dimanche, juillet 08, 2018

Avignon – jour 2 – courts spectacles et rues

Départ dans un reste de petit vent par le calme de la rue Joseph Vernet et de la rue des Lices jusqu'au Lycée Saint Joseph
attente debout dans le hall avec l'âme du miroir de Stavroùla Dimitrìou https://www.publie.net/livre/lame-miroir-stavroula-dimitriou/ qui a trouvé place dans mon sac pour les files d'attente (quand ne piapiate pas, à ce rythme le festival ne va pas l'épuiser) jusqu'à Il y a aussi des puits. Dès qu'un puits se présentait, bientôt des maisons surgissaient autour une à une et un quartier se formait. Les puits étaient malins. Ils arrivaient les premiers pour choisir l'endroit. Ce qui était amplement suffisant pour une petite méditation au premier rang en attendant que se remplisse le gradin du Jardin de la Vierge, et que débute le premier des deux spectacles du programme A des petites formes baptisées «sujets à vif» que j'essaie de ne pas manquer parce que c'est le plus souvent bon, parfois suffisamment pour être à l'origine d'un spectacle futur.
Mais spectacles dont il est très très difficile de parler, alors vais en rester pour le premier au titre la rose en céramique qui une fois de plus n'a qu'un rapport très flou avec ce qui est montré, par dire qu'il est issu de la rencontre entre un comédien-auteur
Scali Delpeyrat (et je partage l'avis de ma voisine journaliste – accompagnée d'un preneur de son qui me faisait surveiller la moindre tendance de toux montant dans ma gorge – pour dire que ce court texte était remarquable : quatte phrases reprises, malaxées, un peu l'idée de la 18ème proposition (bégayer) de l'atelier d'été de François Bon http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article210) et d'un chorégraphe grand, jeune, mince et musclé, affublé d'un slip de bain rayé assez laid Alexander Vantournhout lequel, avant des moments de danse autonome, sans que le lien se perde vraiment, se contorsionne plus ou moins pour toujours soutenir un bras de Scali Delpeyrat, homme abandonné, ressassant, scrupuleux... Un lave-vaisselle, un prénom brodé sur une serviette, un bruit de porte, un tout petit tatouage... voilà les étranges signes de l'absence de l'autre aimée. Un homme se vide de paroles aux côtés de son double mi-ange, mi-animal.
Un court entracte, avec un lamento silencieux pour la disparition (l'année dernière) de la grande branche de l'arbre qui nous protège, et le plaisir de contempler la houle qui soulevait la verdure (vigne ?) des murs,  et le second spectacle.
L'invocation à la muse avec Carita Abell, belle, plutôt petite (au moins en comparaison de son partenaire qui aurait pu être le cousin un peu plus grand du danseur du premier spectacle), artiste afro-caribéenne qui «inscrit son travail dans une démarche militante et féministe pro-sexe... (bondage, domination, sadisme, masochisme etc…), et Vanasay Khamphommala, venu au théâtre par la musique et l'opéra. Linguiste (il criera ou protestera ou acceptera dans des langues que je n'ai pas identifiées, à l'exception de l'anglais, et encore très à peu-près, d'autant plus que c'est en réaction à ce qu'elle lui fait subir – qui n'est pas si terrible, l'humour reste premier), performeur, auteur, traducteur de Shakespeare et de Barker. «Il est également chanteuse» dit le petit programme ce qui signifie qu'il a une belle voix de haute-contre et le spectacle finit sur un très beau moment de chant, après qu'ils aient appliqué au pied de la lettre un conseil de Socrate «se mettre la tête dans un sac (enfin c'est lui qui le fait) pour évoquer les muses (qu'elle représente)
applaudissements
et retour vers l'antre, 
dans la ville qui, si elle n'est pas morte et presque déserte comme le prétendait Arnaud Maïsetti hier sur Facebook, garde encore, dans son animation, un charme bonhomme.
Dormir, vivre tout doux, lire DeLillo et presque toutes les contributions à l'atelier publiées (je n'y arrive plus)
et partir à l'orée de la nuit, par la rue Joseph-Vernet, le coin des non-spectacles (snobisme condamnable) jusqu'aux Corps Saints et le Cloître des Célestins parce qu'un festival sans les Célestins serait pour moi incomplet, mais avec un doute, un petit recul, parce que j'avais vu que pour ce spectacle de François Chaignaud (chorégraphe) et Nino Laisné (mise en scène et direction musicale), des panneaux peints, charmants dans leur côté théâtre baroque, devaient être posés devant les pierres, les arcades, et que me sens vieille réac outrée que l'on viole ses souvenirs... (enfin en gros)
Pourtant il y avait aussi du charme dans ce projet intitulé «Romances inciertos – un autre Orlando», réunissant viole de gambe, bandonéon, percussions historiques et traditionnelles (voir ce qu'ils entendent par là), théorbe et guitare baroque, pour quelque chose comme «un souvenir d'opéra-ballet» faisant se succéder «la Doncella Guerrera, figure médiévale qui nous emmène sur les traces d'une jeune fille partie à la guerre sous les traits d'un homme, le San Miguel de Federico Garcia Lorca, archange voluptueux et objet de dévotion, et la Tarara, gitane andalouse, mystique, séductrice, portant le secret de son androgynie» à la recherche d'un idéal.
Et pour m'en donner un semblant de désir, j'avais trouvé, dans l'après midi, cette présentation sur YouTube
et puis on indiquait qu'il restait des places et cela chatouillait le sentiment fraternel que j'ai pour les chiens perdus.
Une file d'attente anarchique et détendue (beaucoup de places restaient à vendre, ont été toutes mais pas toutes à fait toutes vendues, tant mieux pour moi
parce qu'en entrant une bonne surprise, d'eux-mêmes (puisque c'était la première) ils avaient constaté l'erreur de ce décor, et seuls deux panneaux subsistaient dans l'encadrement de deux arches, et une mauvaise surprise : moi qui ne conçoit les Célestins qu'au premier ou à l'extrême rigueur au second rang, j'étais tout en haut et bien entendu au milieu d'un rang... Suis restée sur le côté malgré les exhortations de la jeune femme au polo rouge et, comme le prévoyais, suis redescendue trois minutes avant le début (placement libre cinq minutes avant) au quatrième rang, avec reproches de la même jeune-femme (je n'avais pas le plaisir de lui plaire) contredite par le chef de salle, et me suis retrouvée au premier rang sans afficher mon triomphe.
Une petite curiosité, un spectacle qui semblait un peu canard sauvage légèrement boiteux, voulant parler d'androgynie ou de genre, et puis de plus en plus une sympathie pour le/la danseuse, l'abattage, les maladresses vraies ou fausses, mais curieusement pas pendant la danse des échasses, l'entrain, la provocation, la faiblesse etc...
Y las fieras malinas der monte
Les bêtes sauvages de la montagne
alors sont venues l'écouter
et en découvrant son calvaire
elles se sont mises à pleurer.
Un petit livret extrêmement bien fait parle des intentions, des différentes musiques, des histoires populaires. Juste dire que la présentation en donne une idée, mais sans la sympathie, tendresse des musiciens et, de plus en plus, du public, dire aussi que les deux platanes étaient à la fête, qu'une branche dansait pendant les intermèdes musicaux, où ils intervenaient avec une discrétion plus ou moins grande, et qu'ils se sont offerts deux ou trois solos.
Applaudissement debout. J'ai sorti mon appareil qui était tombé lors de mes discussions avec la jeune femme, laquelle a bondi vers moi pour m'interdire toute photo des saluts pendant que les mobiles s'en donnaient à coeur joie. L'ai rangé.. plus facile pour applaudir.
Et d'ailleurs j'ai constaté en sortant qu'il n'avait pas aimé sa chute et qu'il faut que je revois les réglages
sauvé tout de même cette photo de la petite foule joyeuse des Corps-Saints. 


6 commentaires:

casabotha a dit…

Il reste des places des palaces des gorgées de ciel de la pauvreté des metéorites prêtes au choc frontal de l'os puissant en Carcasse quatre équipes en Russie du futile stylé de l'art contemporain qui durera des plaintes sous les soupentes des tragédies en gestation des mots sur les boîtes de l'envie dans les sexes

Dominique Hasselmann a dit…

et voilà, c'est bien parti... la femme en rouge devrait se défouler sur scène...

brigitte celerier a dit…

oh non la pauvre chère enfant, elle commence et applique abec un peu de rigueur les consignes qu'elle a reçues - à part ça, amis et inconnus l'avis sur le très beau (pour mpi trop beau) Thyeste est : c'est de la bombe

Caroline Gérard a dit…

Quel courage d'aller voir tout ça ! Aujourd'hui, c'est Gosselin pour moi, demain Ovni(s) après demain les Doms et ensuite départ avant épuisement.

brigitte celerier a dit…

aujourd'hui prendre à la gare routière navette à 14 heures vers Védène (parce que handicapés mais pas que) et cette nuit Espagne encore avec la cour de Saint Joseph… me demande si vais continuer le journal (d'abord me battre avec appareil photo quand aurai fini retaper Brigetoun et l'antre)

Claudine a dit…

on croise les doigts pour l'appareil, le journal et Brigetoun