Aux alentours de quatre heures (je n’ai pas regardé l’heure) un coup de sonnette et l’arrivée de petite soeur et son époux… Nous avons un peu tourné en rond, échangeant, passant d’une information ou d’une considération à une autre, amenant l’annonce de nouvelles certaines joyeuses, d’autres beaucoup moins, parfois inquiétantes, jusqu’à notre sortie commune, eux, pour rentrer à leur hôtel ou visiter quelque chose, moi pour marcher sous prétexte d’acheter des blinis.
En marchant chacun à son rythme avec des arrêts des deux soeurs pour échanger, grâce à la lecture sur les lèvres ou via le smartphone, j’ai compris que chez mon beau-frère, outre la différence d’âge marquée avec sa femme qui, de toute façon dépasse qui que ce soit en vitalité, il avait été diagnostiqué un problème cardiaque ce qui rendait d’autant moins sage une trotte trop vive et trop longue dans notre fort belle chaleur et je me suis sentie un rien coupable d’avoir acquiescé à l’idée d’un visite au Musée Angladon.
Comme à vrai dire nous étions presque au niveau de la place Saint Didier et que d’ailleurs c’était dans la direction de leur hôtel nous avons maintenu ce projet après une pause tranquille eux devant des cafés moi devant une orange pressée dans le calme ombreux de la terrasse du Café Berretta.
Plaisir de retrouver les oeuvres allées, les deux Foujita, les Degas, la neige de Monet, le grand portrait de Modigliani et sa proximité avec deux masques nègres, le petit vase d’Odion Redon, le Cézanne etc… les collections d’objets et mobiliers du premier étage avec mon envie, chaque fois, d’être chez moi dans la bibliothèque…
Et puis l’exposition temporaire du premier étage qui, cette fois n’est pas d’une importance évidente pour l’hurluberlu qui débarque là sans savoir de quoi il s’agit, qui multiplie les tableaux de styles à la fois apparentés et différents et que j’abordais fatiguée, surtout un rien préoccupée et plus attentive à mes compagnons que ce qui s’étalait, survolant le tout, ne retenant guère que certaines natures mortes qui tranchaient par leur construction, davantage par les dessins, amusée par des approches que je jugeais assez maladroites du suréalisme.. Je découvre avec un peu de regret (B était plus accrochée que moi, cherchant à comprendre, et a écourté sa visite pour tenir compte des deux vieux) que cet accrochage (depuis juin, honte à moi, et jusqu’à la fin d’ août) a pour titre « Un compagnonnage artistique. Jean Angladon et Paulette Martin »
Ils furent mari et femme, artistes et collectionneurs, héritiers de Jacques Doucet, grand couturier de la Belle Époque et mécène des avant-gardes. Ils vécurent dans un hôtel particulier du vieil Avignon, entourés des trésors légués par leur grand-oncle, parmi lesquels des chefs-d’œuvre de Sisley, Van Gogh, Modigliani, Cézanne, Degas, Manet, Picasso. Peintres, graveurs, ils menèrent un compagnonnage artistique hors du commun, chacun à l’écoute de l’autre, s’inspirant parfois des mêmes motifs tout en exprimant chacun un style, une personnalité singulière.
Jean Angladon et Paulette Martin souhaitèrent qu’après leur disparition leur demeure soit transformée en musée, et que leur collection puisse être admirée par tous. Trente ans après l’ouverture du Musée qui porte leur nom, l’exposition Un compagnonnage artistique. Jean Angladon et Paulette Martin leur rend hommage en proposant une traversée sensible de leur univers artistique, sur les lieux mêmes où ils partagèrent une vie d’atelier.
Je me demande si je ne devrais pas revenir pour une vraie visite attentive d’autant plus que j’au découvert ce soir un article qui m’y incite et me donne envie de faire le tri.
PS
Brigetoun Narcisse recopie une photo prise et envoyée par petite soeur qui la montre un rien perdue ou paumée














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