lundi, juillet 05, 2010

Avignon, avant le festival –
et puis Brigetoun recycle, et la lecture est hautement facultative


Dimanche matin, sur mon chemin, des petits bouquets d'affiches, un peu répétitifs (les premières troupes) mais encore rares sonnaient le la avant les premières notes de l'ouverture du festival

les dessinateurs sont là, les oriflammes du in aussi, les théâtres permanents se préparent, les autres lieux sont en cours de mue, mais les affiches au sol y ont été jetées par le vent gentillet, pas encore pour faire de la place aux amis.

Par ma fenêtre,
au delà,
l'espace,
les pins, les maisons, les champs,
jusqu'aux croupes de la montagne,
creusé par l'ombre des nuages,
distances brouillées,
indécises et profondes.
Ma molle attente du jour.

Le mistral s'en joue,
nappes de clartés
qui surgissent, s'installent,
et maintenant ce sont les ombres
qui courent,
fuyant devant son souffle.
Dans ma bouche, amertume du thé
comme un appel à l'action,
saveur de la vie.

A midi,
la montagne comme une barre,
écrasée, plate de lumière.

Et quand je lève les yeux
de ma lecture,
au fil des heures,
sous la dure plaque bleue du ciel,
elle prend forme ;
viennent à moi le haut calcaire,
et sa base de forêt,
couleurs brillantes dans le soleil,
détachés par les ombres
qui glissent dans les vallons,
sculptent à nouveau les formes,
creusent la montagne,
pendant que sombre l'après-midi,
et que je m'en vais
à la poursuite de mes rêves,
fascinée et absente.

Florence Noël, la courageuse, édite une revue : «Diptyque» http://diptyque.wordpress.com/ et avait lancé nombre d'appels à contribution, l'un d'entre eux atterrissant même chez moi. Passé la perplexité, j'ai tenté de pondre textes et images, à ma petite échelle, sans grandes illusions, mais assez laborieusement pour garder les résultats que moi même, pourtant, je ne gouttais guère. J'ai su que ce n'était pas pris, mais attendais la parution de la revue, à laquelle je me suis abonnée, et, avant l'exemplaire papier, j'ai trouvé dimanche la clé pour la version électronique dans ma messagerie, elle était là avec belle couverture et de nombreuses contributions

(pour les textes; trois ou quatre mises en évidence, et une anthologie comportant Philippe Leuckx, Angèle Paoli, Michel Brosseaux, Sylvie Durbec, François Teyssandier, Cathy Garcia, Denis Heudré, Ghislaine Leloup, Louis Raoul, Juliette Zara , Eric Dubois, Ile Eniger, Loyan, Dominique Sorrente, Sébastien Ecorce, Christiane de Rémont, Alain Valet, Liciter Adoma, Xavier lainé, Michèle Dujardin, Roland Dauxois, AbdelHak Kessair, Sophie Boutelet, Olivier Hobé, Christophe Esnault, Chris Simon, Khun San, Lise Genz, Mathieu Rivat, Camille Philibert-Rossignol et Stéphane Méliade, plusieurs auteurs que j'aime, d'autres que j'aime moins ou ne connais pas) que je lirai plus tard, de belles oeuvres graphiques, et quatre longues «tentatives de parler» de Laurent Margantin, Fred Griot, Daniel Bourrion et Andrèas Embirìkos par Brigitte Célérier, parce que Florence m'a demandé, peut-être comme baume, de donner quelque chose à propos des publications de Publie.net et que je pouvais difficilement refuser, mais comme je n'ai pas appris à parler de ce que j'aime en l'explicitant, mieux vaut lire leurs textes, comme la revue qui est fort belle.
.
Seulement dans mon blues, passager, bien entendu passager, et qui était sans lien avec cela, mon envie de repliement sur mon petit ego, je recycle deux des trucs, pour le moment, le second étant :

La façade morne,
bien trop boudeuse,
plaintive,
avec sourires
obligés.

Dessous le désir
de chaleur,
des tendresses qui montent
jusqu'aux yeux,
mais freinées par la crainte,
des élans bien réprimés,
et soudain des torrents de rire
qui jaillissent violemment,
fusent, emportés.

Tous ces couvercles
solidement appliqués
sur les cris,
fureurs qui se ruent,
me secouent,
grondent, se plaignent,
échevelées et sottes,
rouges hurlantes,
violettes en trop de deuils,
crissements,
gémissements dissonants,
et puis se calment,
en durs, sourds, efforts,
laissant un désert hargneux,
où rode
la prisonnière entêtée,
ma face d'ombre,
elle qui se venge
et remonte en s'insinuant
jusqu'au visage.

6 commentaires:

florence Noël a dit…

Chère brigitte... ne vous méprenez pas... ce n'est pas une baume de vous publier dans vos chroniques de Publie.net, bien au contraire. c'est un vrai choix éditorial et un vrai plaisir.

J'espérais pouvoir publier un mixte d'images vôtre et textes, mais... j'avais déjà atteint 20 pages de plus que prévu. Par contre, je pense que ce n'est que partie remise. La lumière vous va tellement mieux que l'ombre et même certaines de vos images correspondent davantage à la seconde thématique que a première... Certains choix se sont joués en dernières semaines. Quand croulant sous les corrections, les ajustements etc.. j'ai réalisé que je n'aurais en plus pas le temps de faire davantage pour ce numéro-ci. ce que vous ne dites pas, en plus, c'est que vous avez tout de même 4 pages pleines de vos chroniques... ;-)

joye a dit…

Waaaaaaaaaaaaaaouh, brige !

***
Par ma fenêtre,

au delà,

l'espace,

les pins, les maisons, les champs,

***
et ton reflet dessus !

BRAVA MAESTRA !

brigetoun a dit…

Florence, ne vous justifiez pas ! vous l'êtes d'emblée et le bébé est beau, avec des gens que j'aime et des découvertes à faire.
Simplement j'étais plongé dans autre lecture, mon ordi me tient chaud et pour une fois le papier est le très désiré. J'attendrai

pierre a dit…

Une belle couverture.
Ce versant gravi, reste l'autre versant
côté ombre, côté soleil
mais le voici qui s'annonce...
Mes compliments, Brigitte.

Mathilde a dit…

Sans avoir voulu copier, ma publication parle aussi de l'affichage du festival d'Avignon, mais comment faire autrement en la circonstance ?

Gérard Méry a dit…

Une attirance pour ce dilué de gris de Dipt Y que