine ! ta cousine ? Elle a trouvé du travail ? Tu as raison elle est très jolie, mais ce n'est pas nouveau» «Si». Tout en parlant, donnant les renseignements que quelques-uns, sans doute, écoutaient... elle les a cherché du regard et a fait un petit signe de la main discret.

Les photos comme toujours n'ont qu'un rapport très lointain avec le texte – et l'ensemble des contributions, dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs, se trouve ici : http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article211

7 commentaires:

casabotha a dit…

Les photos n'ont qu'un très lointain rapport avec le ciel

Dominique Hasselmann a dit…

Merci pour toutes vos contributions à cet atelier, pour lequel j'ai pris un retard certain (j'en étais resté à la onzième proposition) et dont j'ignore s'il est rattrapable...

De mauvais élèves n'ont parfois pas d billets d'excuses !
Mais les jours "caniculaires" passent quand il faut... s'atteler peut-être à d'autres divertissements...

Claudine a dit…

six silhouettes bien dessinées

brigitte celerier a dit…

l'élève indocile qui se rue et se trouve chaque fois mise en difficulté par les demandes (un peu pour ça qu'elle se rue d'ailleurs pour la surprise de la vidéo suivante et devoir se rattraper) va enlever son excuse à l'élève qui se croie en retard : il y a eu encore hier trous nouveaux débuts (et pas mal qui semblent à l'évidence avoir abandonné complètement) et puis des qui suivent avec retard encore plus grand, à leur rythme (moi je suppose qu'en juillet vais lâcher - en tout ças au moins les lectures des autres déjà le cas pour deux que j'en,'arrive vraiment pas à lire, incompatibles)
ceci dit égoïstement aimerais vous lire (bon il y a toujours et c'est BIEN le blog)

brigitte celerier a dit…

merci ô dessinatrice !

Arlette A a dit…

Je trouve admirable ces réponses aux propositions. ..

brigitte celerier a dit…

trop indulgente Arlette, en tout cas ça me titille et me fait du bien (mêle si je n'y cherche pas comme d'autres une écriture… enfin je ne veux pas le chercher, juste faire aussi bien que peux)