samedi, avril 17, 2021

Non lecture, un tour, lecture


en haut de la rue

un sentiment de vide

les lauriers coupés


un manque qui m'a presque fait trébucher, la perte de ces deux buissons magnifiques qui a assombri un temps mon cheminement vers Rosmerta dans ce printemps bleu encore un peu piquant... allais m'incruster dans une lecture/débat organisée par une bénévole, dont la première avait eu un grand succès (avait attiré et captivé treize jeunes) par curiosité, et peut-être pour m'en inspirer... mais avais mal, compris horaire ou j'étais en avance...


au bout d'un moment, tournant en rond entre bureau et cours somnolentes, ai renoncé, suis rentrée, faisant un petit tour de rues en rues, jusqu'au chantier de l'ancienne prison, la poterne, le Rhône,


et rentrée dans l'antre, parce qu'il était cité par François Bon dans la vidéo présentant la fin de l'atelier d'hiver, ai péché dans le casier dont il dépassait (son format presque carré) «L'Origine de la danse» de Pascal Quignard (chez Galilée), non du tout pour me préparer à écrire ni chercher une idée (hors la sensation de perte d'équilibre qui se fait de plus en plus fréquente et se transforme en flottement réprimé en danse) mais par plaisir de retrouver ces textes, et dans ces textes ce motif fréquent chez lui.

«La dépendance à l'origine, l'inhérence au corps contenant de la mère tout à coup, d'un coup de rein, est rompu. Tel est l'instant natal.

Incroyable danse expulsive (perte des eaux) intrusive (l'intrusion de l'air dans le corps), chute sur la terre (dans la non motricité, dans la possibilité de la mort, dans la défécation, dans la faim), tel est le fond de l'expérience des hommes.»

et deux pages plus loin

«Dans l'eau du ventre ils se dépliaient, ils touchaient, ils exploraient, appuyant le pied sur un point d'élan ils gravitaient,

ils tournaient et se retournaient,

dans l'ombre,

ils dansaient presque.


Tout à coup ils dansent vraiment

tout à coup ils surgissent

dans la lumière, dans le froid, dans l'air...» et ce m'est deuil de couper, de mettre fi,n à cette citation déjà plus longue.... mais je poursuis, moi, avec les un peu plus de 100 pages suivantes.


4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Ancienne prison d'Avignon, je me souviens de l'expo, chaque cellule étant devenue comme un lieu d'art après un endroit d'enfermement.

Le Dupond-Moretti ne l'a sûrement pas visitée, ses clients d'alors étant plutôt justiciables à Paris. Sa réforme de la Justice est à son image : boursouflée, excluant les jurés populaires, permettant de filmer des procès comme les nouvelles séries à la mode.

Il vaut mieux se promener - sans penser à la politique française du moment (si on rajoute la "loi sur la sécurité globale" (cette dénomination d'entourloupe)... - comme vous le faites avec une belle constance. :-)

Brigetoun a dit…

pour Dupont Moretti je pense que s'il était avocat au moment du déménagement de la prison c'était depuis très très peu de temps...
Quant à moi avec le temps ai appris à ne m'intéresser qu'aux conséquences pratiques sur les plus faibles de la politique de quelque gouvernement que ce soit

Arlette A a dit…

Format carré vite retrouvé Quignard écrit toujours un écho à chacun javais coché p 100 ..j'ai assez volé dans le ciel les temps..

Brigetoun a dit…

oui Arlette, contente d'avoir été amenée à remettre le nez dedans