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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, septembre 12, 2026

Ce vendredi

 


Ce vendredi la température maximale avait un peu augmenté, la température minimale, avait un peu diminué et j’avais regagné cent grammes. J’ai balayé la cour, humecté les plantes, me suis douchée, ai fait une petite lessive, coiffé avec un résultat juste un peu moins satisfaisant que la veille, coincé mes cheveux sous le chapeau, mis appareil photo dans la poche de ma veste, suis sortie 



et j’ai pris, mes jambes toujours légèrement indociles et le petit vent jouant encore un peu avec mon chapeau, par des rues sans grande animation, le chemin du Carrefour de la République 




d’où je suis revenue, achetant au passage un cookie chez La Tropézienne, dans l’antre. Des tweets de Dominique Hasselmann (entre autre le lien menant vers la reprise rituelle d’un texte de François Bon) et la radio m’ayant rappelé (honte à moi) le 11 septembre 2001… avec instantanément une pensée au New York et aux USA de Trump, j’ai non moins rituellement pensé au Santiago du 11 septembre 1973 mais (honte à moi de nouveau) j’ai du faire appel à Google pour savoir ce qu’est le gouvernement élu au début de cette année par le Chili puis pour découvrir ce qui se cache sous le nom de Jose Antonio Kast et sous le sigle de son parti (PR Partido Republicano soit extrême droite populiste et conservatrice). Je me suis confirmé que nos temps pour être moins violemment tragiques ne valent guère mieux. 

Après un bon déjeuner bien fortifiant, après une bonne sieste, j’ai repris, encore et encore, le même recueil de poètes de la Méditerranée et entrepris de reprendre le tour de notre mer depuis sa rive nord mais en retenant pour chaque poète quelques vers avec le mot « mer » (ma pêche sera plus facile et abondante) en commençant par le Portugal (qui bien entendu est compris dans le recueil même si en fait ses côtes sont presque totalement baignées par l’Atlantique)


Antonio Ramos Rosa


… quand les drapeaux s’inclinent

quand les hommes se taisent

quand l’esprit se meut lentement dans le silence

quand la mer et le soleil se conjuguent dans la nuit

à travers les timbres qui respirent

quand la lumière efface en toi

la dernière lueur du jour

et que tu entres dans le silence de la nuit

avec le soleil sous les eaux

dans le silence de la nuit.


Casimiro de Brito


Je m’assieds  au bord de la ville et j’entends

La rumeur du sang l’érosion de l’argile 

Comme si tout ce mystère n’était rien d’autre que

La mer

Devant mon corps assis

La musique la lumière matérielle

où tout est moi où tout m’est donné 

Et rigoureusement refusé…


Castão Cruz


La mer où ton corps

reposait

comme si chaque vague édifiait


une grotte protectrice

est un champ relu Voilà ce qui reste

semblable au silence


Des corridors

me mènent à un autre temps parcourant

l’océan des lieux


Nuno Judice


…Et quand ces navires arrivent, les voiles gonflées

comme les ailes d’une migration d’oiseaux aveugles, je les célèbre, corbeaux échoués dans une hémoptysie de pétales, vomissant des coquilles, tandis que tu m’entraînes

vers la tempête du lit défait, où les marins

ont laissé les empreintes de minuit, et nous embarquons, sachant qu’aucun port n’offrira d’escale pour souffler les bougies de qui n’a jamais fêté d’anniversaire, maintenant

qu’une navigation de draps démontés agite la coque,

et tu m’ouvres l’écoutille sur tous les corps immergés dans cette mer, sur lesquels plane un oeil de libellules d’albâtre suspendues au cou d’une déesse… 


Ana Paula Inãcio


que fait la femme de dix-sept ans

dans une maison de campagne

le dos tourné à la mer

là où la nuit tombe la pluie

sinon de considérer de bon matin cette pellicule 

comme une photographie

non révélée 

de sa vie

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