et un peu avant 16 heures ai enfilé jean et chemise bleus (que je n’avais portés qu’un peu moins de deux heures) tenté de discipliner mes cheveux avant de les coincer avec mon chapeau (et le ventilet a pour la suite joyeusement joué avec lui), hésité et renoncé à mettre une veste en place et suis sortie
dans les rues qui avaient repris vie (il est vrai que ces derniers après midi s’étaient pour moi passés dans l’antre, suivant la rue Joseph Vernet puis à sa suite la rue des Lices jusqu’à tourner au coin de ma chère Chapelle du Verbe incarnée revenue à son sommeil hivernal pour gagner les bureaux du Théâtre des Halles situés derrière le théâtre place Noël Biret
Une petite attente pendant que le gentil garçon aidait une dame à choisir, retenir, etc…avec force commentaires et j’ai pris ma carte et les sept billets auxquels je dois me limiter (les autres étant soit à même date ou presque qu’un spectacle à l’Opéra soit incompatibles avec le rendez-vous avec petit fils, soit hors les murs à La Garance à Cavaillon, soit gratuits sur réservation le jour même, et parfois | oui ça arrive | ne me tentant pas.
Retour en achetant au passage le Canard enchaîné et un cookie et reprise du cours de la journée…
Avec un petit tour chez les poètes de la Méditerranée en ne trouvant pas le mot « pluie » chez les Palestiniens mais
en Egypte, chez Mohammed Afifi Matar
Un nuage m’a fait de l’ombre de ses ailes
m’a lié au sang qui fuit de crevasse en crevasse
et posé dans une viole.
Le son d’une corde remplie de cris a ouvert mon coeur et lâché une colombe
Vêtu du duvet de sa voix j’ai retrouvé l’amont de la soif et les poèmes de la désolation.
J’attends une charnelle d’une déchirure du ciel
évitera-t-elle aux montures l’écriture de la pluie
et les récits de ruissellements…
et en Libye, chez Mohammed al-Faytouri
Il est mort
Aucune goutte de pluie ne s’est attristée
Aucun visage humain ne s’est assombri
La lune n’a pas survolé sa tombe de nuit
Aucun ver paresseux n’y a déployé son corps
Aucune pierre ne s’est fendue
Il est mort demain
cadavre sali
linceul oublié
tel un rêve…
le peuple s’est réveillé
et a traversé le champ des roses au crépuscule
comme un ouragan… à vrai dire je ne suis pas certaine que cette pluie mouille le sol.





















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