jeudi, mars 19, 2020

Journal du C force 3 – 3

d'un c qui n'est pas vraiment confinement, parce que surprise heureuse d'avoir enfin des comptes qui permettent, non de flamber mais de souffler, et comme n'avais plus qu'une toute petite patate ridée, de pouvoir me délivrer une autorisation de sortir pour déplacements pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements autorisés.. ai pensé halles, ai pensé Carrefour, ai choisi ce dernier parce qu'autorisait trajet désert et m'en suis allée avec un couffin..
choisissant sans danger dans les vitrines de la rue Folco de Barroncelli des objets au charme plus ou moins léger,
notant les consignes pour accéder chez un huissier, espérant que tel ne serait pas le sort des boutiquiers de la rue Joseph Vernet, longeant des rideaux ou m'imaginant sans penser utilité, finances, âge, physique, un souple tailleur en toile de lin molle et rayée comme de la toile à matelas, une gigantesque robe de raide coton blanc, une veste brodée et deux petites robes chemisiers
le ciel était d'un bleu aimable et la lumière nous donnait plaisir aux pierres et à moi
il n'y avait que trois clientes, vieilles bonnes femmes comme Brigetoun, dont une qui avait besoin de proximité, de parlotte et d'aide – ma canne aide pour les objets juchés trop haut – et assez peu d'adhésion aux distances à respecter, ma foi c'est la vie, il y avais aussi, comme l'avais lu, des rayons passablement vides.. suis repartie avec des ersatz de ce que voulais, juste autant que pouvais en porter (pour les légumes ou patates les halles auraient été de meilleure qualité et conservation future, ma foi c'es ainsi)
et m'en suis revenue par la place de l'horloge devenue un désert bordé d'amoncellements (mais avec au coin le marchand de journaux où attendre mon tour de pénétrer pour acheter le Canard en compagnie de joyeux gardes des jardins assez peu soucieux également de l'idée de distance mais sans excès)
et puis la plupart de mes projets lecture ou écriture ont sombré dans une longue sieste d'où j'ai émergé si tremblante que j'ai pris ma température, riant du résultat... prendre garde à ne pas laisse les discours me rendre plus stupide que nature – alors ceci, un peu de repassage, aspirateur, et une promenade sur les routes andalouses en écoutant des fados.

10 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Restez quand même chez vous le plus possible ! :-)

Dominique

Brigetoun a dit…

merci pour ce commentaire que suis arrivée à récupérer sur la face cachée de paumée revenue, boite mail en surchauffe déclare forfait pour le moment... internet sature peut être un rien
oui en tout cas aujourd'hui tant pis pour la marche je pense.. envie d'essayer d'écrire et des relectures
et soyez scrupuleusement sage vous aussi

Arlette A a dit…

Oui finir par devenir "stupide" en craintes non justifiées mais reconnaître que toute cette peur distillée est efficace pour les rebelles Pensées solidaires

Brigetoun a dit…

l'agaçant est que ce matin :paumée rame et ma boite mail me dit revenez plus tard !
vais attendre, internet semble commencer à saturer

Claudine a dit…

par chance, aujourd'hui nous partageons le même bleu, les mêmes bleus et les mêmes corvées :)
plaisir de vous lire

Godart a dit…

"Un souple tailleur en toile de lin...", le confinement nous laisse le temps de laisser grandir nos désirs et nos finances épargnées peut-être de les réaliser dans un futur que nous espérons tous pas trop lointain.

Brigetoun a dit…

plaisir d'autant plus grand pour moi Claudine que ce matin ma connexion était hésitante puis morte et que viens seulement de la récupérer (je croise les doigts)

Brigetoun a dit…

non Godart ai mené la vie trop largement, mes économies sont très très entamées et vais me restreindre (frusques, livres, spectacles) à ma petite retraite... ai plein de vieux bidules encore très sortables (sourire) et cela me permet de faire choix virtuel sans penser aux étiquettes ce qui dans mon quartier est aussi bien

Arlette A a dit…

Belle-sœur toujours hospitalisée en isolement ste musee mais respire mieux semble sortie du grave Bravo à la gentillesse des soignants et leur patience

Brigetoun a dit…

si heureuse pour elle (et pour toi !)