samedi, janvier 11, 2020

Flambeaux et incendie imaginaire

jour un peu hors service, mais m'en suis allée à six heures pour tenter d'accompagner sur une partie du chemin (sans grand espoir) la marche aux flambeaux organisée par la CGT entre les Doms et la gare, rétablie, pour soutenir et avec le vague espoir de retrouver les impressions de mon adolescence quand la toute fraiche athée communiait en se tordant les chevilles avec la ferveur plus ou moins grande des processions de la fête votive d'un des villages où nous allions en vacances à l'abri – cela me révoltait – de la chaleur émolliente du mois d'août toulonnais...
Mais comme il faut toujours un temps de mise en ordre, comme je n'en avais pas tant, moi, de temps, ne les ai vus que de loin, 
se mettant en ordre, allumant leurs lumignons, 
et m'en suis allée, les écoutant chanter, voyant en me retournant la petite masse lumineuse à cinq cents mètres environ derrière moi jusqu'à Saint Didier
et j'ai continué mon chemin vers le théâtre des Halles où j'allais assister, dans une salle pleine – et avec la rencontre agréable d'une jeune femme qui m'avait vue dans les manifs et qui est, comme moi, mais sans que nous nous soyons rencontrées jusque là, une presque-bénévole Rosmerta (toute la file d'attente a bénéficié des louanges de la chose) – assister donc à la lecture-mise en espace (en fait les acteurs, Elsa Granat et Stéphane Schoukroun, avaient découvert le texte final il y a quatre jours pendant une résidence au théâtre) par Alain Ubaldi et sa compagnie KIT (Kapitalistic Interrelation Théâtre https://www.cie-kapitalistic-interrelation-theatre.com/compagnie.html) de son dernier texte Riviera, qui pose un peu d'humour, un peu de philosophie, l'évocation en passant d'Adam Smith et de Ricœur (les personnages sont une actrice et un professeur de,littérature) sur une évocation de l'effondrement de notre société, à travers une fable qui ma foi est presque devenue d'actualité
Au début du XXIème siècle, un homme et une femme au tournant de la quarantaine se retrouvent immobilisés dans la salle d’attente des urgences d’un hôpital déserté. Lui, suite à un accident de voiture et elle, à cause d’une tentative de suicide. Seuls, livrés à eux-mêmes, ils errent dans les couloirs de l’hôpital à la recherche d’une issue, pendant qu’à l’extérieur, une foule de réfugiés fuyant un feu hors de contrôle, tente de forcer les portes et fenêtres de l’hôpital.
Je parlais d'humour, cet humour qui nait de la contemplation du vide, parce que certains échanges le laisse transparaître de façon presque imperceptible, comme une possibilité... on verra ce que donnera le spectacle à l'automne..
Retour dans les rues vidées par l'heure du dîner.


6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Avignon la nuit, toujours magique (mais je ne peux plus lire le nom de Ricœur sans l'associer au président de la République, l'absence de philosophie incarnée)... :-)

Brigetoun a dit…

La formule mise dans la bouche du professeur pour parler de lui, et sans se référer au président; était si drôle (d'une superbe ironie) que je croyais l'avoir retenue… mais ne la retrouve pas

Godart a dit…

Foule dehors, salle pleine à l'intérieur, le collectif fonctionne encore.

Claudine a dit…

beau tremblé de nuit

Brigetoun a dit…

Godart, et là j'émerge d'une journée d'un collectif où il s'agissait de m'ancrer un peu et de faire entendre, quitte à remettre l'examen de leurs activités à plus tard, les absents - ceci en modérant mon refus instinctif des méthodes d'animation (colibri ou autres)

Brigetoun a dit…

Claudine, oui et encore c'étaient les moins floues !