mardi, juillet 28, 2020

Un peu de ce lundi et atelier

une tentative de capture d'un des vols de pigeons qui traversaient ma cour et fuyaient mon appareil avec même constance (et le rire ne m'aidait pas) ou le moins pire des résultats.. mais, crevée (suis très petite chose douillette) après le passage de l'aspirateur et un peu de frottage énergique du coffre pour l'odeur de miel de la cire, sortir et à nouveau remettre dans son sac le tas de repassage légèrement augmenté et, assise devant l'ordinateur, regarder en différé une émission tentant de préserver le souvenir du festival tué (qui avait cette année pour thème, peut-être un peu trop en situation, de Eros et Thanatos)... vous souhaite si ne l'avez vu de prendre 51 minutes pour cela. https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/1846175-avignon-2020-fragments-d-un-festival.html avec la confection (aime bien ce mot là) d'un spectacle qui n'aura été vu que là, de répétitions (de masques magnifiés aussi)... et les voix et visages des « artisans » Novarina – l'écouter, les autres aussi, parler de la création –, Macha Makeïeff, Ivo van Hove, Jean Bellorini, les acteurs, Jean-Claude Carrière et Yoshi Oïda pour un des spectacles que ma bourse et mon besoin avaient retenus, un des acteurs et maintenant anciens détenus, Py et l'écran qui nous sépare du mortel que nous sommes, chacun de nous citoyens/spectateurs (bon il idéalise un peu), la cour d'honneur que le soleil du mitan du jour annule presque, comme parfois les rues où la caméra se ballade d'un lieu à l'autre, le directeur technique veuf de ses mois de transformation des pierres (et au passage Ma gargouille des Carmes) etc... (même ce que je n'ai pas aimé ou moins aimé gardant toujours, dans le processus de « fabrication », de l'intérêt)


et, je passe au blanc mon charroi de linge et vêtement un peu avant la fin d'après-midi afin d'éviter chaleur, pour reprendre ce que j'ai sorti (bien ou mal, le bon était d'avoir franchi l'obstacle) pour l'atelier d'été de François Bon #3 http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4918 «en long en bref mais quitter la ville », en gardant mon erreur qui m'a fait débuter par le bref (début de nouvelle), en changeant un mot qui m'a sauté aux yeux mais j'avais déjà été trop casse-pieds, et en posant deux photos sans rapport précis.

Après une fin

en bref :

Il l'avait frappé cet homme, il n'avait plus rien, oui, et voilà il était dans ce train puisqu'il devait partir. Il ne pensait plus à ce qui avait précédé, heureusement il y avait la perplexité inquiète du futur, forcément mieux, il le fallait bien, mais que serait-ce ? Et puis comme cette interrogation, qu'il voulait un peu amusée, détachée, curieuse, se teintait d'un peu de grave parce que le toit, le lopin, bon il ne fallait pas s'attendre à une merveille, le lui avait bien dit l'ami, mais il fallait qu'il en soit digne en en tirant un peu de bon. Obligation assez douce mais très irritante, alors pour fuir il s'est endormi... et s'est senti comme un enfant tombé du lit, douloureux, impatient, et tout yeux et envie ouverts, quand la vieille femme, sa voisine de siège, l'a réveillé. A fait tomber sur son siège le sac de marin prêté, l'a saisi, est descendu sur les lattes de bois du quai. La lumière qui frappait les glaces du toit arrondi l'a ébloui, il y avait un parfum de neuf dans l'air et un employé lui a indiqué avec un accent chantant, teinté d'italien, assez dépaysant même pour cette ville, le train régional qu'il devait prendre. Il a eu une envie de siffloter, presque d'esquisser un pas de danse. Peut-être l'a-t-il fait.


En long :

Il ouvrit la fenêtre de sa chambre le lendemain de son arrivée sur le frémissement du jour, un carré de terre herbue, le mur de pierres sèches, au delà, que la lumière effleurait doucement, avec tendresse a-t-il voulu penser. En fait il eut largement le temps de découvrir le matin éveillant son nouvel univers, pour l'accepter ou non, pendant qu'il bataillait avec l'espagnolette indocile. Un appel, il se penche, la vieille femme qui lui avait remis la clé de la maison la veille, tête levée depuis le chemin, l'invite à boire le café chez elle « juste pour ce matin, vous attends dans dix minutes ». Devant la glace de la minuscule salle d'eau, dans sa tête qui remue la nuit pour la chasser, des images s'entrechoquent pour lui éviter de se voir : la place du hameau et le car qui l'y a largué dans la nuit, la petite gare sortie d'un jeu d'enfant où l'avait laissé le TER (il aime cet assemblage de lettres qu'il a découvert, comme un bonbon), la beauté neuve, récente plutôt, de la gare aux abords de ce qui sera maintenant pour lui la Ville, et en recrachant l'eau, en posant sa brosse sur une tablette de bois rongée d'humidité il repousse ce qui a précédé. Le café était bon, légèrement amer mais bon, comme la grande tranche de pain réchauffée au four qui lui parlait de l'enfance «sont bons mais trop gros les pains du boulanger, si vous voulez on devrait lui commander une miche commune chaque jour, bon on en reparlera ». Mais le chemin vers le village était long, assez pour qu'au rythme des pas revienne, pour être liquidé, ou plutôt mis en ordre dans un coin de son crâne, comme un témoignage, une leçon, un peu de miel aussi, parce que c'était sa ville et qu'elle et des moments vécus, de longs moments, le rendaient toujours heureux, le souvenir de l'effondrement, ce jour où il n'a plus pu supporter le mépris, la suffisance de cet imbécile et où il l'a frappé, a-t-on dit, simplement menacé à vrai dire, mais c'était suffisant. Il passe vite sur le faible soutien des camarades, sur le moment où il s'est retrouvé chez lui et l'a trouvé misérable ce chez-lui, la tentation... et puis vite parce qu'il arrive au village, la main tendue, refusée, acceptée et les formalités accomplies presque avec emportement pour ne pas revenir en arrière et parce que cela empêchait de penser, le tout petit bagage, la gare de Lyon où arrivé en avance il a erré en se sentant hors du temps. Ce village ce n'était pas le village que l'on voit derrière les hommes politiques sur les affiches mais il lui plaisait, décidément.


Codicille : ai longtemps buté sur ce départ, faute de m'abstraire du réel, et avais décidé de sauter cette étape, et puis l'écoute de la vidéo présentant le #8 a réveillé une envie d'écrire, comme pouvais, mais finalement pas ces deux fois quatre lieux, non mais l'arrivée d'un des personnages qui s'étaient invités dans mes petites ébauches, sans que je vois ce qu'on pourrait en tirer (une polyphonie ou quelque chose de ce genre). Bon suis pas certaine du tout que ce soit passable et que ça réponde à ce qui était demandé. Mais go ?

2 commentaires:

Claudine a dit…

Oui go, comme ils disent maintenant !
ces voyages en train provoquent des sensations universelles, comme la musique

Brigetoun a dit…

Claudine, mon rire horrifié !