lundi, juin 22, 2020

juste cela


La gloire du ciel
qui régnait sur la ville
je l'ai négligée
ai gardé le rectangle
que ma cour y découpait
et regardé les nuages qui le traversaient parfois – ou les grandes draperies vers la fin d'aorès-midi –, en écoutant des CD, en tentant vaguement de décider où planter un regardeur omniscient pour l'atelier d'été de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4916 un quai dans un port, un nœud de correspondance du RER, le parvis d'une gare, les guichets d'un parc de loisir, le hall d'un palais de justice, une agence de l'ANPE, le vestiaire d'une réception.. en lisant les discours, en 1850 de Victor Hugo sur la liberté de l'enseignement (c'est à dire à l'époque contre l'enseignement religieux) et la déportation et des satires d'Horace (au début du Tome 1 des œuvres complètes traduites par Danielle Carlès chez publie.net https://www.publie.net/livre/oeuvres-completes-t-1-horace/) avec des moments de léger ennui de bon ton, et des moments de jubilation discrète
Les turbots vivaient tranquilles, et les cigognes aussi dans leurs nids
jusqu'au jour où un quasi-prêteur les mit à la mode. Donc
si l'on dit aujourd'hui que le plongeon rôti est délicieux ;
docile au bizarre, la jeunesse romaine obéira
. Ces turbots géants et ces casseroles
géantes apporte avec eux dépense et déshonneur. Ajoute
la colère d'un oncle, des voisins, toi-même qui t'en veux
(ne sais pourquoi j'ai trouvé cela jubilatoire, je n'avais pourtant pas de problème avec mon déjeuner)
et qui désires en vain la mort, car il te manque pour cela
un as que tu n'as plus, le prix de la corde. Transius, oui,
dit-on mérite ce blâme, mais moi j'ai de gros revenus,
ma fortune est immense, assez pour trois rois réunis. Eh bien,
ce superflu, n'y aurait-il pas mieux à quoi le dépenser ?
Pourquoi, si tu es riche, un homme est-il pauvre indûment ? Pourquoi
les anciens temples des dieux croulent-ils ? Pourquoi, pingre à ta chère
patrie ne pas donner une paille de cette si grande meule ?
Pas de doute, tu es le seul pour qui tout ira toujours aussi bien !
Pas de doute non plus, Mécène avait un ami révolutionnaire.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Couleur in excelsis...

Je me souviens de Mécène (il en reste pour N.-D. de Paris !). :-)

Brigetoun a dit…

tiens je devrais me re^pencher sur le personnage... les actuels ont-ils même importance sur la culture de leur époque ?

Claudine a dit…

je me méfie des époques où l'art dépend des mécènes, jamais prometteuses pour les gens dans le besoin

Brigetoun a dit…

oui, mais à cette époque là il est bon d'avoir des mécène (avec le danger de courtisanerie que cela représente, Horace se ventant dan une autre satire d'être le Seul des "amis" de Mécène qui n'y cédait pas, au risque d'avoir le rôle de "fou du roi" ça s'est moi qui l'ajoute

Nadamasse a dit…

Les dernières mesures établissent qu'il y a plus de bleu dans votre tête que dans le ciel avignonnais (en pourcentage, attention).

Brigetoun a dit…

Nadamase, rien n'est moins certain