lundi, septembre 20, 2021

Souvenirs de sel, de prisonniers et de pénitents


M'en suis allée dans l'après midi, le nez dans petit vent une fois sortie des remparts et sous un ciel animé, vers la porte de la Ligne,


et le grenier à sel https://fr.wikipedia.org/wiki/Grenier_%C3%A0_sel_d%27Avignon remanié en 1758 par Jean-Ange Brun, auteur de la chapelle de l'Oratoire ma voisine, et sérieusement remanié/restauré par Jan-Michel Wilmotte (un peu freiné par les bâtiments historiques) pour en faire une salle des ventes puis un lieu culturel.


Ecouter avec une certaine distraction - j'entends mal - l'histoire des dépôts de sel, de la gabelle etc..., passer un nez dans une salle de projection aménagée dans une partie du bâtiment,


ressortir pour voir la charpente et par une porte latérale, accéder à un petit vestibule, rencontrer trois hommes aimables qui me proposent un ascenseur mais monter vertueusement à pied les deux étages qui correspondent à la hauteur des salles du rez-de-chaussée, les yeux amusés par les tabliers de maçons que j'aurais peut-être supprimer de mon appareil parce qu'en haut j'ai débouché dans l'entrée d'une loge, et devant une porte, à côté d'une buvette tranquille, face à une femme assise, outrée par la vue de mon appareil et, semble-t-il, tout autant par ma présence... ai obtenu de circuler un moment entre cloisons pour voir (et surtout ne pas photographier) la fameuse charpente, qui n'a guère comme intérêt que son ancienneté relative, sa taille et sa simplicité...


Pour revenir, ai suivi la rue du rempart de la Ligne, vers l'ancien mur des offrandes, devenue l'entrée du chantier de l'ancienne prison... rêvant, sans espoir, d'habiter un jour dans un des logements qui prennent forme au dessus des murs anciens (j'aime assez le projet de transformation mais ce ne sera pas pour moi, ce qui est fort accessoire) et j'ai rejoint, collée à la prison,


la chapelle des Pénitents noirs de la Miséricorde, confrérie fondée en 1586 par Pompée Catalina, colonel de l'infanterie papale et quelques italiens d'Avignon et installée en 1591 dans l'ancienne chapelle de l'hôpital de Notre-Dame de Fenouillet qu'elle augmenta d'une sacristie et d'une anti-chapelle (je me base avec plaisir une fois encore sur l'Evocation du vieil Avignon de Joseph Girard – éditions de Minuit) pour secourir les prisonniers et assister les condamnés. Chapelle dont la restauration ou reconstruction tant elle était délabrée, fut décidée en 1739 par le chirurgien Louis-François Manne recteur de la confrérie et Thomas Lainée conseiller et auteur des dessins de la façade et du plafond. Dessins respectés, après sa mort, par Jean-Baptiste Franque et, pour les sculptures de la gloire de la façade par Antoine Brunel, Pierre Castellan et Pierre Bondon.

Chapelle d'une confrérie austère semblable à un salon baroque, en deux parties


l'anti-chapelle (beaux autels en marbre des frères Mazetti, avignonnais)


et la chapelle proprement dite avec ses fastes, ses bambini ou petits anges dans tous les coins et de grands tableaux aux attributions peut-être ambitieuses...


Et m'en suis revenue en longeant le fleuve avec les petites familles.

12 commentaires:

arlette a dit…

Visite ciblée et toute la richesse d'un passé très présent Merci à toi ..le sens nulle de ne pas faire un effort dans la foule

Dominique Hasselmann a dit…

J'avais visité l'ancienne prison - siège d'une expo utilisant toutes les cellules - avant son "déménagement", ses prisonniers ayant été "relogés" ailleurs...

Le théâtre carcéral ne faisait pas partie du festival ! :-)

Brigetoun a dit…

Arlette, n'ai pas risqué la foule et ça m'a aidé à respecter l'heure de marche - juste (y arrive de moins en moins)

jeandler a dit…

La cerbère anti-photo me rappelle un souvenir "église de Conques) mais celle-ci ne vendait pas de cartes postales apparemment.

Brigetoun a dit…

me souviens Dominique que vous l'aviez visité (moi deux fois) fascinante de douleurs emmagasinées en souvenir des prisonniers plus de dix ans après leur départ) là on en est à près de quatre ans de travaux... et pas si mal le projet retenu par comparaison à ce qu'on aurait pu craindre

Brigetoun a dit…

Pierre non elle défendait ses pauvres secrets (les autres étaient beaucoup plus décontractés !)

mémoire du silence a dit…

Comme j'aime la dernière phrase :
"Et m'en suis revenue en longeant le fleuve avec les petites familles."

Brigetoun a dit…

l'avantage hier c'était que la présence de piétons en groupe grâce aux visites du patrimoine et aux promenades dominicales freinait l'élan joyeux des cyclistes !

cjeanney a dit…

(les deux tabliers de maçon ressemblent à des bavoirs brodés qu'on offre pour une naissance :-)))))

Brigetoun a dit…

Christine exactement, très mignon

Claudine a dit…

J'aurais bien voulu voir la tête de la gardienne de la charpente à l'arrivée de la petite Dame à canne tout en haut

Brigetoun a dit…

elle n'était pas fort gracieuse - sourire (et la petite fille d'une bourgeoise lyonnaise s'est réveillée en moi instantanément, avec toute la courtoisie et la fermeté nécessaires)