Surprise du chant du vent qui accueillait mon réveil, surprise de la confiture de pastèque choisie qui s’est révélée être (sotte que je suis et inattentive) confiture de reines-claudes pas mauvaise du tout au demeurant, surprise de la pièce de deux euros trouvée dans l’ourlet roulé du pantalon que je lavais… la température maximale annoncée par Météo France était ce vendredi inférieure de trois degrés à la moyenne pour cette date, carcasse avait atteint les 36 kilos et cela me donnait force et bonne humeur pour envisager le programme décidé jeudi pour ce jour : repassage et ménage ce matin, et à dix sept heures assister à une conférence sur Avignon au Moyen-âge à la Bibliothèque Ceccano malgré le mistral qui d’ailleurs semblait ne devoir être qu’un bébé mistral s’en prenant aux chapeaux et aux cheveux… Mais il y eut, au sortir de la douche, cette autre surprise plus désagréable : j’ai constaté que le radiateur avait été arrêté (sans doute par l’ouvrier cet été alors que c’était inutile)… j’ai cherché, retrouvé le mode d’emploi de cet appareil sophistiqué ainsi que celui du thermostat… ai lu, ai regardé en tremblant les avertissements en gros caractères (réflexion faite mais après coup ils étaient destinés à l’installateur et n’avaient plus d’importance) enfin j’ai mis près de trois quarts d’heure à comprendre le fonctionnement et à le régler mieux qu’il ne l’avait été pour éviter qu’il se déclenche avant que la température soit descendue sous les vingt degrés… j’ai pensé qu’il était trop tard pour le repassage prévu, j’ai étendu ma lessive, enfilé ma longue veste en jean et suis sortie jeter un sac d’ordures qui était presque plein pour vérifier la force du vent et la solidité de mes jambes crispées par ces émotions (sourire à demi)
Rassurée au bout de quelques pas j’ai continué, frissonnant un rien tout de même sous le superbe bleu mistral vers le petit Carrefour de la place, ai passé le nez, ait trouvé ce que je pensais acheter en sortant de la conférence
et suis rentrée pour m’attaquer finalement au repassage de deux chemisiers, trois tee-shirts et trois pantalons avant de caler parce que je ne finis jamais… un déjeuner, une sieste longue, un réveil gelée (effet de la sieste), le vent tombé ne chantant plus au dessus de la cour… malgré cela honteusement suis restée dans l’antre et ne me sentais que très petitement coupable… je ne mérite pas cette ville.







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