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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, septembre 10, 2026

Marche, prétexte billets


 La température a chuté (mais si la température maximale était ce mercredi inférieure de 2° à la moyenne pour cette date à Avignon, la minimale elle était supérieure de 7° à la moyenne..) et j’avais reconquis de haute lutte 100 grammes… j’ai affirmé à carcasse que tout était au mieux… ai nettoyé un poco la cour qui gardait traces de la pluie du petit orage d’entrée dans la nuit, ai tourné relativement peu en rond, pris une douche, fait une petite lessive et un gros repassage de mon mieux pas si piteux… Un déjeuner appliqué, une sieste 


et un peu avant 16 heures ai enfilé jean et chemise bleus (que je n’avais portés qu’un peu moins de deux heures) tenté de discipliner mes cheveux avant de les coincer avec mon chapeau (et le ventilet a pour la suite joyeusement joué avec lui), hésité et renoncé à mettre une veste en place et suis sortie



dans les rues qui avaient repris vie (il est vrai que ces derniers après midi s’étaient pour moi passés dans l’antre, suivant la rue Joseph Vernet puis à sa suite la rue des Lices jusqu’à tourner au coin de ma chère Chapelle du Verbe incarnée revenue à son sommeil hivernal pour gagner les bureaux du Théâtre des Halles situés derrière le théâtre place Noël Biret



Une petite attente pendant que le gentil garçon aidait une dame à choisir, retenir, etc…avec force commentaires et j’ai pris ma carte et les sept billets auxquels je dois me limiter (les autres étant soit à même date ou presque qu’un spectacle à l’Opéra soit incompatibles avec le rendez-vous avec petit fils, soit hors les murs à La Garance à Cavaillon, soit gratuits sur réservation le jour même, et parfois | oui ça arrive | ne me tentant pas.



Retour en achetant au passage le Canard enchaîné et un cookie et reprise du cours de la journée…



Avec un petit tour chez les poètes de la Méditerranée en ne trouvant pas le mot « pluie » chez les Palestiniens mais


en Egypte, chez Mohammed Afifi Matar


Un nuage m’a fait de l’ombre de ses ailes

m’a lié au sang qui fuit de crevasse en crevasse

et posé dans une viole.


Le son d’une corde remplie de cris a ouvert mon coeur et lâché une colombe

Vêtu du duvet de sa voix j’ai retrouvé l’amont de la soif et les poèmes de la désolation.


J’attends une charnelle d’une déchirure du ciel

évitera-t-elle aux montures l’écriture de la pluie

et les récits de ruissellements…


et en Libye, chez Mohammed al-Faytouri


Il est mort

Aucune goutte de pluie ne s’est attristée

Aucun visage humain ne s’est assombri

La lune n’a pas survolé sa tombe de nuit

Aucun ver paresseux n’y a déployé son corps

Aucune pierre ne s’est fendue

Il est mort demain

cadavre sali

linceul oublié

tel un rêve…

le peuple s’est réveillé

et a traversé le champ des roses au crépuscule

comme un ouragan… à vrai dire je ne suis pas certaine que cette pluie mouille le sol.

mercredi, septembre 09, 2026

Victuailles et quelques vers

 


La température a légèrement baissé mais pas tant (maximale 33°, minimale 20° et Météo France a décrété vers seize heures un passage de pluie en début de nuit) mais ma fatigue est là qui s’ajoute à l’ancienne et j’ai constaté ce mardi matin que j’avais à nouveau perdu trois cents grammes… j’ai arrosé/humecté les plantes de la cour, l'ai débarrassée de quelques feuilles et plumes, me suis douchée, habillée (jean et nouvelle chemise), j’ai enfoncé mon chapeau, j’ai pris un tout petit sac contenant pots d’asperges, confitures, miel et ramequins) et m’en suis allée les jeter aux remparts



avant de continuer vers le Carrefour de la rue de la République (en retrouvant la jumelle familière de la plongeuse qui vient de s'installer au coin de ma place), avec une longue liste d’emplettes, si longue qu’en circulant dans les rayons je l’ai un peu élaguée malgré quoi j’ai du renoncer à mon petit sac pliant et poser mes achats dans un grand sac en papier quasiment plein



avec lequel j’ai regagné lentement l’antre avec quelques arrêts pour me reposer et pour acheter un cookie et des cigarillos. Un déjeuner absorbé avec conscience et entêtement, un peintre de ménage mais pas de repassage. J’ai repris les poètes de la Méditerranée mais mon lent survol n’a pas trouvé le mot pluie chez les Chypriotes, et pour la Turquie uniquement ceci chez


Ozdemir Ince


Mots dérobés à ma chair ;

sourciers, faiseurs de pluie,

derviches conquérants du désert.


Mots arrachés à ma chair,

fortifiez et multipliez-vous,

devenez eau pour la mer et glèbe pour la terre.


Mots empruntés à ma chair,

cape transparente qui dissimule mon corps,

devin, acrobate et bourreau.


Je n’ai rien trouvé (plus précisément pas le mot « pluie ») pour la Syrie, et pour le Liban uniquement dans ce poème écrit directement en français de


Salah Stétié


Pour toi

par-delà ton passé qui commence

et l’avenir est déjà dans les rues


par-delà la distance qui figure

une fille que sa beauté rend folle

pleine de miroirs et de bras


par-delà l’aube vierge et mère

et les feuilles


par-delà les ombres de midi

qui rendent le jour orphelin


par-delà les cercles dans l’eau

d’une larme lentement détachée


par-delà les ailes violets

pleins d’intimités de colombes


par-delà les biches de la pluie

par-delà le blé du ciel bleu…


Je n’ai rien trouvé pour Israël (même si j’ai trouvé de la neige) et je me suis arrêtée au seuil s’il y en a un de la Palestine.

lundi, septembre 07, 2026

Dimanche

 


Un Dimanche voué au lavage de cheveux et quelques faits accessoires. Un Dimanche qui s’ouvrait sur la promesse par Météo France de 11° de plus que la moyenne des températures maximales pour Avignon à cette date et de 9 de plus pour les minimales. Un Dimanche qui s’ouvrait sur le constat que j’étais arrivée à regagner 400 grammes (sans attendre les 36 kilos cependant). Un peu de flemme, une douche, le nettoyage de la cour et l’arrosage des plantes aussi bien que le pouvais… lavage des cheveux avec maladresse mais dont je me satisfais… lectures d’articles du Monde ou des sites amis… séchage des cheveux en tentant sans franc succès une mise en forme et d’ailleurs je mets, tout de suite après, une barrette sur sommet du crâne pour faire cuisine sans cheveux dans les yeux… internet, déjeuner, sieste… et beaucoup trop tôt, un peu avant dix sept heures endosser large robe blanche à petites fleurs (que confierai au teinturier avec mon prochain charroi de draps), me coiffer ma foi pas si mal enfoncer chapeau et sortir



avec comme but l’achat de rouleaux de papier absorbant pour la cuisine mais l’intention d’en profiter pour marcher tout de même un peu mais avant même que j’atteigne le pont carcasse était tellement floue que, mentos en bouche, j’ai tourné bride et suis revenue vers la porte de l’Oulle



ma place et le petit Carrefour où je n’ai trouvé, tant pis me suis résignée, que trois rouleaux moins épais et plus encombrants que les deux habituels.



Retour dans l’antre, une tisane avec la moitié du second des très bons cookies etc… 

Pensant à un échange à propos des deux poètes cités dans les précédents billets j’ajoute quelques vers de chacun des autres poètes guyanais  figurant dans le recueil « Outremer » des Editions Bruno Doucey (même s’ils ne sont pas représentatifs de toute la scène optique actuelle)


Léon-Gontran Damas bien entendu


J’ai l’impression d’être ridicule

dans leurs souliers

dans leur smoking

dans leur plastron

dans leur faux-col

dans leur monocle

dans leur melon


Elie Stephenson


Nous sommes le peuple

des races bout-à-bout

n’ayant en commun

ni le coeur

ni le sang

baisse djokoti sur la terre vibrante

pareil au tatou

nous avançons en regardant derrière

pour voir en quel point le néant pré, d sa spire

mais le vide c’est nous

statues de vase brûlée

que les corbeaux dédaigneront


et Eugénie Rézaire


…Qui donc se souviendra, petite soeur sauvage,

Du pays de Guyane

Lorsque l’enfance naufragée des bourgs

Ira s’enfoncer dans la folle idiotie

Des concentrations de la ville ?


Qui se souviendra du pays de Guyane ?

l’Indien est mort d’avoir sevré trop tôt notre enfance.

dimanche, septembre 06, 2026

Samedi avec le rite habituel

 


Notre petite canicule était en bonne forme ce samedi matin (Météo France : 10° au dessus des minimales d’Avignon pour cette date et 4 au dessus des minimales) et ma blance a dénoncé encore cent nouveaux grammes perdus par carcasse. Je dis je vais très bien, je dis il faut que je m’astreigne à manger encore davantage. Je prends le sac poubelle à jeter, je mets mon appareil photo dan la poche de ma veste, je constate que tout l’équipement nécessaire est dans mon sac, j’enfonce mon chapeau, je sors et m’en vais vers les remparts



puis je continue dans un air encore aimable et sur des jambes qui s’affermissent et décident de m’obéir en direction de la rue Carnot



et de son  marché



jusqu’à la place des Carmes et sa fleuriste



d’où je suis revenue comme d’habitude avec cinq photos de fleurs dans mon appareil vers les Halles en achetant au passage un pot de miel de garrigue et deux bons et chers gros cookies à la pistache.



Trois nouvelles photos de fleurs avant d’entrer dans les Halles et à l’intérieur un peu de riz blanc cuit (ma paresse) et chez l’italien une part de lasagnes aux aubergines, les deux derniers gratins de courgettes et, zut, un gratin d’épinards, de quoi assurer sans diviser ces portions comme je le fais d’ordinaire mes repas de samedi et dimanche avec un peu de cabillaud et de crevettes.



Retour vers l’antre. Nettoyage de ma cour fournaise et rien d’utile de surcroit, honte à moi. Juste reprendre pour le ranger le recueil « Outremer » des Editions Doucey et trouver le mot « pluie » quelques pages après Serge Patient chez une Guyanaise Assunta Renau Ferver avec « Poème de pluies d’avril »


Le ciel fond

Depuis ce matin.

Mon jardin,

Baigné et brillant,

Comme un bain

Qui rend triste,

Un bain qui rend songeur.

Le vent froid

Dépose contre mes carreaux

Des baisers qui s’écoulent,

Larmes d’un ciel

En émoi ou en joie ;

Larmes de saison

Qui couvrent ma vie,

Et pourtant au fond de moi

S’allume l’incendie :

La lumière pulsion

D’un poème qui s’invite

Et vient jouer sur mes lignes,

Avant que la pluie

Ne sèche sa paupière.