samedi, décembre 01, 2018

Rues parallèles sous la pluie

Bien trop tôt pour moi, sous une pluie fine, presque invisible et obstinée, m'en suis allée vers un rendez-vous un peu incertain (pas reçu l'appel qui aurait dû le confirmer ou l'infirmer) vers une main, une aiguille et la vaccination contre la grippe. Et ce fut un petit trajet dans notre quartier des fustiers (charpentiers ou menuisiers de fust ou fusta : bois en occitan) né des alluvions déposés par le fleuve en des temps très anciens sous les arcades romaines – pardon je m'amuse -. En tournant le premier coin de l'ancienne rue de la Moyenne Fustrerie (Saint Etienne) vers la droite en venant de notre rue des limons ou limas dans la rue Grande Fustrerie... en allant sonner à une porte, un peu après la belle et sage façade de l'ancien hôtel de Tertulle (aujourd'hui maison de Saint Vincent de Paul), porte qui est restée muette, close, m'ignorant avec superbe.
Pensé tant pis, tourné le dos à la belle maison restaurée qui semble rester inoccupée et ses pigeons, et grimpé entre deux rangées de pins au dessus des anciennes arcades,
rejoint les seuls restes visibles d'une des arcades au coin de la Moyenne Fustrerie ou... pour redescendre jusqu'à la Petite Fustrerie 
et, face à la suite d'hôtels (de Monery, Tonduti de Saint-Léger, et, par delà l'ancien collège de Sénanque, l'hôtel Parrelli puis des Achards ou de Fortin) j'ai déposé sur un bureau, au rez-de-chaussée d'une des maisons avec reste d'arcades dans la cour, un chèque réglant mon loyer... longeant ensuite les nobles hôtels et les boutiques de frusques fort chères pour, par deux rues qui ignorent les fustiers, menuisiers, commerçants en bois etc... ai regagné mon limas et ses humbles maisons, postant au coin de la rue diverses enveloppes dont deux cartes postales aux textes piètrement et brièvement rédigées – suis pas cap - pour l'airRNu http://www.lairnu.net/blog/article/appel-a-cartes-postales
Après un coup de téléphone, des amabilités et échanges d'excuses l'infirmière est passée me vacciner un peu avant deux heures, quand j'allais me mettre à table...
Après un coup de téléphone, des amabilités et échanges d'excuses l'infirmière est passée me vacciner un peu avant deux heures, quand j'allais me mettre à table...
Dans l'après-midi, abandonnant pour quelques jours, après les Sex Pistols, les Musiciens de François Bon, que je lis par petites plongées (accompagnées d'écoute pour souvent découvrir ou mieux identifier des musiciens qui ne correspondent pas totalement à ma génération et au cadre dans lequel ai grandi) https://www.tierslivre.net/tiers_livre_editeur.html, me suis installé pour des longues goulées - parce que j'aime sa pensée et ce qu'elle écrit, et parce que j'avais rencontré des allusions à ce livre, son plus récent - de l'Epopée de Marie Cosnay publié chez L'Ogre (plaisir esthétique déjà) http://www.editionsdelogre.fr/books/view/Marie-Cosnay-Epopee comme l'était, livre tout aussi beau extérieurement et intérieurement, sa traduction des Métamorphoses

Les lacs qu'il y avait dans le ciel, des nuits comme ça, longues à souhait, maintenant on a le temps, les hommes font de petites étoiles sur les tablettes lumineuses, ainsi on sait où sont les hommes, Ziad doit arriver mais rien du tout, il bouge pas sur l'écran de la nuit il n'a pas bougé, au jour on se cherchera bruyamment, ne pas tenter les détrousseurs maintenant, s'ils m'entendaient, seule, pleine nuit, en quête de quelqu'un qui a disparu, dont le signal ne fonctionne plus. Les lacs qui sont dans le ciel, de belles formes rougies. Clotilde se lève, se dégourdit, fait des flexions, tourne le dos et la nuque, droite, gauche, baille.... (page 109, la suite cette nuit)

12 commentaires:

casabotha a dit…

Verve revenue, Carcasse comme en 40, Antre est Versailles

brigitte celerier a dit…

une soupente oubliée de Versailles

Claudine a dit…

Belle promenade entre arcades invisibles et bouquins

brigitte celerier a dit…

toutes les villes, et notamment celle ci regorgent de bidules vestiges du passé cachés dans des cours, des caves ou incorporés à des bâtisses plus récentes

Dominique Hasselmann a dit…

Vos n'avez donc pas été trop frustrée puisque vous avez pu, entre autres, prendre ces photos architecturales...

Arlette A a dit…

Aime l'histoire des rues...et le pourquoi et le comment justement cette fusterie m'interrogeait lors d'un passage
Bravo pour ton allant

brigitte celerier a dit…

euh pas spécialement inspirantes... si familières que quand elles sont là, ainsi, sans jeux de lumières.... mais bon j'avais rien d'autre (et puis un parapluie à tenir et qui masquait en partie le monde)

brigitte celerier a dit…

Arlette, au début je lisais frustrerie et ne comprenais pas... et puis j'aime bien penser que nous sommes un petit quartier, hors de la Balance

Sylvie Pollastri a dit…

J'aime bien cette promenade 'historique' dans Avignon. Moins cette grande tristesse. Gardez-vous.

brigitte celerier a dit…

oh pas spécialement triste, c'est juste l'hiver

jeandler a dit…

Sur "les lacs qui sont dans le ciel" les rêves de la nuit se posent.

brigitte celerier a dit…

se lit avec emportement ce livre, décide de fractionner pour me freiner et lire vraiment