Un ciel si voilé qu’il est nié, un air un peu plus que tiède et presqu’immobile, cents grammes conquis par carcasse de haute lutte, je suis allée jeter un sac d’ordures aux remparts
et j’ai continué vers le Carrefour de la rue de la République
d’où je suis revenue avec un petit gratin dauphinois, un cookie à la vanille et des petits blinis pour lundi matin (ainsi qu’une boite de cigarillos achetés en face, dans des rues qui commençaient à s’animer grâce à des touristes qui regardaient avec un certain détachement ce qu’on leur désignait
Dans la nuit qui s'installait, je me suis changée (inaugurant mes petites chaussures noires) pour grimper au troisième balcon de l’opéra et me préparer à assister pendant trois heures vingt (environ) aux quatre actes d’« Aïda » de Verdi sous le direction de Debora Waldman, dans une mise en scène de Frédéric Roels et une chorégraphie de Martin Harriague (pour le ballet de l’opéra), interprété par l’Orchestre national Avignon-Provene avec le choeur de l’Opéra du Grand Avignon renforcé par le choeur de l’opéra national de Montpellier-Occitanie, Claire de Monteil (Aïda), Eduardo Aladrén (Radamès), Marie Gautrot (Amneris), David Vartan (Amonasro), Nika Guliashvili (Ramfis), Jacques-Greg Belobo (Il Re), Aurélie Jariave (Prétresse) et Julien Desplantes (un messager)
Je reprends la présentation qui est faite du spectacle sur le site de l’Opéra
Un monde de pierre, de ciel et de sable. Une société militaire et religieuse qui écrase les corps et les désirs. Au cœur de cet univers immobile, quatre figures se débattent : une princesse toute-puissante mais prisonnière de son rang, une esclave amoureuse condamnée au silence, un héros divisé entre gloire et amour, et un père déchu prêt à tout pour survivre. Aida n’est pas un opéra du triomphe : c’est une tragédie de l’enfermement.
Derrière les apparats du pouvoir, Verdi compose une œuvre intime, tendue, où l’amour ne peut exister qu’en fuite ou en rêve. Aida ne désire qu’un ailleurs, une terre verte loin de l’aridité et de la guerre ; Radamès rêve d’un pouvoir qui le libérerait, mais il doit pour l’obtenir détruire le monde de celle qu’il aime. Tous aspirent à la liberté, aucun ne peut la conquérir.
Ici, pas d’Égypte monumentale ni de reconstitution spectaculaire. La mise en scène de Frédéric Roels traverse le temps et fait résonner l’œuvre avec notre présent. La pierre façonne l’espace, tour à tour refuge, mur ou tombe, tandis que le chœur forme une foule compacte, témoin indifférent des drames individuels. Aida parle d’amour sous pression, de pouvoir qui écrase, et de rêves impossibles dans un monde fermé. Une œuvre de plus de 150 ans, mais profondément actuelle, où l’espoir ne survit que dans l’idée d’un ailleurs.
En introduction après quelques mots du directeur le rideau noir devant lequel il parlait s’est ouvert révélant devant le rideau rouge une délégation du personnel de l’opéra (machinistes, quelques petites mains accessoiristes, costumiers, et plus obscurs encore personnel de l’administration) des figurants aussi, à l’initiative de la CFDT spectacle dont le représentant nous a indiqué que le personnel de l’opérateur était en grève pour une durée indéterminée à partir de ce soir (salaires, matériel à renouveler, départs non remplacés, etc… mais que bien entendu nous avions droit au spectacle que nous attendions avec comme signe de cette grève une (idée épatante, un rideau restant ouvert entre les différents actes et modification du décor, leur travail s’effectuant devant nous dans une semi-pénombre ce dont j’ai profité pour prendre quelques photos.
J’aime Verdi mais c’était ma première Aïda et bien entendu c’était bonheur, même si je n’aimais pas vraiment quelques voix de chanteurs, mais il y avait les femmes, Verdi et l’importance des choeurs qui eux rit très très bons. Bien aimé aussi le décor à géométrie variable et la mise en scène et les ballets qui recouraient à la géométrie dans les déplacements.




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