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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

vendredi, octobre 04, 2019

Et l'an continue son lent virage


Sur mes pas ce matin un ciel encore d'un bleu sans fond, devant, derrière moi encore les grosses machines faussement menaçantes,
une grande lumière, de belles ombres dessinées mais surtout sur mes joues, contre mes pas, pénétrant nos cous et nos épaules, un bon gros vent qui parlait de l'hiver proche
travail satisfaisant et rappel de l'idée d'écrire notre livre... en fait sans doute à partir de l'expérience que, moi, je n'ai pas – acheté un classeur pour tenter écritures communes, confrontées, corrigées etc… on verra
et fatigue telle que, outre la continuation des cours de Jean-Pierre Brun sur l'économie et les technques de l a culture de l'olive dans l'antiquité, et malgré le rangement des teeshirts les plus fins, pour que mes mains occupées aident les idées à se préciser, j'en reste, en ce qui concerne l'atelier de François Bon http://www.tierslivre.net/ateliers/ au passé et je reprends ma contribution au #3 cinq fois sur le métier
Trente deux lattes fines, en bois clair, perforées industriellement, selon le modèle consacré, s'amenuisent sans décor, jusqu'à ce tout petit trou, jusqu'à la très fine barre, jusqu'à leur maintien. En attente du poignet, du mouvement sec, de leur déploiement, de l'éclosion de ce qu'un importateur grossiste nomme ventilateur manuel.

Un mouvement un peu trop vif a désolidarisé la première latte celle qui, lorsqu'il est replié, lui tient lieu de couverture et l'objet rejoint presque son modèle, le vieux, au bois légèrement mordoré et odorant, aux motifs plus fournis, raffinés, même s'ils sont presque aussi stéréotypés, et dont les lattes très fines et fragiles présentent des manques.

Trente deux lattes que l'on déploie d'un mouvement de poignet soit un éventail, avec le souvenir de ses trésors décrépis, plumes, soie... fragments d'élégances très anciennes qui me faisaient rêver, et ces quelques branches d'écaille filigranées veuves de leur habillage, brimborions depuis longtemps disparus au point que leur souvenir s'efface, ne revient qu'avec l'évocation d'après midi d'ennui, de lattes de parquet, d'un tapis chinois poussiéreux.

Ces ventilateurs manuels, qu'ils soient de papier illustré, copies ironiques des parures d'antan, ou simple feuille pliée, programme agité, longtemps détestés et fuis, quand, mal maniés, ils éventent moins la personne – à mes yeux en colère forcément grasse et avachie – qu'ils n'envoient des courants d'air non désirés sur leurs voisins.

Trente deux lattes que l'on déploie, avec lesquelles on joue, retrouvailles utiles qui accompagnent la canne mais, malgré leur piètre qualité, y ajoutent un petit sourire, le souvenir de l'enfance, des histoires qu'on se raconte et de l'admiration et l'agacement devant ce modèle critiqué, la grand-mère.

6 commentaires:

jeandler a dit…

Un virage à négocier ?

Brigetoun a dit…

à contre coeur (sourire)

Dominique Hasselmann a dit…

Comme dans un célèbre tableau de Caillebotte (1875), l'écriture doit parfois se raboter... :-)

Brigetoun a dit…

Dominique, et comme pour les parquets cela demande de la patience

Anonyme a dit…

Le choix d'un classeur est important ...un peu comme le sage lettré qui place avec soin la pierre l'encre et les pinceaux avec précision afin que l'esprit se libère et entre en action

Brigetoun a dit…

on verra le résultat (qui sera peut-être nul si la scolarisation intervient rapidement ce qui serait un bien… essaierais de remotiver)