jeudi, janvier 13, 2022

Le Mali a battu la Tunisie, donc je parle de livres


Faute de responsable disponible pour la réunion des habitants de Rosmerta, m'en suis allée un peu plus tôt que d'habitude pour éventuellement l'assurer (mais cela nous semblait peu souhaitable) ou plutôt profiter de la disponibilité des jeunes pour travailler avec eux ou M. la jeune femme... indifférente au calendrier footeux que je suis

mais, si ne le saviez pas, l'important c'est la CAN en ce moment ce que j'avais oublié mais que j'ai réalisé en entendant les clameurs et les rires qui tombaient de leur salle au premier : je suis tombée en plein match Mali-Tunisie... pas question de scolarité et réunion annulée, la jeune femme elle se disait patraque et refusait de quitter sa chambre (j'espère que le médecin confirmera que ce n'est pas grave mais une indisposition du genre flemme), j'ai hésité à rester plongée dans la liesse - faute de pouvoir partager les plaisanteries en bambara - de leur salle devant une des tablettes pour incarner les supporters tunisiens, seulement comme le Maghreb se faisait battre


m'en suis allée, en faisant un petit détour dans l'air redevenu calme et la lumière posant des accents là où le pouvait … mais j'ai constaté qu'on a ouvert un grand local un peu froid (préfabriqué) pour les devoirs avec masques élèves/professeurs (les quelques indifférents au match) et tables écartées... ça devrait aller mieux.

Alors dans le soir qui tombe, je tente quelques mots à propos de deux livres beaux et amicaux (ou plutôt je leur emprunte quelques phrases sans certitude de la justesse de mon choix, parce que parler d'un texte a toujours été hors de mes petites compétences)

soit : « bois d'azobe » de Françoise Renaud dans la collection Petites Pierres https://www.francoiserenaud.com/bois-dazobe/ « un récit écrit pendant le confinement » … découlant de l'atelier d'été de François Bon où nous avons vu apparaître le garçon ...  « il s'agissait de lui, ce type jeune à peau noire très beau que j'avais repéré au plein de l'affluence (note BC affluence écrite pour une contribution à l'atelier), splendeur et violence brusquement révélées dans l'espace réduit de la page du cahier. Son corps fin et puissant avait semblé saisi d'un mouvement continu au coeur ardent de la ville et il avait effacé tous les autres corps » et il amènera son chant, la musique, sa mère morte, l'enterrement, l'adieu, et une écriture qui se moule sans vouloir remplacer dans le ton des légendes, l'histoire d'une famille, de peuples, mais surtout, entremêlés, le récit de l'écriture de ce texte, les réflexions … « Pas question de rester hors des zones sensibles, de ne pas pister la musique des phrases, les rythmes, les cris, les couleurs, les mouvements de foule, les matières qui composent le sol.. Pas question de réfléchir... Ne pas dire que c'est bon comme ça... »

soit : le beau « Voyage en irréel » avec les superbes photos de Nicolas Orillard-Demaire et les textes de Juliette Derimay https://www.les-enlivreurs.fr/2021/08/voyage-en-irreel/n commande éventuelle https://spoteditions.sumup.link (une vidéo de Vincent Francey pour l'évoquer https://youtu.be/ga-L1X1swZY


et, au hasard (mais je suis navrée, j'ai massacrée la photo trop subtile pour mon appareil et l'éclairage de l'antre)

« C'est un endroit premier, sans artifices et sans colifichets. Des montagnes, des nuages, un peu de neige sur les sommets, un peu de vert sur les pentes. C'est une évidence.

Rien de flamboyant, et pourtant.

C'est un endroit qui résonne sans bruit, un lieu au naturel plein de panache.

…. (beau, mais je saute vers la fin de la page)

Alors pour cet instant on se prendrait à croire à la beauté du monde et à sa perfection, on se prendrait à croire qu'on sait pourquoi on vit, que c'est pour être là, juste à ce moment là. Voilà. »


 

12 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Mais oui, le foot fait aussi partie de la culture (Albert Camus était gardien de but)... Ils peuvent s'amuser, le virus est moins agréable qu'un ballon ! :-)

Brigetoun a dit…

ils étaient très joyeux mais déterminés (maliens, guinéens, ivoiriens etc... seul le sierra léonais et cinq acharnés de travail scolaires déjà pris en main ne participaient pas) qu'il était absolument évident que tout le reste était futile (et la CAN on en a encore pour quelques jours (sourire)

mémoire du silence a dit…

Oh ! oui, je suis preneuse ++ d'un voyage en irréel plutôt qu'un match de foot quelle qu'en soit la rencontre. Mais, je comprends cet engouement lorsqu'on est adepte et passionné.

Brigetoun a dit…

je crois que pour les jeunes africains la passion est encore plus forte qu'ici

Claudine a dit…

Le beau livre Voyage en Irréel, c'est ce format qu'on cherchait avec Francis.

Brigetoun a dit…

oui Claudine, le format idéal je pense pour réunir dessins ou photos et texte poétique ou de prose poétique

Bruno Lecat a dit…

Aimé lire ces lignes Brigitte, le contrepoint des photographies et des livres fait un subtil écho au bzllon rond, Camus etait peut etre gardien de foot mais avant tout écrivain n est ce pas...

Brigetoun a dit…

j'avoue que je préfère les lignes au ballon rond (pour l'ovale j'hésiterai un peu davantage)

françoise renaud a dit…

Quel beau méli-mélo d'images fortes en couleurs sur fond de clameurs en bambara !
et merci pour l'attention portée aux autres, aux livres des autres, à Bois d'azobé... ça tape fort du côté du cœur !
merci Brigitte

Juliette Derimay a dit…

Ouhla, Merci Brigitte, bien contente que le bouquin te plaise et un grand merci aussi pour le relai. Et oui, le ballon de foot s'emmêle parfois dans les lignes de l'écriture, encore un exemple avec "l'angoisse du gardien du but au moment du penalty", de Peter Handke, la preuve que le foot mène à tout ;-)

Au cas où le lien serait utile, la billetterie du "voyage en irréel", c'est ici : https://spoteditions.sumup.link

Brigetoun a dit…

merci Françoise parce que suis vraiment pas douée (sourire)

Brigetoun a dit…

Juliette merci (oui Handke) et vais corriger adresse