samedi, juillet 13, 2019

Avignon - jour 8 - simplement Jeanne

Alertée par un statut sur la page d'Arnaud Maïsetti j'ai hésité à mettre un orteil à 11 heures (des lectures l'après midi et en soirée) dans un jardin ouvert le 12 et le 13 juillet (Avignon If en cour – 23 rue des 3 colombes )– et puis tant pis, me suis rabattue sur les lectures des critiques du collectif l'Insensé http://www.insense-scenes.net/ (les après-midi je tente en ce moment de les garder quiets ou pour petites tâches ménagères) 
et je suis partie comme je l'avais prévu vers la place des trois pilats et le tout petit théâtre de l'Isle pour écouter/voir Chantal Raffanel vaquer en racontant Jeanne d'Arc dans le texte de Joseph Delteil, découvrant au dixième pas dans la rue environ que j'étais encore nettement plus fatiguée, ne sais trop pourquoi, que le pensais.
Et j'ai été contente de ma décision parce que outre la découverte de ce beau texte ai aimé l'articulation claire de l'actrice, sa voix ferme et sans effet, comme naïve, la façon simple, solide, avec laquelle elle porte ce texte, en accord avec sa saveur, son rythme, mais parce que nous n'étions que cinq spectateurs.
J'ai trouvé cette critique sur la Jeanne d'Arc de Delteil
Il faut avant de commencer la lecture de Jeanne d'Arc, laisser de côté ses a priori sur l'héroïne nationale. La Jeanne d'Arc de Delteil est un être de chair et de sang " une Jeanne avec des seins" qui vit, aime, souffre, et prend la vie à pleines mains, ses mains de femme de la terre. " Jeanne est une grande paysanne de France, pétrie de chair et de Dieu. Santé, bon sens, la peau grasse et assez d'esprit." Delteil manie la langue française avec originalité et fantaisie. Sous sa plume elle devient gironde et sensuelle, comme Jeanne.
Ecrit en 1925 le livre fera scandale. Encensé par les surréalistes, Delteil avec sa Jeanne d'Arc sera banni du cercle. André Breton ne lui pardonnera pas son succès.
M'en suis revenue, mais j'ai eu beau me conforter dans mon désir de vérifier si vraiment Architecture de Pascal Rambert méritait les critiques qui l'ont accueilli, de goûter les pierres respectées, l'harmonie en blanc de cette famille qui se déchire et le jeu d'une troupe d'acteurs majoritairement aimés... carcasse était tremblante 'comme fiévreuse sans fièvre) ses muscles avaient la fermeté d'un tissu trempé, les yeux refusaient de rester ouverts...
J'ai passé l'aspirateur, me suis maudite sans trop de brutalité, en suis restée là... pas à la hauteur du festival (je pourrais faire une petite mélopée de la quinzaine de spectacles du off – pour en rester à ceux dont j'ai entendu parler ou dont le titre, les acteurs etc... m'ont interpellée – que j'aimerais voir)

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Jeanne ou le retour au réel ..foin de la légende ..me souviens de Delteil

Claudine a dit…

pensées pour un anniversaire, le vôtre vient juste après celui de Prunelle, donc pas de risque de se tromper
la première photo est magnifique, on mangerait ces pierres

Lavande a dit…

Vous ai croisée hier au haut de la place de l'horloge un peu avant 11h : robe bleue, bâton de marche.
Vous aviez un air décidé, je n'ai pas osé interrompre votre route.
J'ai trouvé Architecture très long, ampoulé, déclamatoire. Je n'ai pas tenu au-delà de l'entracte.

Brigetoun a dit…

et Chantal a la solidité paysanne qui pourrait en faire la grand mère ou mère viellissante de Jeanne

Brigetoun a dit…

Claudine, une pensée en retard pour Prunelle
quant aux pierres ce sont plutôt elles qui mangent talons de chaussures, chevllles mais aussi (qu'on nous en laisse un peu !) vitesse ou même présence des vélos, trottinettes ou autres planches...

Brigetoun a dit…

Lavande mon esprit de contradiction ou pas mais mon refus d'accepter les rumeurs voulait vérifier par moi même le petit naufrage de tant de talents mais suis vraiment trop hors de forces (ne pas se laisser tromper par un moment de fermeté apparente, bonbon en bouche et désir de me laisser aller derrière ma porte comme soutien provisoire)