samedi, janvier 12, 2019

Juste désir de musique

Matin perplexité, curiosité... mais finalement privilégier la pomme au caramel à la dernière création amusante du comptoir de Mathilde et sa curieuse couleur (ne pas provoquer carcasse)
constater que l'aspirateur a brusquement décidé de me lâcher, en commander un nouveau et prendre un balai
perplexité renouvelée après quelques lignes rapides d'un texte envisagé pour les cosaques... bon oui mais ensuite ?
Et en reprendre un qu'ils avaient publié le 7 décembre dernier http://lescosaquesdesfrontieres.com
En désir de musique
alla marcia
dans la beauté de la nuit, dans l'immensité de la cour d'honneur où flottent des écharpes de brume, dans un rêve étrange qui me coupe du jour, avec un petit frisson de vague crainte venue de temps très anciens, je quitte les joies, malheurs, discours, énervements qui courent à travers nos jours, tentant malgré le sol irrégulier, les cailloux rencontrés, malgré la pente, je suis une des petites silhouettes clairsemées qui cheminent accompagnées par les petits rires ou petits mots que la nuit et la brume effacent, dans le quatorzième siècle, vers la bouche noire ouverte dans l'aile du conclave,
andante
sous une galerie du cloître, mes yeux au rythme des arcades cherchant les arcades de l'aile des familiers que la nuit éloigne, le mur qui, au-dessus, s'efface derrière un nuage descendu vers nous, je marche quasi fermement sur la douceur ferme des dalles et je réponds à une voix, derrière moi, qui parle de film d'horreur, j'écoute l'écho de nos pas, je vais vers l'escalier, la lumière qui sort librement de la petite pièce en contre-bas.
adagio
tirée par l'attente de la musique, en un élan ralenti par la raideur de l'escalier étroit, je grimpe le long du mur, puis dans le mur, nos voix, conversations sans intérêt des presque jeunes, encouragements enjoués entre nous les anciens, ont la clarté retenue d'une entrée dans un autre univers, proche mais distinct, et l'arrivée dans la galerie haute de l'aile du consistoire, a pour mes jambes une petite saveur triomphale.
animato assai
la silhouette familière de l'ancien ouvreur se tient dans la lumière très douce, faible, juste dosée pour assurer nos pas, à mi-chemin de la galerie et je souris en avançant vers lui, avec juste un petit arrêt rituel pour me pencher entre les petites banquettes d'une des fenêtres, vers le cloitre, il me donne cinq ou six feuilles pliées, deux petites phrases se répondent, jouant, claires et fugitives, sur le bourdonnement sourd de la salle illuminée
con allegrezza
emmitouflée un peu, dans la sérénité du grand tinel, au troisième rang, je regarde la nuit sur la ville derrière les croisillons des fenêtres dans leurs profondes embrasures, et puis lève les yeux vers la longue, la magnifique voute en berceau doublée de bois blond que tant aime, attendant le frémissement de mes voisins pour baiser les yeux vers les huit musiciens vêtus de noir qui entrent en souriant
le silence se fait et pendant un peu plus d'une heure et demi, nous, public unis dans un plaisir silencieux, écoutons, découvrons souvent, la polyphonie de madrigaux qui furent chantés ici du temps de Benoît et de ses successeurs, con affetto, con anima, con bravura, con brio, con fuoco, con allegrezza, tendrement, avec âme, avec bravoure, avec brillance, avec feu, avec allégresse.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

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casabotha a dit…

Ensuite il y a encore

Marie-christine Grimard a dit…

Mmmm, je goûterais volontiers votre collection de confitures !

Claudine a dit…

à cinq heure

brigitte celerier a dit…

Anonyme, vous me faites rire (du coup j'ai gardé)
casabotha, merci
Marie-Christine, pour la poire sais pas trop… m'intrigue mais dans mon état actuel je me méfie
Claudine merci oui

Dominique Hasselmann a dit…

... il manquerait juste des scoubidous...

(beau texte sur la musique, mais vous ne participez pas à La Ronde de Dominique Autrou du 15 janvier ?)

brigitte celerier a dit…

Dominique, je ne suis pas dans la ronde.. je vous lirai tous