dimanche, octobre 10, 2021

Exposition aux Célestins et mon trajet du jour


Dans le bas-côté de gauche, le plus large, par lequel on entre désormais et qui descend de travée en travée vers les deux chapelles axiales, sont disposées, à belle distance l'une de l'autre, les céramique de Jeann Andrieu (Limoges) https://www.jeanneandrieu.com/, ce qu'il y a de plus évident matériellement dans l'ensemble présenté.


« Mes sculptures représentent des fragments de souvenirs d’un monde imaginé mais fortement inspiré du nôtre. J’explore la qualité sculpturale des plantes et des coraux tout en essayant de capturer leur vulnérabilité et leur sensualité. Leurs motifs, textures et couleurs infinis me fascinent et m’inspirent. 


J’observe avec tendresse mes créatures hybrides pendant qu’elles mutent, trouvant librement leur place au sein de mon univers créatif... »


Devant le chœur qui reste vide cette fois, est accroché (j'avoue que suis moins sensible,même si j'aime assez la démarche) un photomontage à partir d'une affiche publicitaire de None « artiste hackeur urbain » (voir sa bio http://www.noneiseverywhere.com/bio.html)


Dans la grande nef, un côté est occupé par les panneaux de tailles diverses, installation au premier abord un rien énigmatique et indifférente, de PRAG https://atelier-prag.com/, une série intitulée « tabula rasa », un projet que j'aime assez


« Ensemble de 44 oeuvres anciennes personnelles recouvertes de peinture blanches puis poncées et grattées afin d'en révéler la surface. Tout n’est pas perdu, un projet qui questionne l’effacement, le recouvrement et les résurgences; en tension permanente entre oubli et mémoire, entre page blanche et archéologie des gestes passés. La contradiction assumée de l’acte blasphématoire de recouvrir des œuvres pour en retrouver les gestes primaires, les sédiments qui devront/pourront perdurer. Une installation compulsive, brute et douce... » Marie-Cécile Conilh de Beyssac

Et il est assez fascinant de découvrir ces traces...


L'autre côté est occupé par une installation « demandas (exigences) » (dont je ne suis pas arrivée à photographier correctement un détail contrairement aux images du site https://ameliasampaio.com/portfolio/demandas-exigences/) d'Amalia Sampaio plasticienne et performeuse née dans la banlieue ouvrière de Rio et installée à Avignon (belle vie https://ameliasampaio.com/bio/)


Pour finir, le travail, que j'ai bien aimé, de Juliette Guérin (Marseille) https://www.instagram.com/juliette_guerin.dark.s/ , qui porte un regard un rien sarcastique sur notre société. Elle occupe les trois chapelles axiales avec des vidéos mais n'a pas grand chose à en montrer, sauf, dans une niche, une sculpture qui fait partie d'une série nommée Bad Taste  (« référence au premier film de Peter Jackson, dans lequel un groupe d'extraterrestres a été envoyé récolter un maximum d'humains qui serviront de chair fraîche pour leur chaîne de fast-food... ») : pour questionner « une société qui doit répondre à des normes... de beauté toujours plus extrêmes » elle a pris l'empreinte de plusieurs bustes en plastique (des mannequins de magasin), le latex permet de créer un négatif et, « une fois retourné, le corps se déforme et devient monstrueux.

N'ayant pu reproduire (elles sont assez sombres et dans les rares endroits un peu plus sombres de l'église (grâce à des rideaux permettant d'occulter les chapelles) je reprends la description de l'une (Auto clean) d'elles réalisée en studio et inspirée « des vidéos de présentation de type tutoriel sur You Tube dont Juliette Guerin utilise l'esthétique (des lumières et des plantes artificielles par exemple »/ Dans ce film, elle réalise un nettoyage de phares automobiles avec du Coca-Cola, du savon et du jambon. Pour cela elle montre différentes étapes de nettoyage absurde :

1 – utiliser le savon et frotter la partie intérieure du phare.

2 – verser le Coca-Cola sur la partie extérieur du phare pour le faire briller.

3 – Utiliser le jambon comme serviette pour essuyer les résidus de savon et de Coca-Cola... »

et j'avoue que l'absurdité de l'opération consciencieuse, soigneusement exécutée, m'a réjouie.


Aujourd'hui, comme prévu, m'en suis allée en début d'après-midi, passant par la Fnac pour chercher et trouver un livre/cahier pour débutants vraiment débutants dans l'écriture et la lecture, cadeau pour M en espérant qu'il tentera de s'en servir entre nos moments de présence


continuer, rencontrant au passage une joyeuse fanfare sans pouvoir m'attarder

vers la rue Pasteur, un peu de plaisanteries, la conquête de sacs à dos de collégiens restant en réserve pour les deux arrivés de vendredi, deux heures et quart de français niveau très débutant et niveau CAP (en essayant de ne pas trop dicter en faisant sortir un texte de douze lignes (avec correction des fautes et utilisation du dictionnaire) sur un trajet depuis le village africain jusqu'au Maroc...


et un retour en avançant au devant de nuages avec l'espoir qu'ils restent aussi bienveillants.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Si les coraux disparaissent en mer, à l'église ils sont apparemment encore présents : tout n'est pas perdu...

Certaines "installations" (comme les toiles blanches "effacées" et empilées) interrogent plus qu'elles n'émeuvent : mais le ciel bleu est, lui, bien installé ! ;-)

Brigetoun a dit…

Dominique, oui e c'était le cas de tout ou presque ce qui était exposé dans cette église qui depuis les travaux et cette lumière forte et égale a perdu beaucoup de son charme et n'enrobe plus de mystère ce qu"elle contient (un peu un hangar de vente avec le décor en plus)

mémoire du silence a dit…

Merci pour cette visite aux Célestins
Je suis très sensible et intéressée par le travail de PRAG, j'avoue que j'aime beaucoup ce travail de traces...

et le ciel bleu encore et toujours,oui, et la beauté des platanes... les rencontres avec M ;-) cadeau, ce peu si précieux.

arlette a dit…

Des trucs etconseils déjantés sont effectivement réjouissants jaime aussi les gratures qui juste laissent apparaître une trace une idée

Brigetoun a dit…

Arlette, oui, ce sont ls deux que j'ai préféré mais il n'y a pas les moments d'émerveillement cette année avec cet éclairage galerie/hangar et la nature des oeuvres exposées

Brigetoun a dit…

Marie moi aussi... (PRAG)
mais comme le disais à Arlette l'ambiance mystérieuse la magie ont quittés les Célestins à grands coups de restauration même si je semble être une des seules à regretter (une amie rencontrée en sortant m'a regardée comme un être bizarre)

Claudine a dit…

Les toiles blanches grattées me rappellent les textes d'Isabelle Pariente sur l'effacement d'une œuvre. Je n'aime pas du tout le concept, mais sa démarche avait le mérite d'être... constructive.

Brigetoun a dit…

du mal à comprendre (même si nous savons que nos blogs ou sites sont mortels, si tant est que tous soient des oeuvres) ce désir d'intervenir dans l'effacement mais oui c'est sa démarche donc admissible et intéressant