vendredi, juin 21, 2019

Miettes de Camus

Pluie dans la nuit, soleil dans la cour en milieu du jour et quelques gouttes sur le sol de la cour au moment où je sortais un peu avant quatre heures, gouttes qui se sont arrêtées pendant que descendais, et j'ai eu l'air idiote en ouvrant le parapluie que j'avais empoigné... l'ai rangé
et pendant que je faisais de chaque pas une flânerie parce que voulais que ma sortie dure une heure, le bleu est venu en taches au dessus de la livrée Ceccano, de la bibliothèque où j'allais, ayant découvert que depuis avril je crois s'y tiennent des petites expositions autour d'Albert Camus dont :
La galerie de reproductions photographiques en grand format, à l’entrée, le montre à différentes périodes de sa vie : seul, en famille ou avec des proches, dans son intimité comme dans sa vie publique. Il devient presque présent physiquement, au milieu des visiteurs.
Et l'on picore de photos en photos le long de sa vie depuis la photo de l'atelier de tonnellerie où travaillait son oncle Etienne (Camus a 7 ans, il est au centre et son oncle est le jeune homme aux bras croisés derrière
jusqu'au fond de la galerie où sous une photo de Camus jeune homme lançant une jambe vers le ciel devant la mer, se trouve – bien aimé sans rien comprendre ) une des oeuvres demandées à de jeunes artistes, l'Exuvie de Pia Hinz dont je lis ce soir sur le site de la médiathèque que cette sculpture originale, en latex, métal et machine à air, est une interprétation du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus et de son cycle de travail infini
avant de revenir vers l'entrée en suivant Camus jeune père, Camus écrivain célèbre etc...
Dans le grand escalier qui monte vers la belle salle du 1er étage, 14 planches de bande dessinée Bertrand Pigeon une brève histoire d'Albert Camus.
L'escalier étroit dans la grosse tour et nouvelle galerie au 2ème étage vouée à Camus et le théâtre, 
ce qui ne se borne pas, loin de là, à ses pièces, avec, parmi ses premiers engagements, celui pour le Théâtre du Travail, puis, après l'exclusion du PCA ; pour le Théâtre de l’Équipe qu'il a fondé à Alger en 1935 avec, entre autres, Emmanuel Roblès, et puis, plus tard, l'influence de Copeau (et l'exposition à lui dédiées à l'Odéon en 59 dont Camus fut responsable), ses pièces bien entendu, le théâtre de texte et théâtre engagé ou d'idée, le festival d'Angers, le stage de théâtre d'Algérie en 57, etc... et les grandes actrices qui furent interprètes et amantes Maria Casarès et Catherine Sellers... 
et moi, intimidée par la jeune femme qui lisais derrière une table, j'ai plus regardé affiches, dessins de costumes ou de mises en scène par ses compagnons, etc... que photographié (cela n'aurait rien donné de bien de toutes façons)
Dans la salle de conférences et de lectures qui s'ouvre sur la galerie (j'ai noté quelques dates, trois en fait, dans ce qui reste du programme), une évocation du travail de Vibeke Tøjner https://fr.wikipedia.org/wiki/Vibeke_T%C3%B8jner en hommage à Camus et de sa série de six grandes toiles le visage de Camus
(photos d'elle installant les tableaux, vitrines contenant des éléments retraçant les étapes de son travail)
et, comme elle ne s'est pas arrêtée à ces portraits, des oeuvres sur papier comme une nuit à Tipasa de 2016 (le cartouche correspondant reprend une phrase de l'Etranger je me tendais tout entier pour triompher du soleil et de cette ivresse opaque..
ou Territoires gouache surmontant une autre phrase de l'Etranger J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux
Suis redescendue avec comme chaque fois un coup d'oeil sur la belle salle du premier étage, et avec un long détour... m'en suis revenue
pour prendre dans la niche à courrier et ouvrir l'enveloppe aperçue en sortant - trouver avec plaisir le dernier livre de Benoît Vincent L'enterre https://lesinapercus.fr/produit/lentreterre-de-benoit-vincent/ qui s'ouvre avec
Ouio
De l'exposition, des mouvements perceptibles et imperceptibles, du plan d'occupation des sols et des romans familiaux engrangés puis de nouveau déballés, ainsi que de la saison de l'ouio, un petit matin. Et suis, comme chaque fois, dans l'impatience joyeuse de le lire, mais depuis hier soir mes entrées dans la nuit se font avec la découverte belle de l'enracinement de Simone Weil dont j'avais rencontré des citations, des critiques, des éloges sans jamais l'avoir lu.


10 commentaires:

Marie-Christine Grimard a dit…

Riche journée !

Brigetoun a dit…

qui s'est à peu près retenue pour garder la pluie pour aujourd'hui

Dominique Hasselmann a dit…

Camus a réussi à ne jamais être un étranger pour nous.
Belle expo... :-)

Claudine a dit…

même ses miettes... soupir...

Brigetoun a dit…

Dominique oui, mais moins à montrer qu'avec Char l'année dernière (d'ailleurs le musée de l'autre côté de la rue a pris Picasso comme thème cette année, faut que j'aille voir) Camus avait moins d'amis peintre et n'a pas collaboré à des livres d'artiste, lui c'était écrivains, théâtre, journaliste

Brigetoun a dit…

Claudine, les photos étaient souvent belles mais le principal ce sont ses livres et pour ça pas besoin de l'exposition...

Brigetoun a dit…

oh les deux superbes fautes d'orthographe qui viennent de me sauter aux yeux dans la première phrase (elles n'y sont plus, mais peut-être d'autres)

Godart a dit…

Des miettes qui mettent en appétit de relire et de redécouvrir Albert Camus.

Brigetoun a dit…

que j'ai assez peu lu...

jeandler a dit…

L'exuvie, en arrivant, le migrant se dépouille...