Opale blanche
pour mon réveil ce matin
Lumière lavée
sur plantes invasives
pour l’enfance de ce jour
Un fugitif passage au bleu avec nuages avant une ondée à l’heure du commencement des orages annoncés par Météo France, lesquels ne sont pas venus laissant la place au calme humide et morne d’un dimanche après-midi…
Des restes de braderie survivaient dans l’indifférence quand suis sortie, cheveux presque secs vers cinq heures, me « punissant » de n’avoir pas fait tout ce que m’étais fixé de faire en allant m’acheter un cookie pour aller avec le thé.. Les commerçants fermaient, fraternisaient, visitaient les quelques courageux, récapitulaient ces journées.
Et pour finir de « se punir » Brigitte au lieu de se plonger dans le relevé des organismes auxquels confirmer le changement de compte après le rachat par la Société Générale il y a un an de ma banque (certains ne tiennent pas compte de l’avis qui leur en a été donné) voient les demande de paiement ou leur versement refoulé (nous sommes des pions) a repris le recueil de poèmes choisis palestiniens choisis et traduits par Abdellatif Laabi publié par Bacchanales la revue de la Maison de la Poésie Rhône-Alpes (n°27 - 2010) et y a cueilli
Parfois
Parfois,
quand nous écoutons une chanson
nous imaginons que le chanteur
psalmodie nos papiers personnels
Parfois
quand nous apprenons coup d’Etat
nous imaginons qu’on s’adresse à nous
pour que nous sortions et changions
Parfois
quand nous entendons les vagues battre les rochers
nous imaginons que les mers
sont encore sur notre planète
Parfois
parfois
nous imaginons que nous existons
dans le bulletin d’informations
Mohammed al As’Ad
Exception
Tous parviennent à destination
le fleuve, le train
la voix, le navire
la lumière, les lettres
le télégramme de condoléances
l’invitation au dîner
la valise diplomatique
le vaisseau spatial
Tous parviennent à destination
sauf… mes pas vers mon pays
Mourid al-Barghouti
Les chapeaux et la raison
Les racines s’étendent sous l’océan
de l’Orient jusqu’aux confins de l’Occident
Les mélodies se rejoignent dans les profondeurs
et mon village galiléen embrasse avec son unique canine
la nostalgie des Indiens rouges pour leurs terres
Ils saluent notre raison avec leurs chapeaux tribaux
battent la mesure avec leur pieds comme nous dansons la debka
au son d’une rangée de flûtes harmonieuses
Les tristesses sont d’Orient et d’Occident
C’est ainsi puisque le ciel n’a pas arrêté les convoitises
et les victimes, si elles viennent à perdre leurs pioches et barricades
se raccrochent à leurs mélodies terrestres
Michel Hadad
Tout est comme avant
Tout est encore comme avant
depuis que nous sommes partis à la guerre depuis l’enfance
Peut-être que le soleil de ces années a déteint le blanc des rideaux
que le gravier de l’allée s’est arrondi et a gagné en éclat
Peut-être que l’herbe est devenue plus haute
ou s’est desséchée
Les trois glaces sont comme avant
ainsi que la photo de famille
le Coran relié
le chapelet de la grand-mère disparue
Tout est comme avant
rien n’a changé
sauf nous
nous qui sommes tombés
de la cloche de l’école
rur la guerre
et ne sommes pas encore revenus
Ghassane Zaqtane
6 commentaires:
Beaux poèmes… On pense aussi à la Turquie et à son dictateur inamovible… :-(
ou au Soudan ou à la Serboer ou certainement à bien d'autres endroits au Congo, au Mali etc..., là c'étaient des po§tes palestiniens , désikée
Comme le ciel triste et morne du jour les mots des poèmes sont émouvants dans leur simplicité
merci Arlette, petite chose que suis la poésie que j'aime use de mots simples
Merci à vous de donner à entendre la voix des poètes de l'exil et des peuples martyrs. Ecoutons- les, relisons Mahmoud Darwish en espérant qu'ils ne seront pas un jour censurés, aux US comme en France...
Claudine C
merci Claudine, j'ai juste évité Mahmoud Darwich qui bien entendu figure dans ce recueil parce que je (comme tous) le cote souvent et qu'à part Hadad je ne connassais pas les autres
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