vendredi, juillet 06, 2018

Se préparer doucement dans la ville et bégayer avec le 18 de l'atelier d'été

mes jambes qui crient
dans le chaud sourire bleu
sur rues vivantes
rencontrant avignonnais vaquant, premiers distributeurs de flyers et dernier troupeaux de mon âge, tête fabriquant des bouts de phrases en réaction à la vidéo de François Bon présentant avec forces détours pour le plaisir et énonçant sa proposition 19 pour l'atelier d'été https://youtu.be/QTdDY8iNZvs regardée mercredi à minuit,
m'en suis allée aux halles pour fromage, provision patates, petites plaisanteries échangées pour me décrisper de mes craintes, espadon et cabillaud et légumes et fruits avec modération (complèterais plus facilement ces derniers au hasard des rues), assez pour trouver une place dans mon couffin pour un petit rosier plein de petits boutons à venir, pour lui sourire le matin en ouvrant les volets bleus
et m'en suis revenue dans la ville en pré-fête et travaux,... rangement, mise au net - mais en me relisant ce soit je grimace (en fait l'ai modifié, envoyé un correctif que François Bon a bien voulu accepter) – de la réponse qui dansotait dans le vide, déjeuner, sieston impératif, lavage cheveux, un peu de repassage et lecture des dernières contributions publiées (l'ensemble sur http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article211)
et je reprends ici ma courte et un rien désinvolte (mais pas tant) réponse à la proposition 18 – bégayer https://youtu.be/3psmceaOvTA
la magie d’un tel atelier, c’est ce qu’il fait advenir de langue — en 17 prises d’écriture, il y a forcément une phrase de vous qui vous a surpris, dérangé, étonné — résistive par sa syncope, sa couleur, voire sa maladresse apparente — alors partir de cette phrase, et elle seule, et la bégayer jusqu’à extraire son grain nu — la singularité même de ce qui émerge de voix, hors de vous et pourtant vous
Comme il ne se décidait pas encore à reprendre le fil de sa journée, il s'est penché par dessus mon épaule, a jeté un coup d'oeil, a lu «de sous les vieux platanes bosselés qui bornaient la rue des halles, sortait en trottinant un vieux couple, dépassé par quatre mobylettes qui jouaient à se dépasser» a grimacé, a cherché... un vieux couple bousculé par quatre mobylettes qui jouaient à se dépasser... un couple dépassé par quatre mobylettes qui jouaient à se heurter... un couple dépassé par quatre mobylettes qui criaient et se heurtaient.. un couple effrayé par quatre mobylettes qui se heurtaient et hurlaient... un couple renversé par quatre mobylettes qui jouaient... un vieux couple joueur devant quatre mobylettes qui se heurtaient.... Il a ri... j'ai écrit : un vieux couple frôlé par quatre mobylettes qui jouaient à se dépasser. Il a fait la moue, l'épisode était clos.
PS demain, tenter de remplir mon petit programme : Rimbaud avec Jean-Quentin Châtelain dans la chapelle du théâtre des Halles le matin, la parade du off l'après-midi et Thyeste de Sénèque dans la cour d'honneur

PS au PS ai découvert ce soir que le festival suit la mode du changement et que la parade a eu lieu aujourd'hui, à 20 heures, et sur un nouveau trajet – mon programme se fait plus léger – sourire tristounet, enfin pas trop

5 commentaires:

casabotha a dit…

Bleu carcasse vaut cyan ou Klein

Claudine a dit…

chouette ambiance dans la ville avant la fête

brigitte celerier a dit…

on va voir si suis capable d'insérer tout doux tout doux vieille carcasse dans la chaude chouette ambiance… en attendant loupé la parade (et crâne désespérément vide pour l'atelier de François Bon)

Dominique Hasselmann a dit…

"dans le chaud sourire bleu
sur rues vivantes"

voilà une phrase pour "atelier"...

En tout cas, le festival démarre et c'est bien d'aller voir et entendre du Sénèque en ces temps !

brigitte celerier a dit…

j'espère que ne calerai pas
merci et bonne journée à vous