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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

mercredi, juillet 29, 2026

Mardi paresseux

 


J’ai démarré un peu trop tôt ma journée parce que carcasse en avait décidé ainsi et que je ne voulais risquer de me rendormir trop longtemps pour que carcasse et l’antre soit prêts pour l’arrivée du maçon prévue pour neuf heures et demi… heure à laquelle la sonnette a retenti chez moi et chez mon voisin, le postier se mélangeant les doigts, et où j’ai attendu en haut des marches que plusieurs enveloppes me parviennent avec un paquet contenant le livre que Giovanni Merloni m’avait annoncé, son roman français comme il le nomme, « Petit océan tranquille dont j’ai feuilleté quelque pages et lu les premières

Ça y est, on nous a rejetés ! Le projet de pont sur la Garonne entre les Quinconces et le quai des Queyries, à la Bastide, dont nous sommes les concepteurs Gérard Arago et moi, a été refusé. Cela s’est passé hier dans la matinée au terme d’une interminable discussion auprès de la mairie, qui a pris l’allure d’une séance d’examen, à cause de l’attitude on ne peut plus hostile de Bruno Lagarde. Ce professeur émérite des Arts et Métiers a d’ailleurs profité de l’absence du rapporteur, Louis Lassalle, son collègue l’Ecole des beaux-arts. Après cela, j’éprouve un étrange sentiment de soulagement, se mêlant par à-coups à la gêne de l’échec et du temps perdu… »

avant que le maçon arrive vers onze heures… s’active à donner la dernière couche et reparte avec le pot de produit et ses outils, laissant ce qui était souillé dans ma poubelle, me laissant la consigne d’attendre vendredi pour mettre les pieds sur la surface mais me laissant aussi le bac et ses poussières de plâtre et plantes sèches (avec la promesse très vite énoncé de venir l’installer dans la cour devenue plus solide dans une quinzaine de jours) et me laissant, ce que je n’ai constaté qu’après coup, les volets grands ouverts… J’ai travaillé avec le manche de mon balai pendant une bonne dizaine de minutes à en refermer un mais ce triomphe ne s’est reproduit pour l’autre que quand j’ai mis le bout de mon soulier sur la surface molle y laissant une minuscule trace (ce que j’assume, et zut)… je peux donc les entrebâiller pour éviter de laisser la calor s’inviter à l'intérieur. 



Un déjeuner tranquille, une courte sieste, je suis sortie pour jeter la poubelle aux remparts vers seize heures avant de partir à Monoprix pour refaire provision de blocs à petits carreaux… mais le ciel bleu mort, la lumière tuée par la chaleur, le souvenir de ma fatigue et l’envie de me conter m’a fait en rester à l’achat d’un cookie chez La Tropéziennne et un tour du pâté maisons (alors que j’étais sans aucun doute capa le de davantage)… Le livre de Giovanni Merloni a pris place dans la pile à lire et je vais reprendre ce soir Lucrèce que j’ai quitté cette nuit un peu après cette sage réflexion (sourire) 

« Quant aux Centaures, ils ne vécurent jamais, et ne peuvent jamais vivre. Il est impossible que cette double nature, ce double corps, et cet assemblage de membres hétérogènes qui combinent leur double puissance, demeurent en équilibre. Voici de quoi convaincre les plus épaisses intelligences. 

Trois ans à peine révolus, le cheval impétueux est dans toute sa fleur ; mais non pas l’enfant : à cet âge, que de fois il cherche encore dans ses rêves les mamelles gonflées de lait ! Puis, sitôt que le cheval, au bout de ses forces, au déclin de ses années, voit défaillir ses membres languissants que la vie abandonne, alors seulement l’enfance fleurit aux approches de sa jeunesse, et un tendre duvet ombrage ses joues. Ne va donc pas croire qu’un homme mêlé à la semence du cheval robuste puisse engendrer un Centaure capable de vivre,  ou des Scylles au corps à demi marin, entourés de chiens furieux, et tous les monstres pareils, dont les membres offrent une discorde si éclatante. Car ils ne gagnent ensemble ni la fleur des ans, ni la cime des forces, ni le terme de la vieillesse ; la même Vénus ne les embrase pas : leurs habitudes diffèrent[…] »

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